Steven Volckaerts a découvert la tombe de la famille Ciselet (DB/0052, parcelle, ligne C ouest, numéro 22) au cimetière Schoonselhof. Herman Ciselet et Léontine Johnen eurent quatre fils : Marcel Ciselet (né en 1890), Léon Robert Ciselet (né en 1892), Maurice Ciselet (né en 1893) et Charles Ciselet (né en 1894), tous engagés dans l’aviation militaire belge durant la Première Guerre mondiale. Deux frères périrent au combat et les deux autres après la guerre, dans un accident d’avion.
Marcel Ciselet, l'aîné des quatre frères, avait déjà accompli son service militaire et fut mobilisé en 1914 lors de l'invasion allemande. Artilleur, il combattit au front jusqu'à son transfert à l'aviation militaire en mai 1917. Le 31 juillet 1917, il rejoignit l'aviation militaire et obtint son brevet civil le 25 septembre 1917, puis son brevet militaire le 5 décembre 1917. Fin mars-début avril 1918, il intégra le 6e escadron de reconnaissance. Le 6 avril 1918, il effectua son premier vol au-dessus du front. Le 18 mai 1917, le sergent-chef Marcel Ciselet trouva la mort lorsque son Nieuport 17C1, probablement touché par la DCA, s'écrasa sur les lignes allemandes.
Léon Robert Ciselet, dit Robert, était encore étudiant au début de la Première Guerre mondiale, mais s'engagea volontairement. Il servit d'abord dans l'infanterie, puis rejoignit l'aviation militaire en 1916. Il obtint son brevet civil le 2 septembre 1916 et son brevet militaire le 6 avril 1917. Le 24 juillet 1917, il intégra la 5e escadrille de chasse, équipée à partir de la mi-août 1917 de SPAD VIIC1. Le 20 novembre 1917, le sergent-chef Robert Ciselet fut tué lors d'une attaque menée par cinq chasseurs Albatros de la Jasta 2.
Maurice Ciselet était encore étudiant lorsque la guerre éclata. Il s'enfuit aux Pays-Bas avec ses parents et son jeune frère Charles, mais le 5 juin 1917, il se porta volontaire dans un bureau de recrutement en Grande-Bretagne. Il s'engagea dans la flotte et y resta jusqu'en décembre 1917. Le 26 décembre 1917, Maurice Ciselet fut muté à l'aviation militaire et obtint sa licence civile le 30 janvier 1918. Sa licence militaire suivit le 29 juin 1918. Début août 1918, il rejoignit également le 6e escadron, où il ne resta qu'un mois. En septembre 1918, il devint instructeur à l'école de pilotage de Juvisy, où il demeura jusqu'à la fin de la guerre. Il continua à servir dans l'aviation militaire après la guerre. Le 5 mai 1919, l'adjudant Maurice Ciselet pilotait un Nieuport 23 transformé en biplace, avec aux commandes le capitaine René Legros, titulaire du brevet de pilote civil belge n° 87 obtenu en 1913. Cependant, fait prisonnier au début de la Première Guerre mondiale, il n'avait pas suivi l'évolution rapide de l'aviation durant le conflit. C'est peut-être la raison pour laquelle le vol s'est soldé par un atterrissage forcé. Les deux occupants ont survécu à l'accident, mais Maurice Ciselet est décédé le 28 mars 1922 des suites d'une septicémie contractée lors de l'accident.
Le benjamin des frères Ciselet, Charles, surnommé « Sidi », s'engagea volontairement le 23 mai 1915, quelques jours avant son frère Maurice. Il intégra directement l'aviation militaire, obtenant sa licence civile en juillet 1915 et sa licence militaire en décembre 1915. Il était ainsi le benjamin des quatre frères, mais le premier à obtenir son brevet de pilote. Juste avant le passage à la nouvelle année 1915-1916, il effectua son premier vol opérationnel avec le 4e escadron de reconnaissance à bord d'un Farman F-40. Il s'écrasa à plusieurs reprises pendant la guerre, subissant des blessures graves, dont une fois même mortelles. En avril 1917, après une nouvelle rééducation, il rejoignit le 5e escadron de chasse. Durant les dernières semaines de la guerre, il ne participa pas aux combats, se remettant de nouvelles blessures.
Après la guerre, il resta actif dans l'aviation civile. Il fut l'un des principaux artisans de la création de l'Aviation Club d'Anvers, fondé en 1927, et, en 1930, l'un des fondateurs de la SA d'Exploitation et de Représentation Aéronautique (AERA SA). Malheureusement, le 1er avril 1931, il périt dans le crash du Breda 15 OO-ALH de l'AERA SA.
Le 20 janvier 1934, les dépouilles de Robert et Marcel Ciselet furent transférées du cimetière militaire d'Adinkerke au cimetière de Schoonselhof à Anvers.
La ville d'Anvers offre la possibilité de parrainer une pierre tombale. Dans ce cas, une personne ou une association s'engage à restaurer et entretenir la pierre tombale. La ville en conserve la propriété. Le 19 février 2009, un groupe de sept passionnés d'aviation a signé une convention de parrainage pour deux pierres tombales. En concertation avec la Direction des monuments et de l'urbanisme d'Anvers, la restauration des tombes des frères Ciselet et Raoul Vanpée a débuté en avril 2009. Pour plus d'informations, consultez l'article de Hangar Flying consacré au parrainage.
Lecture recommandée : « Les frères Ciselet, pilotes pendant la Première Guerre mondiale », par Walter Pieters, paru dans les numéros 1 et 2 de 2015 de la revue VTB (revue des Vieilles Tiges de l’aviation belge), consultables via ce lien.
https://www2.vieillestiges.be/nl/bibliotheek/vtb-magazines.




