Tessenderlo-Ham, 31 janvier 2026. Il y a des soirées qui naissent d'une idée simple et se terminent dans un lieu trop petit. Non pas à cause d'un grand plan marketing, mais parce que les gens se rassemblent autour d'une passion commune. L'aviation a ce pouvoir. Elle attire les curieux, les spotters avec leurs sacs à dos remplis d'objectifs, les collectionneurs qui savent précisément à quelle escadrille appartient chaque insigne, et les riverains qui, surtout, veulent savoir ce qui volera bientôt au-dessus de chez eux.
L'histoire de la Journée de l'aviation à Tessenderlo-Ham en est un parfait exemple. Elle n'est pas née dans une salle de réunion, mais dans un salon. D'un groupe de passionnés qui se sont regardés et se sont dit : « Pourquoi ne pas organiser cela nous-mêmes ? » Et chaque année, de nouveaux éléments sont venus s'y ajouter : un lieu plus prestigieux, un écran plus grand, plus de participants et des témoignages toujours plus forts.
Cette année, cette croissance prend une nouvelle forme. La Journée de l'Aviation se déroulera pour la première fois sur une seule journée. Durant la journée, une foire aux collectionneurs vous permettra d'échanger, d'acheter et de partager vos passions. En soirée, une conférence portera sur l'avenir de l'Armée de l'Air belge et l'impact du F-35 sur Kleine-Brogel et ses environs. C'est un pas en avant, mais l'essentiel demeure : la communauté, la passion et ce sentiment indéfectible de solidarité.

Le début : 2023, le salon devenu trop petit
L'histoire de la Journée de l'Aviation est modeste : quelques passionnés d'aviation du coin, chacun à sa manière. Certains aiment observer les avions depuis un point d'observation, un thermos de café à la main. D'autres préfèrent feuilleter des livres, des photos et des objets de collection. C'est au cours de ces discussions qu'est née l'idée d'une soirée de projection. Des images sur un écran, des anecdotes pour les accompagner, à regarder ensemble.
« Au départ, c'était très simple. On se réunissait, on montrait des images, on parlait de ce qu'on avait vu », expliquent les organisateurs. « Mais on le ressent tout de suite. Dans le milieu de l'aviation, il y a toujours quelqu'un qui dit : "Je connais quelqu'un d'autre qui trouve ça génial aussi." »
Au départ, cela pouvait se faire dans le salon. Jusqu'à ce qu'il devienne trop petit pour accueillir tout le monde. Non pas par manque d'ambition, mais parce que trop de personnes souhaitaient venir. La première étape n'a donc pas été de voir plus grand, mais simplement de trouver un espace.
Ils trouvent une salle avec un projecteur et un écran. Ils ajoutent des chaises. Les aspects pratiques de toute start-up. Et puis vient le test tant attendu : est-ce que quelqu’un le verra ? L’annonce se fait comme d’habitude aujourd’hui. Un événement Facebook, quelques invitations, quelques collègues qui le partagent. Le compteur affiche 25 inscriptions. Juste assez pour espérer que ça aboutisse à quelque chose. Et puis, le soir arrive.

« À un moment donné, on sortait les chaises et on s'est dit : c'est vraiment inhabituel », raconte en riant un membre de l'équipe. « Des gens sont arrivés spontanément. Ils avaient entendu parler d'un événement lié à l'aviation et, du coup, ils étaient à l'intérieur. »
Il s'est avéré par la suite qu'il y avait au moins 35 visiteurs. Cela a clairement démontré qu'il ne s'agissait pas d'un événement isolé.
Le contenu est également varié. Stefan propose une présentation retraçant l'histoire de l'armée de l'air russe en Allemagne. Un ancien combattant fait un voyage dans le temps, initiant ainsi une jeune génération à un pan d'histoire rarement abordé dans un documentaire classique. Dirk, quant à lui, présente des visiteurs militaires intéressants à l'aéroport d'Anvers.
Un rythme se dessine, qui deviendra plus tard une marque de fabrique : des images qu'on ne voit pas partout, et une histoire qui vous captive.
2024. Plus grand, plus confortable, plus professionnel
Après le succès de la première projection, un nouveau défi s'est naturellement présenté : trouver une salle plus grande, de préférence avec un bar. Non pas par souci de rentabilité, mais parce qu'un verre après la projection contribue à prolonger la soirée. Parce que cela permet de couvrir les frais. Et parce que c'est souvent au bar que se racontent les meilleures histoires.
« On sent que les gens ne viennent pas seulement pour regarder », explique un organisateur. « Ils viennent aussi pour créer du lien. Cet aspect social est tout aussi important que l'écran. »
Laurent, impliqué dès le début, devient membre permanent de l'équipe. Parallèlement, les préparatifs s'intensifient. Patrick travaille sur une présentation minutée, plus structurée, plus complète et agrémentée d'une musique d'ambiance. L'Aviation Day n'est plus seulement une soirée d'images, mais un concept à part entière.

2025. La scène, le grand écran et le point de bascule vers l'expérience
D'ici 2025, la salle sera suffisamment grande, mais des contraintes pratiques subsistent. Les spectateurs seront assis assez près les uns des autres pour une bonne visibilité. De plus, la hauteur sous plafond ne permet pas la projection. Cela peut paraître technique, mais tout photographe ou vidéaste sait à quel point une présentation semble vite « plus petite » lorsque l'image et l'espace ne sont pas adaptés. La solution ? Une salle avec une scène, un écran plus grand et plus d'espace pour le public, permettant à chacun de profiter pleinement de la présentation.
Le programme s'étoffe également. 4 Aviation abordera les voyages d'observation, de la logistique aux meilleurs endroits pour réaliser des prises de vue exceptionnelles que vous chérirez pendant des semaines. Autre grande première : Luc Delestinne présentera la toute première vidéo. L'image et le son occuperont une place prépondérante. Le niveau d'exigence est désormais plus élevé.
Patrick prépare une présentation sur la Première Guerre mondiale. Un sujet peu commun pour une soirée consacrée à l'aviation contemporaine, et c'est précisément ce qui la rend si intéressante. Il ne s'agira pas d'un exposé aride de faits, ni de listes, ni d'une approche encyclopédique. Ce sera plutôt un récit captivant, ponctué d'images, de rythme, de musique et d'effets sonores qui amplifient l'émotion. Patrick utilise l'intelligence artificielle pour coloriser de vieilles photos. Les as de l'aviation, figures emblématiques de la Première Guerre mondiale, prennent vie numériquement. Et puis vient le détail qui marquera les esprits : ces personnages s'expriment d'abord dans leur langue maternelle, puis la présentation bascule en douceur vers le néerlandais.
La Journée de l'aviation deviendra bien plus qu'une simple série de présentations. Elle deviendra une véritable expérience. C'est sur cette base que s'appuiera la transition vers un format d'une journée complète en 2026.
2026. La Journée de l'aviation devient une journée à part entière.
Ceux qui ne connaissent l'événement que comme une projection en soirée auront une belle surprise cette année. Les organisateurs ouvrent d'ores et déjà leurs portes en journée avec l'Aero Collectors Fair, un salon des collectionneurs qui se tiendra de 10h à 16h. Plus de 60 exposants seront présents sur 1 000 m², et tous les emplacements disponibles sont déjà réservés. Collectionner est un univers à part entière. Des tables regorgeant de souvenirs. Des collectionneurs qui ont conservé des objets pendant des années et qui s'en séparent désormais. Des visiteurs à la recherche de la perle rare.
« Collectionner, c'est avant tout collectionner des histoires », explique un visiteur fidèle. « On n'achète pas un simple écusson. On achète un morceau d'histoire que quelqu'un d'autre a porté en lui. »

Cette année, plusieurs escadrons de l'Armée de l'air seront également présents officiellement et proposeront directement des écussons et autres articles. C'est souvent une occasion unique pour les collectionneurs, car cela leur évite de devoir fouiller dans des boutiques clandestines.
Il y a aussi une option supplémentaire pour les photographes. Canon proposera un atelier de photographie aéronautique. Plus qu'une simple conférence, c'est un moment privilégié où technique et pratique se conjuguent. Autofocus, suivi, choix des réglages : autant de choses qui vous agacent souvent sur le moment, une fois rentré chez vous, quand vous réalisez que vous avez raté la mise au point.
« Si vous obtenez ne serait-ce qu'un conseil utile pour le reste de la saison, c'est déjà une victoire », tel est le ton prometteur.
Le soir, l'atmosphère change
L'ambiance de la foire et les discussions cèdent la place à un sujet qui dépasse largement le cadre des seuls passionnés et collectionneurs : l'avenir de l'armée de l'air belge. Le colonel Davy Compeers, commandant de la base aérienne de Kleine Brogel, présente un exposé sur les implications de l'arrivée du F-35 pour la base et ses environs.
Il présentera au public les missions actuelles et futures de la 10e escadre tactique. Le passage au F-35 constitue un tournant majeur. Il ne s'agit pas seulement d'un nouvel appareil, mais d'une refonte complète des opérations et des infrastructures qui façonnera l'image de la base pour les années à venir.

Le programme de la soirée s'enrichira d'un mélange de photographie, de patrimoine et de récits. Kris Christiaens se joindra à nous, accompagné de l'Irvin Squadron, spécialistes de l'histoire de la Royal Air Force et des Belges qui y ont servi pendant la Seconde Guerre mondiale. Ceci s'inscrit parfaitement dans la continuité de l'évolution de la Journée de l'aviation ces dernières années : des images et des expériences, toujours au service d'un récit captivant.
Mini-documentaires
Ceux qui ont assisté aux éditions précédentes l'ont déjà constaté. La collaboration entre Patrick et Edwin s'est avérée particulièrement fructueuse. Leur approche novatrice des présentations repousse sans cesse les limites et s'apparente désormais à de véritables mini-documentaires. Patrick nous réserve une autre surprise pour 2026 : une rétrospective du Hahnweide Oldtimer Fliegertreffen. Nous verrons des avions malheureusement hors service, ainsi que des appareils uniques restés jusqu'ici méconnus.
« Nous présentons des avions que vous ne verrez plus en vol aujourd'hui », expliquent-ils. « Et en même temps, nous mettons en lumière des joyaux que beaucoup de gens n'ont jamais vraiment vus, tout simplement parce qu'ils n'ont pas été assez exposés. »

Du patrimoine au spectacle du soir. Le point de vue international de Günther
Cette année, la Journée de l'aviation revêt une dimension résolument internationale. Günther Debiscop, figure emblématique de GD Aviation Photography, est profondément impliqué dans la préservation du patrimoine de l'Armée de l'air belge. Son parcours s'étend également à la Pologne, où il est bénévole au Pilskie Muzeum Wojskowe. Il contribue à la maintenance d'avions classiques tels que le Su-22 et le TS-11 et organise des séances photos internationales pour d'autres passionnés.
À l'occasion de la Journée de l'aviation, Günther donnera deux conférences. L'une sera entièrement consacrée au retrait du Su-22 de l'armée de l'air polonaise. Il évoquera également l'histoire du meeting aérien Antidotum de Leszno, où l'aviation et un spectacle nocturne se mêlent musique, lumières et pyrotechnie.
Hommage à un autre passionné d'aviation. Le Bourget 1975, hier et aujourd'hui.
Enfin, la soirée rendra un hommage particulier à Herman van Hees, passionné d'aviation, qui a généreusement mis sa collection de diapositives à disposition. Aviation Day nous transportera au Bourget en 1975 et explorera le destin de ces avions depuis lors. Ce sera un voyage du passé au présent, ponctué d'anecdotes drôles, incroyables et parfois émouvantes. Malgré les ravages du temps, les diapositives ont retrouvé toute leur splendeur grâce à l'intelligence artificielle. Selon l'équipe, le résultat est déjà stupéfiant.
Une communauté sans commerce comme fil conducteur.
La Journée de l'aviation vise délibérément à séduire un large public, des militaires aux civils. Ce loisir rassemble des dizaines de profils différents : passionnés d'observation, maquettistes, collectionneurs d'écussons et de pièces détachées, photographes, historiens et familles qui aiment simplement regarder. Il y a beaucoup de points communs, mais tous n'utilisent pas les mêmes plateformes.
« On ne peut pas généraliser à tous ces passionnés », disent-ils. « C’est pourquoi nous voulons proposer un lieu central où convergent toutes ces passions. »
Et cette soif de connaissances n'est pas encore étanchée. Grâce à une assise financière plus solide, l'ambition d'organiser plusieurs présentations par an, avec des conférenciers invités et des formats novateurs, se renforce.

« Ce n'est que le début », déclare un membre de l'équipe. « Nous débordons d'idées. Qui sait ce qui nous attend dans un avenir proche ? » Ces idées, ce sont les personnes qui œuvrent dans l'ombre à Aviation Day. L'équipe principale est composée de Patrick van Genechten, Edwin Borremans, Günther Debiscop et Herman Wilms. Sans oublier Laurent, l'employé permanent à temps partiel.
La Journée de l'Aviation, ce n'est pas seulement des conférenciers et des écrans, c'est aussi l'action des bénévoles. Ceux qui installent les chaises, mettent en place le matériel, accueillent les visiteurs, tiennent le bar, rangent et donnent un coup de main là où c'est nécessaire. On ne les voit généralement pas lorsqu'on regarde une image sur un écran. Mais sans eux, il n'y aurait pas de soirée, et encore moins de journée complète.
En pratique
- Salon des collectionneurs d'avions : 21 mars, de 10 h à 16 h, entrée 5 €
- Soirée de présentation du F-35 : 21 mars, de 19 h à 23 h, entrée libre
- Lieu : Cc Het Loo, Tessenderlo-Ham
- www.aviationday.be

