La famille de Menten de Horne a toujours été un nom important dans la région de Saint-Trond. Ses origines remontent à la fin du XVe siècle.e Au début du 18e siècle, la famille Menten était encore la seule. Plusieurs membres de cette famille furent maires ou échevins de Saint-Trond. Après l'acquisition du château de Horne en 1783, la famille prit le nom de Menten de Horne. Finalement, le 14 août 1823, le roi Guillaume Ier leur accorda le titre héréditaire de chevalier, devenant ainsi les Menten de Horne.
Armand de Menten de Horne (1881-1946) perdit ses deux fils à la guerre. Lors d'une messe commémorative pour son fils Eric, le 30 octobre 1943, en l'église de Melveren, la Brabançonne fut jouée à voix basse, mais beaucoup trop forte pour les occupants allemands, qui arrêtèrent aussitôt l'organiste, le sacristain, plusieurs sympathisants et Armand. Après la guerre, Armand tomba gravement malade et quitta la prison de Merksplas. Il mourut en 1946.
Son fils aîné, Georges de Menten de Horne (1913-1941), était un soldat belge retenu prisonnier de guerre jusqu'en août 1940. Il réussit à s'échapper vers la Grande-Bretagne ; son parcours fut probablement parallèle à celui de Philippe de Liedekerke ; ils ont peut-être servi dans la même unité ou le même camp de prisonniers de guerre. Philippe de Liedekerke quitta la Belgique le 1er octobre 1940 pour le sud de la France, où l'armée belge disposait encore de plusieurs dépôts de ravitaillement. En décembre 1940, il était à Vichy, puis en Suisse, puis à Marseille en janvier 1941. Là, avec Hugues Regout et Georges de Menten de Horne, il embarqua clandestinement sur un navire à destination de l'Algérie. En Algérie, ils furent placés sous surveillance de février à mai 1941. Avec un officier de marine français, ils « empruntèrent » un yacht à Oran et naviguèrent d'abord vers Almeria, en Espagne, puis vers Gibraltar, où ils furent d'abord emprisonnés comme espions. Georges de Menten de Horne atteignit finalement la Grande-Bretagne le 12 octobre 1941. Il suivit une formation de navigateur et rejoignit l'escadron 550 comme navigateur sur des bombardiers Lancaster. Il fut tué lors du crash du Lancaster I DV345 au retour d'une mission au-dessus de Berlin le 2 janvier 1944. Il fut initialement inhumé au cimetière militaire de Brookwood, dans le Surrey, en Grande-Bretagne. Il fut exhumé le 25 octobre 1949 et inhumé à Melveren.
Le fils cadet d'Armand, Éric de Menten de Horne (1914-1943), participa activement à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Il servit de guide de Bruxelles à Paris aux équipages d'avions qui tentaient de fuir l'Europe occupée par la voie d'évasion Comète. Le site web de Comète (https://www.evasioncomete.be/index.html) nous avons pu retrouver son implication dans l'évasion de sept membres d'équipage :
P/O Geoffrey Silva (pilote) et Sgt Arthur Whicher (opérateur radio) à bord du Whitley V BD347 FB-X du 24 OTU, abattu dans la nuit du 31.7 au 1.8.1942 et au-dessus des Pyrénées le 18.8.1942.
F/Sgt Stanley Hope (navigateur) sur Mosquito IV DZ358 du 540 Squadron (une unité PR) abattu le 8.12.1942, capturé le 15.1.1943 juste avant le franchissement des Pyrénées, avec entre autres Andrée 'Dédé' Dejonghe.
W/O Herbert Spiller (navigateur) à bord du Halifax II W1188 PM-D du 103 Squadron, abattu dans le nord-est de la France dans la nuit du 24 au 25 octobre 1942 mais ramené à Bruxelles et de là guidé au-dessus des Pyrénées le 23 décembre 1942.
Le sergent William Brazill (navigateur) à bord du Wellington III BJ877 JN-Z du 150 Squadron, abattu dans la nuit du 16 au 17 septembre 1942, et le sergent William McLean (mitrailleur de queue) à bord du Stirling I R9259 MG-J du 7 Squadron, abattu dans la nuit du 6 au 7 décembre 1942. McLean et Brazill étaient ensemble pendant le voyage à travers la France et ont traversé les Pyrénées le 20 décembre 1942.
Le capitaine d'aviation John MacLean (pilote) du Halifax II W7708 LQ-H du 405e Escadron, abattu dans la nuit du 8 au 9 juin 1942 aux Pays-Bas, a rejoint la France via la Belgique. Il a survolé les Pyrénées le 17 août 1942.
Le 7 février 1943, Éric de Menten de Horne fut arrêté à Bruxelles et condamné à mort le 5 mai 1943. La sentence fut exécutée au stand de tir national de Schaerbeek (aujourd'hui siège de la VRT et de la RTBF). Selon une source, il aurait été transféré dans la tombe familiale du cimetière de Melveren (Saint-Trond) en 1949, comme son frère Georges. Il semblerait cependant qu'il soit toujours enterré dans le petit cimetière situé derrière les bâtiments de la VRT-RTBF, officiellement appelé Nécropole nationale, dans la tombe R7-2.
La plaque commémorative de la famille de Menten de Horne est située sur l'un des deux piliers qui flanquent l'entrée du parc le long de la place de Menten de Horne.



