Mémorial à l'équipage du Wellington BJ606 PH-S 12 Sq

Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1942, un Wellington du 12e escadron de la RAF s'écrasa près de Wintershoven (aujourd'hui Kortessem). L'équipage entier fut tué.

Le Wellington III, immatriculé BJ606/PH-S, effectuait une mission de bombardement sur Cologne. Au retour, il fut repéré par la station radar de Meeuwen. L'équipage de l'Oblt Wilhelm Telge et de l'Uffz Walter Telsnig du 4./NJG 1 fut dépêché depuis Brustem. Telge tira sur le moteur gauche, provoquant le crash du Wellington. À bord se trouvaient :

Sergent Robert Bayley, pilote     

F/O Jack Johannesen RAAF, copilote                 

Sergent Alec G. Willans, navigateur

Sgt Geoffrey C. Willis, viseur de bombes      

F/S John EF Martin RAAF, opérateur radio    

Sergent Edmund St.A. Richardson RCAF, mitrailleur de queue

Le Wellington était normalement piloté par un seul pilote, mais le lieutenant d'aviation Johannesen était le troisième copilote lors des quatre dernières missions de cet équipage. Il s'agissait probablement de pilotes fraîchement arrivés dans l'escadron et effectuant leur premier vol comme copilote afin d'acquérir de l'expérience auprès d'un équipage ayant déjà participé à plusieurs opérations avant d'être envoyés en mission avec leurs propres équipages.

Les six membres d'équipage furent initialement inhumés au cimetière des pilotes et membres d'équipage alliés de l'aérodrome de Brustem. Ainsi, les forces d'occupation pouvaient empêcher la population belge de déposer des fleurs sur les tombes ou d'organiser d'autres manifestations patriotiques.

Après que la municipalité de Kortessem et la Société historique de Kortessem eurent organisé leur première commémoration en 2013 en hommage à l'équipage du Whitley du 51e Escadron qui s'était écrasé dans le district de Vliermaalroot (un mort, trois prisonniers de guerre et un membre d'équipage ayant réussi à s'échapper), Jos Punie a ouvert une enquête sur le deuxième accident survenu dans la municipalité. En amont de la commémoration, Alois et David Stulens de Lost Planes (http://users.skynet.be/lostplanes.net/) Le lieu du crash a été examiné à la recherche de restes de l'avion et ils ont effectivement pu récupérer et identifier un certain nombre de fragments plus petits.

Le résultat fut la commémoration et l'inauguration d'une pierre commémorative à l'église de Wintershoven le dimanche 15 octobre 2017, exactement 75 ans après le crash. Jos avait réussi à contacter plusieurs familles des membres d'équipage disparus, et l'une d'elles, Mme Nicky Cooper, était venue d'Australie pour assister à la commémoration de son grand-oncle. Elle a inauguré la pierre commémorative avec Jos.

Après la commémoration, chacun a pu en apprendre davantage sur le crash au centre paroissial, où une exposition sur l'avion et son équipage était présentée. Le lundi 16 octobre 2017, les élèves les plus âgés de l'école primaire ont pu visiter l'exposition afin de découvrir, eux aussi, ce qui s'est passé dans leur village et leur communauté pendant la Seconde Guerre mondiale.

Nous concluons cette description par les mots prononcés par Jos Punie, président de la Société historique de Kortessem et instigateur de la commémoration, lors de l'inauguration de la pierre commémorative. Ses paroles méritent plus que la simple attention des personnes présentes. Jos a abordé ce que la pierre commémorative ne révèle pas :

La pierre ne mentionne pas que les parents de Robert Bayley ont perdu leur deuxième fils, Gilbert, trois mois plus tard. Lui aussi a servi dans la RAF et a été tué dans un accident de la route en service.

La pierre ne nous dit pas que Tom Willans est resté sans enfant lorsque son fils Alec est mort ici. Tom a vécu jusqu'à 100 ans et a trouvé du réconfort en se consacrant à sa communauté. Mais pas un jour de sa longue vie ne s'écoulait sans qu'il pense à Alec.

La pierre ne mentionne pas que le frère d'Edmund Richardson, Robert, a été tué en 1945 lors des combats en Italie. Leur sœur était la seule survivante de la famille. Ses fils m'ont dit ne se souvenir que très vaguement de leur oncle Edmund.

La pierre ne révèle pas la dernière lueur d'espoir de la mère Jessie Martin. Contre toute attente, elle continuait d'espérer que son fils se cachait quelque part en Belgique ou en France.

La pierre tombale ne témoigne pas non plus du chagrin de sa mère, Bessie Johannesen. Elle souhaitait ardemment se recueillir sur la tombe de son fils pour digérer son chagrin. C'est difficile quand son fils est enterré à l'autre bout du monde.

La pierre ne nous révèle pas non plus les soucis de la famille Willis. Après la mort de son père, sa mère a dû travailler pour subvenir aux besoins de ses quatre enfants. La fille aînée a pris en charge les tâches ménagères et s'est occupée de ses jeunes frères et sœurs.

Les soucis de ces six hommes ont pris fin le 15 octobre 1942. La pierre ne nous dit pas que les soucis de leurs parents, frères, sœurs et enfants ont alors commencé pour de bon.

Les personnes sur la photo sont Mme Nicky Cooper, parente de Jack Johannesen d'Australie, et Jos Punie.

Jos Punie a rédigé une brochure de 36 pages sur l'équipage et l'avion. Cette brochure est disponible au service d'information communal de Kortessem au prix de 5 € : Uit in Kortessem, Pieter Geert Buckinxstraat 5, 3720 Kortessem, 011/37 93 30, uit@kortessem.be.

Images : © Luc Wittemans, 15/10/2017 | ©Luc Wittemans, 15/10/2017 | ©Luc Wittemans, 15/10/2017 | © Luc Wittemans, 15/10/2017
Date de l'événement :
15/10/1942
Date d'inauguration :
15/10/2017
Date d'inscription :
20/10/2017
Propriétaire:
Commune de Kortessem
Localisation:
Mémorial à l'équipage du Wellington BJ606 PH-S 12 Sq
Adresse:
sur la petite place à côté de l'église et du cimetière de la Sint-Lambertusstraat, Wintershoven, Kortessem
Longitude:
5°25'07.9″E
Latitude:
50°51'03.2″N

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