Château de Rochendaal (aujourd'hui bâtiment 22)

Les tremblements de terre ont été évoqués avec trop de parcimonie dans le livre sur le patrimoine. Grâce à Luc Wittemans, les anciens bâtiments militaires, aujourd'hui transformés en centres d'accueil pour demandeurs d'asile, ont été photographiés. En août 2007, Hangar Flying a reçu l'autorisation de visiter la zone où les bâtiments historiques tombent en ruine. Lors du reportage photo, nous avons constaté que des soldats utilisent ce site pour entraîner des patrouilles cynophiles ; une visite sans autorisation est fortement déconseillée. Malgré cela, les animaux n'ont pas pu dissuader les vandales de semer le chaos ici.

Je voudrais tout d'abord recommander aux lecteurs de lire l'article du chef d'état-major André Jansens sur Brustem, Bevingen et Goetsenhoven, publié sur ce site web : http://www.milandavi.yucom.be. Il déplore à juste titre la façon dont nos dirigeants politiques, sans aucun respect pour le passé, laissent le patrimoine aéronautique belge se dégrader complètement. L'indifférence et la passivité envers ce précieux patrimoine sont tout simplement incompréhensibles. Les ouvrages « Vinnige Valken, Vlammende Bliksems » (Faucons vifs, éclairs flamboyants) (Christiaan Vanhee et Peter Celis) et « Runways To Victory » (Peter Celis) soulignaient déjà, à juste titre, l'importance de Bevingen. Ces deux auteurs m'ont fourni de nombreux arguments pour plaider en faveur de la protection de la caserne de Bevingse, construite pendant la Seconde Guerre mondiale pour servir de base aérienne de la chasse de nuit. Cette base aérienne a été construite en maçonnerie de qualité sur le site du château de Rochendaal. L'architecture allemande typique, avec ses briques et ses frises de briques sous les avant-toits, s'intègre parfaitement à ce cadre. Les belles plantations confèrent au socle un caractère agréable et offrent un camouflage idéal.

Après la libération, les bâtiments de Bevingen furent utilisés par les Américains. Pour eux, Bevingen était un véritable refuge luxueux après des mois de vie sous la tente. Les Allemands leur avaient même laissé une piscine. Lors de notre visite, nous n'en avons trouvé aucune trace. La piscine avait déjà été comblée et les margelles étaient complètement envahies par la végétation. Après la Seconde Guerre mondiale, Bevingen devint un centre d'entraînement pour les pilotes de l'armée de l'air belge. En 1996, le centre d'entraînement de la 9e Escadre à Brustem (y compris le complexe scolaire de Bevingen) fut fermé. Brustem et Bevingen furent démantelées. Une partie de Bevingen fut transformée en centre d'accueil pour demandeurs d'asile, et les premiers visiteurs y furent accueillis en 1998.

Le château idyllique de Rochendaal (aujourd'hui bâtiment 22). Selon Christiaan Vanhee et Peter Celis (Vinnige Valken, Vlammende Bliksems), des officiers des unités de DCA et de l'administration technique des unités de chasse de nuit y ont séjourné. Il est remarquable de voir comment la nature reprend ses droits.
À l'intérieur, des vandales ont causé des dégâts considérables. Même les balustrades du magnifique escalier ont été volées. La chapelle, relativement bien conservée, demeure un régal pour les yeux. La structure du château est pour l'instant intacte, et l'intérieur reste sec.

Sur le mur latéral, on peut voir les armoiries de l'avocat Jean Henri Paul Ulens. De 1876 à 1891, il fut bourgmestre de Saint-Trond. En 1871, il fut anobli et, dix ans plus tard, il fit construire le château de Rochendaal.

Voir aussi les autres localités à Bevingen.

Le 29 février 2012, le journal Belang van Limburg annonçait que le domaine de Rochendaal, d'une superficie de 16 hectares, serait transformé en un parc avec des étangs de pêche et un quartier résidentiel de 300 logements. Le château, rénové, occupera une place centrale dans le parc.

Après notre visite en 2007, nous avions écrit que le château et les bâtiments situés sur le terrain de l'ancienne caserne de Bevingen étaient en très mauvais état. Malgré des informations ultérieures annonçant que la ville de Saint-Trond allait acquérir le domaine et y développer un projet de logements, le terrain appartenait toujours au ministère de la Défense en 2017. Vandales, squatteurs et toxicomanes y ont eu libre cours pendant toute cette période, provoquant plusieurs incendies mineurs. En mars 2017, les pompiers ont dû intervenir sur un incendie dans l'un des autres bâtiments du domaine. Les patrouilles quotidiennes des militaires n'ont pas pu l'empêcher. Le mercredi 13 septembre 2017 au soir, un incendie majeur a presque entièrement détruit le château. Les pompiers n'ont pas pu empêcher l'effondrement de la tour et du toit. Un incendie criminel est à nouveau suspecté, car il n'y a plus de raccordements au gaz ni à l'électricité.
Même après l'incendie, la ville de Saint-Trond souhaite toujours reprendre possession du château et de son parc ; les négociations avec le ministère de la Défense sont encore très lentes. Un problème de contamination des sols était déjà présent, et maintenant, après l'incendie, la présence d'amiante a également été découverte. Selon le plan directeur du site, environ la moitié du domaine de 16 hectares serait destinée à l'habitation, et l'autre moitié, y compris le château, à un parc naturel. Il n'est pas trop tard, mais vingt ans d'inoccupation et plusieurs incendies vont certainement faire grimper le coût de toute restauration du château. Peut-être que les choses vont enfin avancer ? Nous attendons avec impatience la suite.

Images : ©Paul Van Caesbroeck, 09 juillet 2007 | ©Paul Van Caesbroeck, 09 juillet 2007 | ©Paul Van Caesbroeck, 09 juillet 2007
Date de l'événement :
1881
Date d'inscription :
23/08/2007
Propriétaire:
Gouvernement
Adresse:
Tremblements de terre dans les casernes

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