Lambert Derenette nous a fourni plus d'informations sur cette résidence ayant un lien avec l'aviation :
Le bâtiment date des années 1950. Les propriétaires étaient d'origine française. Ils possédaient un petit avion de tourisme stationné sur un petit aérodrome français près d'Abbeville. Malheureusement, tous deux ont péri dans un accident d'avion.
Le 30 juillet 2025, nous avons reçu un ajout intéressant de Jean-Yves Dutoit :
L'entrepreneur qui construisit ce bâtiment à son compte était Alphonse Senterre. Né à Paudure, un hameau de Wauthier-Braine et Braine-l'Alleud, il débuta comme maçon avant de se lancer dans une carrière d'entrepreneur. Après la Première Guerre mondiale, il reconstruisit de nombreuses églises dans le nord de la France, utilisant souvent du béton pour la reconstruction des clochers. Il était un fervent défenseur du béton… Il ne possédait pas d'usine de béton, mais c'était son matériau de construction préféré ! Il avait une fille, Marceline, qui épousa Raoul Dutoit en 1930, peintre à Cambrai (l'entreprise existe toujours) et pilote à ses heures perdues.
Le 30 juin 1934, le couple assista à une réunion d'aviation. Pour s'y rendre, ils avaient pris l'avion avec un ami pilote. L'avion n'arriva jamais… Il s'écrasa à Brunembert, un petit hameau près de Boulogne, tuant les trois passagers. En mémoire de sa fille et de son gendre, Alphonse Senterre fit construire cet immeuble en 1936 (avec de l'eau à tous les étages…). Initialement, il devait s'appeler « Les Ailes brisées », mais un nom moins tragique fut choisi : « Les Ailes picardes ». Ce n'est pas le nom de leur aéro-club. Leur club s'appelait « L'aéro-Club Maurice Weiss » de Péronne.
Si vous observez attentivement l'immeuble, vous verrez que les ailes de la façade entourent deux initiales : M et R pour Marceline et Raoul. C'étaient mes grands-parents. L'immeuble existe toujours grâce à mon père, le petit Jacques, orphelin à un an et demi, qui l'a vendu appartement par appartement dans les années 90, lui permettant ainsi de rester debout et d'éviter la démolition par les promoteurs.
Petite précision : le bâtiment a été repeint il y a quelques années. À l'origine, le béton était recouvert de minuscules éclats de verre projetés dans le béton frais, une technique populaire dans les années 1930 appelée « Cimorné », mot-valise formé de « ciment » et « orné » ! Cette technique a été inventée par Pierre Petroons, plâtrier de Braine-l'Alleud.
L'accident survenu en France impliquait le Potez 58 F-AMRB le 30 juin 1934. L'appareil participait à un rallye aérien et effectuait un vol de Péronne à Saint-Inglevert. Alors qu'il survolait la commune de Brunembert, à une trentaine de kilomètres à l'est de Boulogne-sur-Mer, il rencontra des difficultés et s'écrasa.
Avec nos remerciements à Jean-Yves Dutoit.





