Maurice Lucien Félix Happe, né à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) le 15 avril 1882, décédé à Awan (Aywaille) le 20 octobre 1930.
Maurice Happe commença sa formation à l'école militaire française de Saint-Cyr, près de Paris, en 1903. Il servit d'abord dans l'infanterie et l'artillerie, mais l'aviation naissante le séduisit et il demanda son transfert au service aéronautique. Lors d'un de ses premiers vols en tant que passager/observateur, l'appareil se retourna, et le lieutenant Happe décida qu'il serait préférable qu'il prenne lui-même les commandes. Début 1913, il obtint son brevet de pilote militaire.
Au début de la Première Guerre mondiale, il fut chargé d'une mission de reconnaissance de Tournai à Liège. Il rencontra du mauvais temps et fut contraint d'effectuer un atterrissage d'urgence aux Pays-Bas, pays neutre. Normalement, cela aurait signifié son internement pour la durée de la guerre, mais le lieutenant Happe convainquit les Néerlandais qu'il était pilote civil de la compagnie Farman et put ainsi rentrer en France.
Le lieutenant Happe fut placé à la tête d'une escadrille dans la région de Belfort (région frontalière entre la France, la Suisse et l'Allemagne). Il effectua personnellement de nombreuses missions de bombardement audacieuses, ce qui lui valut le surnom de « Diable rouge » en Allemagne et une prime de 25 000 marks sur sa tête. Fin 1915, il fut nommé à la tête du Groupe de bombardement 4. Sa renommée était telle que plusieurs cartes postales le représentant posant devant son Farman furent publiées. Cependant, il se heurta fréquemment à ses supérieurs, qui finirent par le muter à des fonctions d'inspection dans les écoles de pilotage. Après quelques mois, il fut autorisé à retourner dans l'infanterie sur le front italo-autrichien.
Après la guerre, il passa plusieurs années au sein d'une mission française en Pologne, soutenant l'organisation et l'entraînement des forces armées polonaises. À son retour, il reçut le commandement d'un régiment d'aviation français stationné à Neustadt, en Rhénanie allemande. En 1929, lieutenant-colonel, il commanda le 12e régiment d'aviation à Reims.
Le lundi 20 octobre 1930, il quitta Reims-Courcy à bord d'un Breguet XIX (n° 1717) pour Metz, où il était attendu pour une conférence d'officiers de réserve. Le caporal-chef mécanicien Roger Huet l'accompagnait. Les prévisions météorologiques étaient mauvaises ; le plafond atteignait à peine 300 mètres d'altitude. Vers 11 h 30, des agriculteurs travaillant près d'Aywaille entendirent un avion tenter un atterrissage d'urgence ; l'appareil avait peut-être été perdu. Soudain, les ailes se détachèrent du fuselage. À basse altitude, l'équipage n'eut aucune chance de quitter l'appareil ; Happe et Huet furent tués.
Nous n'avons pas trouvé beaucoup d'informations sur le caporal Roger Huet. Originaire de Rethel, il avait signé un contrat de trois ans avec l'Aviation militaire française en 1929.
Le monument en hommage au colonel Happe et à son caporal-chef Huet se trouve sur la route qui longe le cimetière de Harzé, appelée Awan-Fond de la Ville, près du hameau de Fond dès Vâs. Il a été inauguré le 22 octobre 1931. Comparé à la photographie d'André Bar prise il y a quelques années, le site du mémorial paraît négligé et nécessiterait une rénovation en 2024.
Plus de détails dans le livre 'Le Corsaire de l'Air : Maurice Happe et la Naissance du Bombardement Stratégique' de Gilles Krugler (édité par le Service Historique de la Défense, 2006 ; ISBN 2 11 095038 9) ou encore https://harze.e-monsite.com/pages/un-heros-se-tue-a-harze.html







