Mémorial aux anciens élèves de l'Institut Sainte-Marie morts pour leur patrie

L'Institut Sainte-Marie (ISM) est un établissement scolaire bruxellois fondé à Schaerbeek en 1879. Initialement situé rue du Palais, il a déménagé au 164 chaussée de Haacht au début du XXe siècle. Longtemps réservé aux garçons, il est aujourd'hui mixte. Il a été rebaptisé Centre Scolaire Sainte-Marie La Sagesse. L'établissement propose un enseignement général, technique et professionnel et dispose d'un réseau d'anciens élèves très actif.

Dans la cour de l'école Sainte-Marie La Sagesse de Schaerbeek se dresse un monument commémorant les anciens élèves et enseignants morts pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Les noms des victimes de la Première Guerre mondiale sont inscrits à gauche et à droite du monument. Une plaque au sommet du monument mentionne également les noms des victimes de la Seconde Guerre mondiale.

Le monument fut inauguré le 30 mai 1920, dans ce qui était alors l'Institut Sainte-Marie. Les noms des anciens élèves et enseignants morts pendant la Seconde Guerre mondiale y furent ajoutés et inauguré le 16 novembre 1947.

Parmi les noms des disparus, nous reconnaissons quatre aviateurs.

 

-La famille de l'avocat Auguste Adolphe Braun de Ter Meeren et Léonie Marie Charlotte Van den Kerckhove a perdu deux enfants pendant la Grande Guerre, Albert (°1883) et Pierre.

Le sous-lieutenant pilote Pierre Marie Louis Fernand Braun de Ter Meeren (né à Sterrebeek le 6 octobre 1897) fut surnommé « Bambino » car il n'avait que 16 ans lorsqu'il s'engagea comme volontaire pour le service militaire le 20 août 1914. Malgré son jeune âge, il fut immédiatement sélectionné pour la Compagnie d'aviateurs. Il reçut son brevet civil le 5 février 1915 et son brevet militaire le 20 mars 1915.

Après une formation à Étampes (France), sa carrière de pilote de chasse débuta le 28 décembre 1915. Son premier combat aérien eut lieu le 9 janvier 1916. Il participa à dix-neuf batailles aériennes au total. Le 5 décembre 1917, il remporta sa deuxième victoire aérienne. De retour à sa base, il effectua d'abord quelques acrobaties au-dessus de la mer. L'aile de son Spad VII de la 5e escadrille toucha la surface et il s'écrasa en mer. Son corps ne fut retrouvé que plusieurs jours plus tard.

Selon https://wardeadregister.be Sa date officielle de décès est le 12 décembre 1917. Il a été enterré à Adinkerke le 13 décembre. Son corps a été transféré au cimetière de Laeken en 1921 et à Sterrebeek en 1955.

 

L'industriel baron Renaud de Vinck de Winnezeele (né à Bruxelles le 15 novembre 1909) était issu d'une famille aristocratique franco-belge. Il était le fils du baron Jules de Vinck de Winnezeele (né en 1879, décédé en 1944) et de Julie Snoy (née en 1885, décédée en 1911).
Le 4 octobre 1929, il était élève-pilote au sein de la 63e promotion. Il obtint sa licence de pilote civil le 24 mars 1931 à l'école d'aviation militaire, puis sa licence de pilote militaire le 16 octobre 1931. Selon les informations du regretté André Dillien, il fut promu adjudant-aviateur le 16 décembre 1934.

Le Tipsy S-2 OO-RVW a été enregistré à son nom du 24 août 1936 au 16 juin 1937.
Le prototype Stampe-Vertongen SV-4B OO-JAN fut piloté par Renaud le 29 septembre 1937, lors de sa présentation aux autorités militaires. Il pilota également le prototype Renard R.36.
À partir du 16 février 1938, le Tipsy B OO-RDV fut immatriculé à son nom. Dans le numéro d'août 1938 de la Conquête de l'Air, il écrivit un récit de voyage relatant son vol de week-end entre Bruxelles et Nice. Le baron était visiblement ravi des performances de son Tipsy, propulsé par un moteur Walter Mikron de 60 ch. Après la guerre, l'immatriculation fut supprimée.

Le 18 juin 1941, le baron Renaud de Vinck de Winnezeele épouse Christiane Tienrien à Saint-Gilles (Bruxelles).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engagea volontairement dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI). Fondées le 1er juin 1944, les FFI regroupèrent tous les groupes militaires combattants de la Résistance et participèrent à la Libération de la France.

Le 7 septembre 1944, les troupes alliées arrivèrent en vue de Noirefontaine et de Pont-de-Roide (Doubs, France). Elles se heurtèrent à un feu nourri d'artillerie allemande et à de solides défenses. Renaud de Vinck fut tué le 7 septembre 1944 lors d'une bataille au lieu-dit « la Derrière » à Pont-de-Roide. Une pierre commémorative se dresse à Noirefontaine en sa mémoire et en celle de plusieurs autres morts avec lui.

 

-Henri Léon Jean Marie Taymans est né à Ixelles le 23 juin 1921. Il a vécu quelque temps au 59 avenue Voltaire à Schaerbeek.
Pendant l'occupation allemande, il s'enfuit en Grande-Bretagne (il y arriva le 14 juin 1941) via la France, l'Espagne et le Portugal. Le 30 juin 1941, il fut incorporé dans les forces armées belges au Royaume-Uni. Le 15 mars 1942, Henri fut admis à la 17e Escadre d'entraînement initial de la RAF. Il fut nommé Flying Officer le 16 octobre 1943. Henri rejoignit la 53e Unité d'entraînement opérationnel le 26 octobre 1943, volant pour le 349e Escadron de la RAF du 15 janvier 1944 à la mi-juin 1944.

Il a épousé Eileen Marjorie Jones à Bristol (Royaume-Uni) en août 1944.

Par l'intermédiaire du 84 Group Support Unit (15 juin 1944), il fut affecté le 30 octobre 1944 à la 132 (Norwegian) Wing, plus précisément au 127 Sqn, un escadron stationné sur l'aérodrome de Grimbergen avec les 331, 332 et 66 Sqn.

Le 28 novembre 1944, l'escadron 127 effectuait une mission dans la région de Zwolle (Pays-Bas). Le capitaine d'escadron Otto Smik aperçut un chantier naval et ordonna à l'escadron 127 de lancer une attaque. Cependant, le chantier était fortement défendu par la DCA allemande. Le Spitfire d'Otto Smik fut touché et s'éloigna en fumant. Quelques secondes plus tard, le lieutenant d'aviation belge Henri Taymans en profita pour disparaître dans le tumulte, en flammes.

Ce jour-là, dans une ferme près d'Ittersum (Zwolle), des agriculteurs virent un avion s'écraser presque à la verticale. Un second s'enfonça peu après dans le terrain marécageux près de la ligne ferroviaire Zwolle-Kampen. Ce n'est qu'à Ittersum que le corps du pilote put être retrouvé, et l'on supposa qu'il s'agissait d'Henri Taymans, 23 ans. Les Allemands le firent enterrer comme « pilote britannique inconnu ». Après la guerre, le corps fut transféré au cimetière militaire bruxellois d'Evere. Une croix portant le nom du « chef d'escadron Otto Smik » fut érigée à l'endroit où le deuxième Spitfire s'était écrasé. L'épave de l'avion ne fut pas retrouvée, le terrain ne le permettant pas.

Lorsque la veuve de Taymans se rendit sur le lieu présumé du crash de son mari au début des années 1960, elle rencontra un témoin local. Cependant, ses souvenirs ne correspondaient pas à la description personnelle de Taymans. En mai 1965, les restes du deuxième Spitfire furent finalement exhumés du terrain marécageux près de la voie ferrée à Zwolle. La queue fut récupérée et il s'avéra qu'il s'agissait du RR229, l'avion de Taymans, et non du RR227 de Smik. Les restes de l'aviateur permirent une identification fiable. D'autres découvertes à proximité du Spitfire exhumé prouvèrent également qu'il s'agissait bien de l'avion de Taymans. Il était désormais irréfutablement établi que c'était bien Smik qui reposait dans la tombe d'Evere.
Taymans a été inhumé une seconde fois à Evere (le 16 juin 1965, rangée IV, tombe 28). La dépouille d'Otto Smik a été transférée au cimetière militaire canadien d'Adegem. Entre-temps, le corps d'Otto Smik DFC a été transféré à Bratislava, en Slovaquie.

 

Le sergent d'aviation Pierre Jean Louis Terken (né en 1921 ?) était le fils de Johannes Josephus Marie Terken et de Martha Huyvetter (Druyvetter ?), qui résidaient au 49, rue Générale des Étudiants à Schaerbeek. Ils émigraient en Australie à une date inconnue, où Pierre naquit. Plus tard, le 27 mars 1921, la famille embarqua pour l'Angleterre à bord du SS Ormonde. Pierre devait avoir trois mois à l'époque.

Selon la Commonwealth War Graves Commission (CWGC), il appartenait au 2 Sqn RAF. Le F/Sgt Pierre Terken a été tué le 8 juillet 1944 lors de l'attaque du Beaufighter Mk.IF X7630 du 51 OTU (basé à la RAF Cranfield, Bedfordshire).

Le Beaufighter prit feu lors d'un vol d'entraînement et s'écrasa près de Collyweston, dans le Northamptonshire, à 80 km au sud de Cranfield. Le moteur gauche avait pris feu en vol. Terken ordonna au lieutenant d'aviation observateur Joannes Philip « John » Hamelton de sauter en parachute du Beau, et il survécut. Le réservoir gauche explosa et l'aile gauche fut arrachée.

Le sergent-chef Pierre Jean Louis Terken, âgé de 23 ans, a été enterré le 14 juillet 1944 au cimetière de la ville de Cambridge (tombe n° 13505) où il repose toujours.

 

Grâce à:
Philippe Milde (Vice-Président Cercle des anciens Sainte-Marie La Sagesse), Philippe Declercq (Directeur Sainte-Marie La Sagesse).
Merci à Steven Volckaerts pour les recherches approfondies sur Pierre Terken.
Sources:
https://bel-memorial.org,
https://forum.rafcommands.com/forum,
www.cwgc.org,

349e Escadron (Belge) de la RAF. Du lever au coucher du soleil. Guy De Win, Centre de documentation historique des forces armées belges et BAHA, Evere, 2002.
Les Belges dans la RAF, partie III. Jean-Louis Roba, Editions De Krijger, Erpe, 2004
Le service aérien belge pendant la Première Guerre mondiale, Walter Pieters, Aeronaut Books, 2010
Aérodrome de Grimbergen 1939-1946, de la construction à White Tie. Randy Buelens et Frans Van Humbeek, Bonte, Grimbergen, 2024
La conquête de l'air

Images : © Frans Van Humbeek | © Archives Cercle des anciens Sainte-Marie La Sagesse via Philippe Milde
Date de l'événement :
12/12/1917, 7/9/1944, 28/11/1944, 8/7/1944
Date d'inauguration :
30/5/1920, 16/11/1947
Date d'inscription :
20/2/2025
Propriétaire:
Institut Sainte-Marie La Sagesse
Localisation:
Mémorial aux anciens élèves de l'Institut Sainte-Marie morts pour leur patrie
Adresse:
Rue Haachtsesteenweg 164, Schaerbeek. École, non accessible sans autorisation.
Longitude:
4°22'18.3″E
Latitude:
50°51'35.6″N

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