Charles Jean Joseph Goffin, né à Graide le 9 mars 1913, décédé à Reckange (Mersch), Grand-Duché de Luxembourg, le 8 septembre 1944.
Charles Goffin souhaitait poursuivre une carrière dans l'armée comme officier de carrière. Après des concours d'entrée rigoureux, il fut admis à l'École royale militaire le 3 novembre 1933. Le 23 décembre 1935, il reçut son diplôme de l'École royale militaire avec le grade de sous-lieutenant. Il suivit ensuite une formation d'observateur à l'École de l'aéronautique militaire d'Evere. Le 18 juin 1936, il obtint son brevet d'observateur et fut muté à la 5e escadrille, 3e groupe, 1er régiment d'aviation (emblème de l'Hirondelle) à Goetsenhoven. Fin avril 1937, il fut transféré à l'École d'aviation de Wevelgem. Il y commença sa formation de pilote militaire le 1er mai 1937, avec la 75e promotion d'élèves-pilotes. Au cours de sa formation, le 18 mars 1938, il effectua un atterrissage d'urgence avec un Fairey Fox O-45 dans un champ à 500 mètres de l'aérodrome de Wevelgem. Il obtint son brevet de pilote militaire fin avril/début mai 1938 et fut muté à Nivelles le 9 mai 1938. Il rejoignit la 3e Escadrille, 2e Groupe, 2e Régiment d'Aviation (emblème Cocotte Rouge), équipée de Fairey Firefly IIM.
Charles Goffin souhaitait poursuivre une carrière dans l'armée comme officier de carrière. Après des concours d'entrée rigoureux, il fut admis à l'École royale militaire le 3 novembre 1933. Le 23 décembre 1935, il reçut son diplôme de l'École royale militaire avec le grade de sous-lieutenant. Il suivit ensuite une formation d'observateur à l'École de l'aéronautique militaire d'Evere. Le 18 juin 1936, il obtint son brevet d'observateur et fut muté à la 5e escadrille, 3e groupe, 1er régiment d'aviation (emblème de l'Hirondelle) à Goetsenhoven. Fin avril 1937, il fut transféré à l'École d'aviation de Wevelgem. Il y commença sa formation de pilote militaire le 1er mai 1937, avec la 75e promotion d'élèves-pilotes. Au cours de sa formation, le 18 mars 1938, il effectua un atterrissage d'urgence avec un Fairey Fox O-45 dans un champ à 500 mètres de l'aérodrome de Wevelgem. Il obtint son brevet de pilote militaire fin avril/début mai 1938 et fut muté à Nivelles le 9 mai 1938. Il rejoignit la 3e Escadrille, 2e Groupe, 2e Régiment d'Aviation (emblème Cocotte Rouge), équipée de Fairey Firefly IIM.
Lors du décollage de Nivelles en août 1938, il heurta des moutons qui travaillaient à tondre l'herbe de l'aérodrome, et son Firefly Y-19 se retourna. Il s'en sortit indemne ; l'appareil était irréparable ; les seules victimes furent quelques moutons. Le 12 février 1939, un autre accident survint : le train d'atterrissage du Firefly Y-44 céda à l'atterrissage. En décembre 1939, la Belgique signa un contrat pour la livraison de 40 Fiat CR.42 au 2e Groupe. Ces appareils étaient à peine meilleurs que le Firefly et dépassés par rapport aux chasseurs modernes. En prévision de l'accident, les Cocottes furent dépêchées à Brustem le 14 janvier 1940, suite à l'alerte donnée suite à l'atterrissage d'urgence d'un avion allemand à Vucht (Maasmechelen). Il faisait un froid glacial ce mois-là : le 20 janvier, l'Institut royal météorologique (IMK) enregistra des températures de -22 à -30 °C en Belgique. Le 21 janvier, l'alarme fut levée et ils purent regagner Nivelles. Le 6 mars 1940, les premiers avions de chasse Fiat arrivèrent aux Établissements de l'Aéronautique d'Evere. Les Cocottes découvrirent immédiatement que l'armement était insuffisant et fréquemment enrayé, ce qui allait les affecter gravement en mai 1940.
Le matin du 10 mai 1940, les Cocottes réussirent à acheminer la plupart de leurs appareils jusqu'à Brustem. Pour éviter une attaque surprise sur l'aérodrome, elles décidèrent de faire patrouiller la zone à tour de rôle par trois appareils. La première patrouille était composée du lieutenant Goffin, du sergent-chef Marcel Sans et de Roger Delannay. Cependant, le Fiat de Sans refusant de décoller, Goffin et Delannay s'envolèrent seuls. Au bout d'une demi-heure environ, ils furent attaqués par quinze Bf 109 du I./JG 1. Le sergent-chef Delannay fut abattu et s'écrasa près de Melveren. Le lieutenant Goffin parvint cependant à mitrailler un Bf 109, qui prit la fuite en laissant derrière lui un panache de fumée. Ce jour-là, le 2./JG 1 perdit un Bf 109, dont le pilote dut sauter en parachute près d'Aix-la-Chapelle. Le même jour, Brustem fut attaqué à deux reprises au sol par des Bf 109 et des bombardiers en piqué Ju 87, entraînant la perte de plus de la moitié des appareils. Le lendemain, il se retira à Nieuwkerken-Waas. Le 13 mai, il participa à une patrouille au-dessus de la région de Louvain-Tirlemont-Tessenderlo-Westerlo, et le 15 mai, avec deux autres pilotes, il escorta un Fairey Fox et fut impliqué dans un combat aérien, mais le Fox et les trois Fiat réussirent à s'échapper. Il aurait abattu un Bf 109 du 8./JG 3 à cette occasion.
Dans la nuit du 15 au 16 mai, le 2e Groupe commença son repli vers la France. Le 19 mai, il arriva à Chartres, où les derniers Fiat, ainsi que quelques pilotes, restèrent sur place à la demande du commandant local pour protéger la région des envahisseurs de la Luftwaffe. Le lieutenant Goffin participa également à ces missions : le 28 mai, il effectua deux vols avec Jean Offenberg et Jean Maes dans une vaine chasse aux avions allemands, et le 3 juin, il participa à une mission de contre-attaque contre les bombardiers allemands. Alors que l'armée allemande approchait de Chartres, les derniers Fiat furent acheminés par avion vers Mérignac, près de Bordeaux, le 11 juin. Quelques autres vols y furent effectués, mais après l'armistice français du 25 juin 1940, tous les avions belges en France furent cloués au sol. Les Cocottes, paralysées, se rassemblèrent autour de Montpellier. Début août 1940, les soldats belges restés dans le sud de la France furent rapatriés en Belgique. Le lieutenant Charles Goffin reçut le commandement des troupes restantes du 3/II/2 ; le 20 août 1940, il rentre en Belgique mais est fait prisonnier de guerre au camp de Beverlo (aujourd'hui Bourg-Léopold) le 22 août. Cependant, le 22 octobre 1940, il parvient à s'évader et à retourner dans son village natal de Graide.
Prisonnier de guerre évadé, il n'avait aucun avenir en Belgique et se rendit dans le nord de la France, où il put franchir la ligne de démarcation. En juin 1941, il séjourna à Palavas-les-Flots, près de Montpellier, où il rencontra Werner de Merode, un autre pilote des Cocottes. En août 1941, cependant, le groupe de Belges avec Goffin et de Merode fut arrêté par la police française alors qu'il tentait de naviguer de Marseille à Gibraltar. Ils furent emmenés au camp de travail de Manzat. Werner de Merode et trois de ses compagnons s'évadèrent du camp le même mois avec de faux papiers. Charles Goffin mit jusqu'en octobre 1941 pour s'évader du camp. Il réussit à traverser les Pyrénées, mais fut appréhendé et aboutit au tristement célèbre camp d'internement espagnol de Miranda de Ebro. Les conditions de vie y étaient extrêmement précaires. Mais le 17 avril 1942, il fut libéré et, le 13 mai 1942, il posa enfin le pied en Grande-Bretagne.
Le 23 mai 1942, il rejoignit les forces belges en Grande-Bretagne. Son ambition de poursuivre le combat comme pilote fut toutefois contrariée lorsqu'il fut déclaré inapte pour cause de mauvaise vue. Apparemment, les mauvaises conditions de vie dans le camp espagnol avaient détérioré sa santé et sa vue. Un second examen de la vue, effectué quelques semaines plus tard, révéla une amélioration de sa vision. Cependant, en tant que pilote, il était limité aux vols de jour et ne pouvait effectuer aucune sortie opérationnelle, un poste inoccupé au sein de la RAF. Grâce à des contacts entre l'ambassade de Belgique à Londres et l'ambassade des États-Unis, Charles Goffin reçut une offre de rejoindre l'US Army Air Forces. Le 8 janvier 1943, il fut nommé sergent-chef de l'USAAF et, le 18 janvier, il rejoignit la 6e escadre de chasse, une unité d'entraînement basée à Atcham. Cependant, il ne put voler. Le 20 juin 1943, il fut promu sous-lieutenant, une étape importante vers son retour aux commandes. De nouveaux examens médicaux suivirent, lui ouvrant la voie à une nouvelle carrière de pilote. En janvier et début février 1944, c'est enfin chose faite : en effectuant quelques vols sur Piper L-4, il démontre qu'il n'a pas oublié le pilotage. Il reçoit enfin ses « Ailes d'Argent », l'insigne des pilotes militaires américains. Quelques jours plus tard, il est transféré au 14e Escadron de reconnaissance photographique (14 PRS) du 7e Groupe de reconnaissance photographique (7 PRG) à Mount Farm.
Le 2 mars, il effectua son premier vol à bord d'un Spitfire Mk.V, suivi d'une heure de vol à bord d'un PR.XI opérationnel le 15 mars. Le PR.XI était la version non armée et équipée d'un appareil photo du Spitfire, qui photographiait des cibles sur le continent avant et après les bombardements. Le 26 mars, il effectua sa première mission opérationnelle, photographiant plusieurs aérodromes du nord de la France. Dès lors, il effectua cinq à six missions opérationnelles par mois. Le 13 mai, il fut promu sous-lieutenant. Il participa également au Jour J, le 6 juin, et, fin juillet, il avait accompli 22 missions.
Le 8 septembre 1944, cinq pilotes du 14e escadron de reconnaissance photographique (PRS) reçurent l'ordre de photographier la ligne Siegfried, une ligne de défense longeant la frontière occidentale de l'Allemagne, de la Suisse aux Pays-Bas. Parmi eux se trouvait Charles Goffin, aux commandes d'un Spitfire PR.XI MB952. Les circonstances exactes de l'accident restent inconnues, mais il est probable qu'il ait été touché par la DCA allemande. Il n'alla pas loin : près de Reckange (Mersch), des témoins aperçurent un appareil, moteur crachotant et dégageant une colonne de fumée, tentant un atterrissage d'urgence. L'avion s'écrasa violemment au sol, fit un tonneau et prit feu. Le pilote fut éjecté. Il était trop tard pour être sauvé. Charles Goffin fut inhumé le lendemain de l'accident au cimetière de Mersch. Le 11 mars 1946, sa dépouille fut transférée au cimetière américain de Hamm, près de Luxembourg-Ville (aujourd'hui cimetière et mémorial américain de Luxembourg, près de l'aéroport). Le 10 septembre 1946, à la demande de sa famille, il fut exhumé et inhumé le lendemain dans le caveau familial du cimetière de son village natal de Graide. Il y repose toujours ; l’ancienne pierre tombale a été remplacée par une nouvelle entre 2024 et 2025. Sa tombe se situe à gauche, à mi-hauteur environ, contre le mur du cimetière. À droite se trouve le monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale de Graide, qui porte également le nom de Charles Goffin. Non loin du lieu du crash, à la chapelle Eenelter de Reckange (Mersch), son nom figure aussi sur un mémorial dédié aux victimes de la Seconde Guerre mondiale.
Charles Goffin est sans conteste un cas unique parmi les pilotes belges de la Seconde Guerre mondiale : il était le seul pilote belge au sein de l'US Army Air Forces. D'autres pilotes américains avaient des origines belges, mais ils vivaient déjà aux États-Unis à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Sources:
Sur les traces de Charles Goffin de Marc Audrit (Weyrich, 2024)
Deux évasions d'un pilote de chasse de Werner de Merode (Editions Collet, 1985)
L'Aéronautique Militaire belge en mai-juin 1940 de Peter Taghon (Lela Presse, 2006, Avions Hors-série, no 18)
Site Web de KMI
Sur les traces de Charles Goffin de Marc Audrit (Weyrich, 2024)
Deux évasions d'un pilote de chasse de Werner de Merode (Editions Collet, 1985)
L'Aéronautique Militaire belge en mai-juin 1940 de Peter Taghon (Lela Presse, 2006, Avions Hors-série, no 18)
Site Web de KMI









