Henri Benjamin Crombez naquit à Lombardsijde le 16 mai 1893. Fils d'un grand propriétaire terrien, il était également député belge, sénateur et bourgmestre de Taintignies, près de Tournai. Il fit ses premiers pas dans l'aviation en 1909, lorsque le Français Louis Paulhan survola sa maison, offrant ainsi un premier vol à sa mère, puis au jeune Henri. Il avait probablement déjà rencontré Eugène Debongnie à cette époque, à qui Henri Crombez père mit à disposition un atelier à Nieuport-Bad où il bricola son propre avion. Henri Crombez fils lui suggéra de piloter l'appareil. On sait aujourd'hui qu'un « pilote » totalement inexpérimenté fait très mauvaise équipe avec un prototype de monoplan non testé, et le résultat était prévisible ; heureusement, le pilote d'essai s'en sortit indemne. Crombez réussit finalement à effectuer plusieurs courts vols de quelques centaines de mètres depuis la plage de Nieuport.
Au printemps 1910, le jeune Henri reçut de son père l'autorisation de prendre des leçons de pilotage à Kiewit auprès du chevalier Jules de Laminne, mais il dut finalement se rendre à Étampes, en France, pour apprendre à piloter. Le 18 octobre 1910, il obtint son brevet de pilote français, puis, le 25 octobre 1910, à l'âge de dix-sept ans, son brevet de pilote belge numéro 26. Il allait devenir l'un des principaux pionniers belges de la période précédant la Première Guerre mondiale. Voici quelques étapes marquantes de sa carrière d'aviateur.
Du 6 au 23 août 1911, il fut l'un des dix participants au Tour aérien de Belgique aux commandes d'un monoplan Sommer. Cependant, des problèmes techniques l'empêchèrent d'atteindre l'arrivée.
Le 21 mai 1912, il fut le premier à traverser la Manche en avion, de Nieuport à Douvres via Calais. Il n'y atterrit pas, mais laissa un message. Il retourna ensuite à Nieuport via Calais. C'était le premier vol transmanche depuis le territoire belge et seulement le deuxième aller-retour transmanche.
Du 26 avril au 3 novembre 1913, une exposition universelle a lieu à Gand. Pour cet événement, il a effectué une série de vols postaux au départ de Saint-Denis-Westrem. Entre le 1er mai et le 25 août, Crombez a effectué au moins 47 vols de ce type entre Gand et des villes telles que Bruxelles, Audenarde, Aalter, Bruges, Blankenberge, Mons, Zelate, Menin, Nieuport et Knokke.
Entre tous ces vols postaux, il tenta également avec succès de battre le record belge d'altitude : après avoir effectué un vol postal entre Gand et Blankenberge le 17 juin 1913, il atteignit 3 800 m d'altitude, battant le précédent record de Jules Tyck de pas moins de 1 100 m. Pour effectuer ces vols, il utilisait son vieux Deperdussin de 50 ch, ainsi que deux Deperdussin de 80 ch, dont l'un était fourni par le syndicat organisateur des vols postaux. Ces appareils étaient la crème de la crème.
Le 29 septembre 1913, il était le seul participant étranger parmi neuf Français à la 5e course Gordon Bennett à Reims (à ne pas confondre avec la course de ballons à gaz du même nom). Henri Crombez, aux commandes de son Deperdussin, prit la troisième place avec une vitesse de 106.73 km/h.
À la même époque, il fut appelé sous les drapeaux. Initialement affecté au Génie, il fut ensuite transféré à la Compagnie des Aviateurs, unité avec laquelle il commença également sa campagne pendant la Première Guerre mondiale. Le premier jour de la guerre, le 3 août 1914, le sergent Crombez effectua un vol de reconnaissance en direction de la frontière allemande, mais fut contraint d'effectuer un atterrissage d'urgence près de Liège en raison de la visibilité. Il réussit néanmoins à regagner Wilrijk.
Le 18 mars 1915, il est promu officier. Il sert dans diverses unités de reconnaissance (4de5.de en 6de Bien qu'il ait piloté occasionnellement un avion de chasse pour escorter des avions d'observation, il se sentait plus à l'aise comme pilote de reconnaissance avec un observateur à bord. Le 4 février 1918, il pilota son 200e Mission de guerre. Il termina la guerre avec au moins 313 sorties de combat à son actif.
Durant les derniers mois de la Première Guerre mondiale, il fut invité à plusieurs reprises à voler aux côtés du roi Albert Ier, un honneur dont il continua de bénéficier après la guerre. Par exemple, le 1er avril 1919, il s'envola avec le roi pour Paris, où il devait assister aux pourparlers de paix. Ce vol fit grand bruit dans la presse française, qui s'offusqua de l'utilisation par le roi d'un LVG C.VI capturé, un avion « ennemi ».
Il quitta l'armée le 21 juin 1921, mais resta actif dans la réserve. En 1937, il fut l'un des membres fondateurs des « Vieilles Tiges belges », l'association des pilotes belges de l'époque pionnière (aujourd'hui « Vieilles Tiges de Belgique », ouverte à tous les pilotes et membres d'équipage), et en fut également le premier président.
Il décède à Bruxelles le 27 janvier 1960.
Sources:
Un siècle d'aviation au-dessus de Gand Partie I 1785-1939 / Piet Dhaenens
Le service aérien belge pendant la Première Guerre mondiale / Walter Pieters
Vol du 25 mai 1912




