Tombe du sergent Albert Modesse

Albert Edgard Charles Modesse, né à Mons le 18 août 1892, décédé à Saint-Josse-ten-Noode le 3 octobre 1952.
Il était le fils d'Edgard François Joseph Modesse et de Marguerite Louise Marie Bouckaert ; son père était le fondateur et directeur de la Centrale Électrique de l'Entre Sambre et Meuse (Auvelais). Le 18 juillet 1913, Albert Modesse obtint son diplôme d'études scientifiques de l'Université Libre de Bruxelles.
Le 3 août 1914, il s'engagea comme volontaire pour la durée de la guerre. Dès lors, il fut intégré à la Compagnie des Aviateurs (à partir du 20 mars 1915). Il effectua au moins trois vols d'observation avec la 4e escadrille : les 25 et 27 septembre 1914, avec le lieutenant Lucien Poot, et le 23 octobre 1914, avec le lieutenant Jean Renard. Lors du deuxième vol, ils furent touchés par des tirs antiaériens et durent effectuer un atterrissage d'urgence à « Boschbeek » (probablement l'actuel hameau de Bosbeek à Merchtem). Selon Walter Pieters, dans son ouvrage « Le service aérien belge pendant la Première Guerre mondiale », il effectua un quatrième vol. Il fut ensuite détaché auprès de la 2e division de cavalerie pour la défense antiaérienne et la détection des avions ennemis. La date exacte de ce détachement reste toutefois incertaine.
Le 11 octobre 1914, il est promu caporal et le 1er mars 1915, sergent.
À partir du 25 juillet 1915, il fréquenta brièvement le Parc de l'Aviation de Calais-Beau-Marais. C'était là que les militaires étaient envoyés pour apprendre le pilotage en attendant leur transfert à l'école de pilotage. Ce transfert eut lieu le 6 août 1915, lorsqu'il entra à l'école de pilotage belge d'Étampes, près de Paris. Son dossier militaire ne mentionne pas l'obtention d'une licence de pilote, mais selon feu Georges Lecomte, il l'obtint le 21 décembre 1915.
La suite des événements n'est pas tout à fait claire, mais du 2 avril au 13 mai 1916, il séjourna à l'hôpital militaire du Roi Albert Ier à Paris. Fut-il victime d'un accident, peut-être d'un accident d'avion ? Ou tomba-t-il malade ? Le 14 mai 1916, il fut mis en congé sans solde avec proposition de le déclarer inapte au service. Était-ce la conséquence de son accident ou de sa maladie ? Et que fit-il jusqu'à la fin de la guerre ? Le 1er août 1919, il fut démobilisé. Il reçut la Médaille de la Victoire et la Médaille commémorative 1914-1918.
Ses activités professionnelles ultérieures sont également inconnues : un en-tête de lettre de 1932 le désigne comme « Ingénieur » et, à sa mort en 1952, il était inscrit à l'état civil comme « ingénieur-mécanicien ». Il résidait à Bruxelles mais déménageait fréquemment (Etterbeek, Bruxelles, Saint-Gilles, Uccle, Saint-Josse-ten-Noode).
En 1920, il était encore célibataire, mais en décembre 1933, il était enregistré comme marié à Marcelle Marie Gits et avait un enfant. La date de son mariage, ainsi que la date de naissance et le nom de son enfant, sont inconnus.
Au début des années 1930, confronté à des difficultés financières, il demanda à obtenir des galons. Une personne ayant servi au front pendant toute la guerre recevait sept galons ; c'était le maximum, et ceux qui en recevaient sept en recevaient un huitième en plus. Ces galons lui donnaient droit à une indemnité financière du Fonds des Combattants (les montants et l'âge d'admissibilité furent ajustés à plusieurs reprises au fil des ans). Finalement, Albert Modesse servit 21 mois au front, ce qui lui donna droit à deux galons et à une indemnité de 1 350 BEF. En 1936, il demanda également la carte de pompier ; celle-ci lui donnait droit à des réductions sur les transports publics, des consultations gratuites chez certains médecins et des réductions sur certains médicaments.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint la Résistance, le Mouvement National Belge (MNB). Il aide et héberge les réfractaires au travail et les Juifs, recueille des renseignements sur les aérodromes et le trafic ferroviaire, et participe à l'acquisition et à la distribution d'armes, de fausses cartes d'identité et de travail. Il est reconnu comme résistant le 1er mai 1943 et reçoit la Médaille de la Résistance en 1950. Selon Walter Pieters, il reçoit également la Croix de Guerre 1940 avec Lion de Bronze.
Il est décédé le 3 octobre 1952 à Saint-Josse-ten-Noode. Il repose dans le carré des anciens combattants du cimetière communal de Saint-Josse-ten-Noode (situé à Schaerbeek).
Sources : Dossier militaire d'Albert Modesse, The Belgian Air Service in the First World War, auteur Walter M. Pieters (Aeronaut Books, 2010), acte de décès reçu de la commune de Saint-Josse-ten-Noode.

Mme Muriel Burnonville a prêté l'album photo d'Albert Modesse à Hangar Flying en 2025. Les photos accompagnant cette description proviennent de cet album, et nous remercions Mme Burnonville de l'avoir mis à disposition. Sur l'une des photos, il est aux côtés du lieutenant Deschamps de la 3e escadrille, tué le 21 décembre 1914 (voir sa tombe dans la base de données) ; sur l'autre, il est aux côtés du lieutenant Poot, avec qui il a volé les 25 et 27 septembre 1914.

Albert Modesse n'avait aucun lien de parenté connu, et Mme Burnonville ignore comment l'album est entré en possession de sa famille. Il avait une sœur, Yvonne Marguerite Eugénie Élise Léontine Modesse, née le 3 juin 1897 à Mons, et un enfant dont nous n'avons pas encore pu déterminer le nom et la date de naissance. Si vous connaissez la famille de sa sœur ou de son enfant, veuillez nous contacter via le formulaire de contact inclus dans cette description. Votre aide est appréciée.

Images : © Georges Lecomte, 10/10/2009 | Photo via Muriel Burnonville
Date de l'événement :
03/10/1952
Date d'inscription :
13/03/2010
Localisation:
Tombe du sergent Albert Modesse
Adresse:
Cimetière, Rue Henri Chomé 9, 1030 Schaerbeek
Longitude:
4°24'07.4″E
Latitude:
50°51'24.3″N

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