Le dimanche 4 mai 2025, Dordrecht a commémoré le quatre-vingtième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce jour-là, Marion Wolfers, proche du lieutenant-pilote Henri Maurice Goldsmit, et le bourgmestre suppléant Rik van der Linden ont inauguré un hommage durable au pilote belge décédé ici. Son Spitfire s'est écrasé sur le domaine d'Amstelwijck à Dordrecht pendant la Seconde Guerre mondiale.
Lors de la commémoration du 4 mai 2025, nous avons écouté les discours de :
-le maire par intérim Rik van der Linden
-Sam Desmedt, commandant pilote, directeur des opérations 349e escadron (belge)
-Jo Heylens, Colonel d'État-major de l'Aviation, Titulaire d'une licence, Attaché de Défense belge
-chercheur Willem van Dranen
-Anneroos Visser (fille de l'agriculteur Adrianus Visser, qui a marqué le lieu du crash d'Henri Goldsmit en 1945 avec une pierre commémorative)
-Marion Wolfers (nièce du pilote Henri Goldsmit).
Le crash du Spitfire Mk IX PT963 GE-P du 349e Escadron de la RAF eut lieu le 3 novembre 1944. Le lieutenant d'aviation Henri Goldsmit (né à Sint-Gillis le 29 mars 1916) effectuait une mission de combat depuis Maldegem lorsque son appareil fut touché par des tirs antiaériens allemands au-dessus de Hollands Diep. Il s'écrasa vers 13 heures sur le domaine d'Amstelwijck. Le pilote fut tué. Son corps fut retrouvé et inhumé au cimetière de Dordrecht. Le 30 juin 1950, Goldsmit fut inhumé dans le carré d'honneur du cimetière bruxellois d'Evere.
En novembre 2024, le ministère néerlandais de la Défense a récupéré des éléments du cockpit, du carter d'hélice, du moteur, un canot pneumatique, des instruments et des munitions du Spitfire de Goldsmit à Amstelwijck, où de nouveaux abris sont prévus pour les années à venir. L'équipe de récupération a également découvert une petite quantité de restes humains, d'équipements et d'effets personnels du pilote. Ceux-ci ont été remis à l'équipe du Service de récupération et d'identification de l'armée royale néerlandaise (BIDKL). Les restes devraient être transférés au War Heritage Institute de Bruxelles plus tard cette année pour être inhumés à Evere.
Au sommet du mémorial se trouve le site excavé moyeu d'hélice incorporé.
Willem van Dranen, ancien officier de l'armée de l'air royale néerlandaise, mène des recherches sur les accidents d'avion survenus pendant la Seconde Guerre mondiale dans le nord-ouest du Brabant. Dans son discours, il a raconté la vie d'Henri Goldsmit :
Henri Maurice Goldsmit est né le 29 mars 1916 à Bruxelles. Il était belge de naissance, mais sa mère était néerlandaise et trois de ses grands-parents étaient nés aux Pays-Bas. C'est ce qui rend le lien entre Henri et les Pays-Bas si particulier, et donc plus fort que le simple lopin de terre où il est mort.
Lorsque l'Allemagne envahit la Belgique en mai 1940, Henri s'inquiéta. Après tout, sa famille était d'origine juive, et bien que lui-même ne pratiquât pas, il préféra fuir. Avec sa fiancée Yveline, sa mère Véronique et ses deux sœurs Madeleine et Georgette, ils partirent pour le sud de la France. Ce fut un voyage aventureux, mais aussi jalonné de moments effrayants. Près de cinq semaines après avoir quitté Bruxelles, ils arrivèrent dans le sud-ouest de la France, près de la frontière espagnole. Henri et Yveline tentèrent d'embarquer sur un navire à destination de l'Angleterre au port de Saint-Jean-de-Luz. Ils y parvinrent finalement et, le 25 juin 1940, ils arrivèrent à Plymouth. Sa mère et ses deux sœurs restèrent en France occupée. Henri et Yveline se marièrent plus tard la même année à Epping, une ville au nord de Londres.
En Angleterre, Henri s'engagea dans l'armée belge. Il reçut une formation de fantassin. Mais cela ne lui plaisait apparemment pas et, début 1942, il se porta volontaire pour la Royal Air Force. Devenir pilote était son objectif et, durant l'été de la même année, il commença sa formation. La route ne fut pas sans embûches. En août 1943, lors d'une simulation de combat aérien, il percuta un Spitfire piloté par un collègue, Jean Noizet. Les ailes de leurs appareils entrèrent en collision, et Noizet s'écrasa et perdit la vie (note : Monument à Noizet, voir base de données). Henri réussit à poser son Spitfire endommagé et fut autorisé à poursuivre sa formation. À l'automne 1943, il obtint sa licence de pilote et fut promu lieutenant d'aviation. Le 1er novembre 1943, Henri fut affecté au 349e escadron de la RAF, l'un des escadrons belges de la Royal Air Force. En moins d'un an, il avait effectué plus de 120 sorties opérationnelles, notamment le mitraillage de positions allemandes dans le nord de la France, en Belgique et aux Pays-Bas.
Un volontaire dans la RAF servait pour une durée déterminée, généralement un an. Henri bénéficiait cependant de courtes permissions, comme en février 1944 pour la naissance de sa fille Michelle. Son engagement prit fin fin octobre 1944. Cependant, en raison d'une pénurie de pilotes, Henri fut contacté fin octobre pour reprendre le vol pendant deux semaines. Il accepta et retourna dans son escadron, alors stationné dans le nord de la France.
Le 2 novembre 1944, l'escadron 349 se rendit à Maldegem, près de Bruges. Le lendemain, vendredi 3 novembre, les pilotes étaient ravis. Ils avaient enfin pu dormir dans des lits normaux chez l'habitant, au lieu d'un lit de camp sous une tente froide et pleine de courants d'air, avec des collègues ronflants et une toile de tente qui claquait. Ils avaient également pu manger dans de la vaisselle ordinaire et boire du vin dans un verre plutôt que dans une chope rouillée. Oui, Henri et ses camarades pilotes étaient d'excellente humeur.
Ce matin-là, le 349 reçut l'ordre d'attaquer les positions allemandes autour de Klundert. Ces positions freinaient l'avancée alliée à Mark/Dintel. Les tirs antiaériens allemands étaient intenses et les Spitfires attaquants furent lourdement ciblés. Plusieurs appareils furent touchés, dont le PT963 d'Henri. Il annonça par radio : « Impossible d'atteindre nos lignes, effectuez un atterrissage d'urgence. » Peu après, son Spitfire essuya de nouveau des tirs et s'écrasa dans un pré appartenant au fermier Adriaan Visser, sur le domaine d'Amstelwijck. Henri n'y survécut pas.
En juillet 1945, le corps d'Henri fut récupéré par une unité des forces spéciales de la RAF et inhumé au cimetière d'Essenhof, à Dordrecht. Adriaan Visser fit alors ériger une pierre commémorative sur le lieu du crash. Malheureusement, ce petit monument disparut avec le temps. Le 23 juin 1950, sa dépouille fut réinhumée au cimetière d'Evere, au nord de Bruxelles, au champ d'honneur des aviateurs belges.
Sources
- https://woneninamstelwijck.nl/
-349e Escadron (Belge) de la RAF. Du lever au coucher du soleil. Guy DeWin. Centre de documentation historique des forces armées belges et BAHA, Evere, 2002.
– L'aventure dramatique de Jean Noizet, aviateur Florenvillois 1915-1943 ? Michael 'Mike' Davies et Edouard Hizette, Florenville, 2023
Merci à Steven Volckaerts et Willem van Dranen.


















