Ce mémorial rend hommage aux hommes du 504e Régiment d'infanterie parachutiste. Le panneau d'information situé à côté donne aux visiteurs un aperçu des souffrances endurées par la population durant ces jours sombres de décembre 1944, alors que, dans de nombreux endroits, les habitants étaient pris entre le marteau et l'enclume.
Le fer de lance allemand le plus au nord de l'offensive des Ardennes était le 1e La division Panzer SS, dont une partie était le Kampfgruppe Peiper, atteignit le 18 décembre Trois-Ponts et ses trois ponts sur l'Amblève et la Salm. Un groupe de sapeurs américains, qui déposaient des explosifs sur les ponts, demanda à l'équipage d'un canon antichar du 526e bataillon d'infanterie blindée de passage de maintenir les chars allemands en activité suffisamment longtemps pour faire sauter le pont de l'Amblève. L'équipage se positionna sur deux viaducs étroits consécutifs, où il arrêta l'avancée allemande le temps de faire sauter le premier pont. Peu après, un second pont sauta. Le Kampfgruppe Peiper n'eut d'autre choix que de se diriger vers le nord pour chercher une autre possibilité de franchissement. Cela conduisit son unité à Stoumont, où elle espérait pouvoir se déplacer à nouveau vers l'ouest, en direction de la Meuse. Là, cependant, elle fut contrée par 14 chars réparés, acheminés en toute hâte depuis un dépôt de maintenance. Un affrontement éclata à la gare de Stoumont. Les chars américains réussirent à détruire plusieurs Panthers et Tigres allemands, et les Allemands, découragés, se replièrent. Ils se réfugièrent au sanatorium Saint-Édouard, poursuivis par l'infanterie de la 30e division d'infanterie. Pendant ce temps, Peiper était également coupé de sa voie de ravitaillement, un autre régiment de la 30e ayant refoulé ses hommes de l'autre côté de l'Amblève, à Stavelot. Ce qui restait du Kampfgruppe Peiper était alors engagé dans une lutte acharnée pour sa survie, attaqué sur trois fronts par des unités américaines. De violents combats éclatèrent autour du sanatorium, tandis que plusieurs ecclésiastiques et 200 jeunes tuberculeux s'abritaient au sous-sol.
Le 20 décembre, la 82e division aéroportée, nouvellement arrivée, attaqua le Kampfgruppe Peiper un peu plus au sud et réussit à le repousser jusqu'au village de Cheneux. Les villageois se réfugièrent où ils le purent, dans les caves et à l'école, mais le 21 décembre, les troupes allemandes les extirpèrent de leur cachette et les rassemblèrent dans la chapelle. Ils y restèrent prisonniers pendant trois jours, tandis que les combats sanglants se poursuivaient autour d'eux. À l'intérieur de la chapelle, il faisait froid et il n'y avait aucune provision. Malgré les combats, quelques habitants parvinrent à traire une vache pour un bébé de trois mois, et un autre parvint à se procurer une poignée de pain. Dehors, les combats continuèrent, les balles et les éclats d'obus fusant à travers les fenêtres de la chapelle. Lorsque les portes de la chapelle se rouvrirent après trois jours, le 23 décembre, ce furent les Américains qui vinrent les extirper de leur cachette. Ce n'est qu'alors qu'ils purent constater l'intensité des combats autour de la chapelle et le nombre de victimes : le centre du village était jonché de cadavres.
Le même jour, le 23 décembre, Peiper décida de se replier et de tenter de briser l'encerclement américain de son dernier bastion, La Gleize. Il y parvint en abandonnant ses véhicules, pour lesquels il manquait de carburant, afin de se replier à pied à travers bois.
A Cheneux, se trouve un mémorial aux libérateurs du 504e régiment d'infanterie parachutiste, avec à côté un panneau d'information avec les témoignages de certains habitants ayant vécu ces événements.
Juste après le cimetière, en direction de La Gleize, au croisement de quatre routes, se dresse un petit bunker aujourd'hui connu sous le nom de « casemate de Peiper ». Ce bunker est probablement un vestige des fortifications belges construites avant la Seconde Guerre mondiale. Le colonel Joachim Peiper s'y serait abrité lors d'un raid aérien allié contre sa colonne le 18 décembre. Certains rapports affirment que la colonne a été repérée par un pilote de L-4 Cub, mais en réalité, il s'agissait de quatre pilotes du 365e groupe de chasse de Chièvres. Envoyés dans des conditions météorologiques extrêmement défavorables, ils ont dû prendre de nombreux risques à très basse altitude. C'est ainsi qu'ils ont repéré le Kampfgruppe Peiper sur la route de La Gleize à Cheneux. Trois des quatre pilotes ont lancé l'attaque tandis que le chef reprenait de l'altitude pour appeler des renforts par radio. La colonne allemande a subi un feu nourri tout l'après-midi, et bien que les déclarations américaines aient largement surestimé les pertes allemandes, ce fut tout de même un revers important pour Peiper.




