Centre historique de la 1re aile

L'origine de la réplique du Spitfire Mk.9 utilisant la série MJ748. Il évoque le souvenir du Flying Officer Belge Marcel Sans de la 349 Sq, abattu et tué par la Flak allemande sur le "vrai" MJ748 le 7 juin 1944 (lendemain du débarquement en Normandie) dans la région de Caen. (Photo Robert Verhegghen)

Bevekom, le 22 juin 2021Le mardi étant la journée du bénévolat, j'arrive au Centre historique de la 1re Escadre, un lieu en pleine effervescence. Des dizaines de bénévoles s'affairent aux préparatifs de la visite du ministre de la Défense le 1er juillet et de l'inauguration du Lockheed C-130H Hercules CH-13, confié à la 1re Escadre par l'Institut du patrimoine de guerre sur le site du musée de Beauvechain. L'inauguration officielle de la plaque commémorative du Spitfire aura également lieu le 20 juillet.

Historique

En 1996, année du départ des escadrilles de chasse, le colonel Avi BEM Thierry Fontaine, commandant de la 1re escadrille, a déclaré : « … »e L'association à but non lucratif Jachtwing, Le Faucon d'Or (TGF), a été créée pour préserver la mémoire de sa présence continue à Beauvechain depuis la création de la Force aérienne belge en 1946. Cinquante ans d'aviation de chasse belge méritaient d'être retracés, et en septembre 1997, le TGF a décidé de créer un Centre historique (IWHC), inauguré en février 1998. Un groupe de bénévoles s'est attelé à la tâche et a mené à bien une importante rénovation des bâtiments mis à disposition. La Force aérienne leur a apporté son soutien pour certaines missions.

Insigne officiel du Centre historique de la 1re Escadre. (Photo : Guy Viselé)

Bevekom de 1935 à 2021

Bevekom existe en tant que terrain d'aviation militaire depuis 1935, a été une base de la Luftwaffe pendant l'occupation, puis a abrité des unités de la RAF, de la RCAF et de l'USAF à la fin du conflit, avant de devenir l'une des principales bases de la Force aérienne belge, établie en octobre 1946.

La base de Beauvechain fut baptisée Base Charles Roman en hommage à l'un de ses commandants de corps, tué en mission aérienne. De 1946 à 1996, elle abrita pas moins de six escadrons de chasse et utilisa plusieurs générations d'avions, du légendaire Spitfire au F-16, en passant par le Mosquito, le Meteor, le Hunter, le CF-100 Canuck et l'inoubliable F-104G Starfighter. Outre les 4e, 10e et 11e escadrons et l'escadrille volante auxiliaire, la mémoire et le glorieux passé des prestigieux 349e et 350e escadrons, formés au sein de la Royal Air Force et composés principalement de pilotes belges durant la Seconde Guerre mondiale, furent préservés.

Un F-16A FA-42 aux couleurs du 350e escadron, stationné à la 1re escadre de 1946 à 1996. (Photo Guy Viselé)
Aucun des 53 CF-100 Canucks de la 1re Escadre n'a survécu. L'AX-16 du 349e Escadron a été photographié lors de son désarmement à la base de Koksijde en août 1965. La préservation du patrimoine aéronautique belge n'était pas une priorité à l'époque… (Photo : Guy Viselé)

Depuis 1996, la formation des pilotes de la composante aérienne, mais aussi en partie celle des élèves pilotes d'autres unités des forces armées (aviation légère, marine, gendarmerie), est assurée au 1e Aile des SIAI-Marchetti SF-260 du 5de escadron et par les Maîtres Fouga du 9de escadron, les Alphajets du 7ede en 11de l'escadron, sous réserve de la fermeture de ces bases après la chute du mur de Berlin (et l'apaisement des tensions avec l'ancien bloc soviétique), sans l'unité de conversion opérationnelle (OCU) F-16 et le 33e escadron, où les officiers d'état-major venaient à Fouga pour accumuler leurs heures de vol et maintenir leurs compétences.

Bevekom abrite actuellement les unités d'hélicoptères de l'escadron Heli (Agusta A109BA et NHI NH-90) de la composante aérienne de la Défense, et l'équipe de voltige aérienne des Diables Rouges.

La base aérienne de Bevekom abrite le plus grand nombre d'unités. On y compte pas moins de quatre chefs de police (1re escadre, Centre de compétences aériennes, Escadre de défense et Centre de contrôle et de compte rendu).

Le Centre de compétences est le principal centre de formation de la composante aérienne de la Défense et a successivement abrité l'École élémentaire de pilotage (EPE) après la fermeture de la base de Gossoncourt, et l'École avancée de pilotage (EPA) après le déménagement de Brustem.

Le service météorologique a été transféré de Wezembeek à Bevekom en 1996.

Un Alphajet AT-12 arborant les couleurs spéciales « 75 ans » de l'escadron, fondé en 1918, lors du rassemblement de Beauvechain en juin 1993. La chauve-souris devint son emblème lors de sa réactivation à Mosquito en 1951. Ses traditions furent officiellement adoptées par le CRC, également basé à Beauvechain. (Archives Guy Viselé)

Depuis octobre 2020, le Centre de contrôle et de compte rendu (CRC) du Glons est installé dans ses nouveaux bâtiments sur la base. Cette unité a hérité du nom et des traditions du 11e Escadron en octobre 2018, suite à la fermeture de l'École de formation avancée sur jet de Cazaux.

Le Faucon d'or

L'organisation à but non lucratif Golden Falcon, initialement composée principalement d'anciens membres du 1e L'escadrille de chasse a depuis ouvert ses portes à tous les anciens membres des unités qui se sont progressivement installées à Beauvechain. Cela inclut naturellement ceux de l'aviation légère, intégrés à la composante aérienne après leur retour d'Allemagne et la fermeture subséquente de la base de Liège-Bierset.

Le Centre historique de la 1re Escadre (1 WHC) est l'élément le plus connu du grand public et la vitrine de l'association à but non lucratif Golden Falcon (TGF), qui compte près de 500 membres. Dès sa création, les bénévoles ont constitué une collection d'aéronefs appartenant à la 1re Escadre.e Des ailes, des moteurs, ainsi que du matériel et des véhicules de service sont utilisés pour soutenir les opérations aériennes. D'une trentaine de bénévoles à ses débuts, le 1WHC compte aujourd'hui plus de soixante personnes. Ils aménagent les espaces d'exposition historiques et techniques et servent également de guides pour les visites de groupe. Un atelier restaure les moteurs et divers matériaux.

Organisation

Après plusieurs générations d'administrateurs, le Faucon d'or a accueilli un nouveau président en janvier 2019 : le général de brigade Guy Van Eeckhoudt, retraité, qui succède au regretté lieutenant-colonel Baron Forgeur. Issu de la 70e Force aérienne, Guy Van Eeckhoudt a effectué une longue carrière au sein de la Force aérienne belge. Il a été pilote de F-104G au sein du 350e escadron, instructeur sur T-33 et Alphajet au sein du 11e escadron de l'OSN, et chef de corps par intérim de l'École élémentaire de pilotage (chef de corps n° 15).de Aviateur, chef d'état-major de la TAF, puis occupant divers postes de haut niveau au sein d'unités d'état-major interalliées. Les souvenirs de cette brillante carrière sont consignés dans le livre « Journal d'un pilote belge de la guerre froide aux interventions humanitaires en Afrique » (www.hangarflying.eu/2016/11/journal-dun-pilote-belge-de-la-guerre-froide-aux-interventions-humanitaires-en-afrique/).

Le président du 1 WHC, le général de brigade Guy Van Eeckhoudt, devant la magnifique réplique du Spitfire Mk. 9. (Photo : Guy Viselé)

Retraité depuis 2001, il a consacré près de quinze ans de sa vie à l'Afrique. De retour au pays, il réside dans la commune de Beauvechain et est désormais plus disponible. Son histoire familiale et sa carrière dans l'Armée de l'Air tissent de nombreux liens avec la base. Son père était chef d'état-major de la 1re Escadre à l'époque des Meteor VIII, Hunter F.4 et CF-100, et lui-même a été pilote de F-104G Starfighter au sein du 350e Escadron. Son beau-père était secrétaire de l'Escadre, et son fils y a reçu sa formation de pilote. C'est pourquoi, après le décès de son prédécesseur, il a accepté de se consacrer au riche patrimoine aéronautique que constitue le musée du 1er WHC.

Son arrivée au Golden Falcon a indéniablement insufflé un nouvel élan à l'association. Il est épaulé par un conseil d'administration de onze membres et entouré d'une équipe renouvelée. La réorganisation a permis d'harmoniser les différents organes nécessaires au fonctionnement de son musée, véritable vitrine de son art, notamment un comité d'organisation des festivités.

centre de documentation (dirigé par le Cdt Avi bd Jean-Pierre « Pitou » Aerts, assisté de Francis van Cutsem), le comité de soutien (dirigé par Serge Sorbi, responsable des collections, et Eric Verschueren, en charge des visites, des expositions et du bureau des ventes).

Depuis sa fondation il y a 26 ans, le « Faucon d’or » publie un magazine trimestriel sous la direction du rédacteur en chef Jules-Jean Dewulf, qui en est déjà à son 90e numéro.

La nouvelle direction utilise désormais des outils de communication plus modernes et a récemment lancé sa page Facebook (www.facebook.com/groups/1749705268581280/) modernisée sous l'impulsion de Marcel Peeren et Serge Bonfond, la page officielle du musée compte aujourd'hui plus de 2 500 contributeurs, contre 450 en 2019.

Sur le plan financier, l'organisation à but non lucratif Golden Falcon dépend principalement des revenus provenant des cotisations de ses membres (cotisation annuelle de 15 euros et près de 500 personnes), ainsi que des revenus provenant des visites (5 euros par personne), les entrées payantes étant introduites à partir de l'ouverture au public à la mi-février 2021.. Elle bénéficie également du soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du 1e Aile.

Le site Web

Avant mai 1940, l'ensemble des bâtiments formait la grande ferme Dewaersegger. À l'exception de l'ancienne grange, devenue le bâtiment 23, il fut détruit en 1944. De 1946 à 1996, les bâtiments furent occupés par la Section du matériel de la 1re Escadre. Restauré par un groupe de bénévoles au début de la création du Faucon d'or, le bâtiment 23 est depuis devenu le bâtiment principal du musée du 1er Conseil de la santé mondiale.

Le bâtiment B23, ancienne ferme Dewaersegger, témoigne de l'histoire de la 1re escadre. (Photo : Guy Viselé)

Plusieurs salles présentent aux visiteurs de nombreux thèmes et sujets liés à l'histoire de l'aérodrome, notamment : les insignes des escadrons de la base depuis 1946, ainsi que ceux de la Seconde Guerre mondiale (1940-1945), allemands, canadiens et américains ; une maquette à grande échelle (1/1 000) du site en 1996 ; une évocation du site belge. escadrons de chasse de jour et de nuit, en particulier la reconstruction du hall opérationnel (dispersion) du 350e escadron en 1953 ; un hall dédié à l'escadron météorologique ; au premier étage, un grand hall a été aménagé en espace d'exposition et salle de conférence.

Le tableau de répartition et le tableau des scores de la course de 350 en 1953. (Photo Guy Viselé)

Parmi les nombreux objets exposés figurent une section de la verrière du cockpit du Junkers Ju 88 allemand abattu le 26 février 1944 par Georges Jaspis, un pilote belge de la RAF ; un tableau de bord d'un Spitfire IX ; le siège éjectable du F-104G du capitaine Bernard Neefs, qui lui a permis de s'éjecter de son avion en détresse en 1963 ; une vitrine dédiée au célèbre duo de voltige Starfighter, les Silvers ; et la combinaison spatiale des pilotes de F-104G, qui leur a permis de voler dans la stratosphère.

Combinaison spatiale utilisée par les pilotes de F-104G pour les vols stratosphériques. (Photo : Guy Viselé)

Les autres bâtiments abritent un atelier de restauration, des expositions de dioramas thématiques, le centre de documentation et le département de l'aviation légère.

Le bâtiment B24 est dédié aux moteurs qui propulsaient les avions du 1ere La collection comprend des moteurs à propulsion par aile. On y trouve notamment des Rolls-Royce Merlin (Spitfire IX et XVI et Mosquito), Griffon (Spitfire XIV), Derwent (Meteor), Avon (Hunter), Orenda (CF-100), Allison J-33 (T-33), Wright J-65 (RF-84F Thunderflash), General Electric J-Flash (F-104), Pratt & Whitney F-100 (F-16A) et Turbomeca Marboré (Fouga Magister). Une salle abrite, dans ses vitrines, l'ensemble de la collection d'instruments appelée « Somers ».

Le moteur General Electric J-79 équipe le Lockheed F-104G Starfighter. (Photo : Guy Viselé)

La collection d'avions

La plupart des avions ayant volé à Bevekom sont exposés à l'extérieur, dans la cour et dans les jardins entourant les différents bâtiments.

Parmi les vestiges se trouvent un General Dynamics F-16A (FA-18) (1979 à 1996), trois Lockheed F-104G Starfighters (FX-04 ; FX-39 ; FX-47) (1963 à 1981), un Republic RF-84F Thunderflash (FR-32) du 42e escadron de reconnaissance, un Gloster Meteor 8 (EG-257) (1951 à 1957), un Hunter F.4 écrasé, un SIAI-Marchetti SF-260M (ST-11), un Fouga CM-170 Magister (MT-48), un Lockheed T-33A (FT-24), un Dassault Mirage 5BR (BR-10) du 42e escadron, un Alphajet (AT-32). Un missile sol-air MIM-14 Nike Hercules et un Mig 21bis (874) de la République démocratique allemande (RDA) (Allemagne de l'Est avant la réunification) sont des rappels de la période de la guerre froide avec le bloc soviétique.

Représentant l'adversaire potentiel durant la Guerre froide, ce magnifique MiG-21bis, immatriculé 874 en rouge aux couleurs de l'ancienne Luftwaffe de la RDA (Allemagne de l'Est), est exposé parmi les chasseurs de la 1re escadre. (Photo Guy Viselé)

Le site fait l'objet d'un nettoyage et d'une rénovation indispensable des avions exposés à l'extérieur depuis plusieurs mois. Le projet de renouvellement de la livrée des appareils prévoit une nouvelle peinture progressive et l'application d'un film protecteur.

Le Republic RF-84F Thunderflash FR-32 du 42e escadron, stationné à la 1re escadre de 1960 à 1963. Comme tous les avions exposés en extérieur, sa peinture doit être rafraîchie et protégée par un revêtement. (Photo : Guy Viselé)

L'atelier de restauration prépare actuellement le F-104G FX-15 pour son installation sur un piédestal qui sera placé à l'entrée du musée comme point focal, contribuant ainsi à augmenter le nombre de visiteurs.

Ces derniers mois, la collection s'est enrichie d'un quatrième Lockheed F-104G Starfighter (FX-39). présenté Dans sa configuration d'armement, un deuxième Fouga CM-170 Magister (MT-35) et un Alphajet (AT-32) — trois avions liés à l'histoire de la base.

Le F-104G FX-39 camouflé de la 349e Force aérienne porte le nom de son pilote, le commandant Guy Rasse. Ce dernier participa au premier Programme de leadership tactique à Jever en septembre 1979. Transféré à Saffraenberg, l'appareil servit à la formation du personnel technique et effectua régulièrement des essais moteurs. Après avoir été stocké à Kleine-Brogel, il fut récupéré par le 1er WHC en 2016. (Photo : Guy Viselé)
Le retrait des Alphajets a rendu possible l'arrivée récente des AT-32 au 1 WHC. (Photo Guy Viselé)
L'unité d'aviation légère, intégrée à la composante aérienne, expose notamment le Britten-Norman BN-2A Islander B-11 OT-ALK. (Photo Guy Viselé)

Le Centre historique de la 1re Escadre (1 WHC) collabore étroitement avec les anciens membres de l'Aviation légère, aujourd'hui l'Escadre d'hélicoptères, auxquels l'organisme sans but lucratif a mis des locaux à disposition pour présenter leurs collections. Outre le Britten-Norman BN-2 Islander (B-11) exposé en plein air, un Alouette II (A-46) et une section d'un Agusta A109BA seront bientôt visibles dans le bloc 25. Un Alouette III, le M-2 de la Marine belge, vient d'être ajouté à la collection en vue de son exposition publique.

Le 1 WHC est le seul musée aéronautique belge à avoir rassemblé une collection de véhicules de service, indispensables au bon fonctionnement d'une base opérationnelle. Une soixantaine de véhicules ont été préservés, dont ce camion de pompiers Kronenburg Faun et ce camion-citerne Ford Acomal de 1976. (Photo : Guy Viselé)

Particularité : le 1WHC est le seul musée en Belgique à constituer une collection de véhicules aéroportuaires. Il en possède déjà une soixantaine, dont plusieurs sont en attente de restauration : une remorque Queen de 1950 pour le transport d'avions, une déneigeuse Sicard des années 70 et plusieurs véhicules opérationnels, comme un Jeep Land Rover et un camion Unimog.

L'aventure du Spitfire

Malgré la richesse de la collection existante, qui comprenait les avions les plus importants ayant marqué l'histoire de la base, l'avion le plus emblématique, le Spitfire, manquait à l'appel.

La popularité auprès des collectionneurs privés et la rareté relative des Spitfires « authentiques » prêts à voler ont rendu l'acquisition d'un tel joyau financièrement inaccessible pour le club, sa valeur étant estimée à environ 2 700 000 euros.

Guy Van Eeckhoudt avait rencontré Jan Van Den Briel, lieutenant-colonel (à la retraite) et ancien pilote du 349e escadron, puis pilote chez Sabena, et fondateur (avec le général Marcel Desmet) du Spitfire Club, il y a 40 ans. Lors d'une réunion d'anciens pilotes en 2019, ils ont eu l'idée un peu folle de lancer une campagne de financement participatif pour acquérir une réplique de Spitfire. Cela nécessitait un investissement de près de 60 000 €, certes plus abordable que l'achat d'un « vrai », mais un défi de taille.

Jan Van Den Briel et Guy Van Eeckhoudt ont lancé ce projet ambitieux, entourés d'amis désireux de les soutenir, afin que le musée de Beauvechain puisse un jour posséder « son » Spitfire. Le carnet d'adresses du général Van Eeckhoudt est bien fourni, et le soutien des membres et sympathisants du musée a permis, après quatre mois, grâce à la somme de dons importants de plusieurs particuliers et de nombreux dons plus modestes, de passer commande auprès du spécialiste anglais GB Replicas (Catfield, Royaume-Uni), spécialisé dans la production de répliques grandeur nature de très haute qualité.

Le côté droit de la réplique du Spitfire Mk. 9 porte le numéro de série MJ748. Il commémore le lieutenant Marcel Sans, du 349e escadron, abattu par la DCA allemande à bord du véritable MJ748 dans la région de Caen le 7 juin 1944 (lendemain du débarquement de Normandie). (Photo Robert Verhegghen)

Le Spitfire Mk. 9 a été livré en décembre 2020, juste avant le Brexit et le durcissement des restrictions liées à la COVID-19. Orné d'un côté du numéro de série MJ748 et du code GE-A du 349, et de l'autre du numéro de série MH432 et du code MN-A du 350, le Spitfire est désormais prêt à devenir la pièce maîtresse de la collection du 1 WHC. Le code « A » a été utilisé de chaque côté pour désigner l'appareil du commandant.

Le numéro de série choisi pour le côté droit de la réplique a été choisi en hommage à un pilote belge du 349. Marcel Sans, officier pilote du 349e escadron, a été abattu et tué par la Flak allemande à bord du « vrai » MJ748 le 7 juin 1944 (le lendemain du débarquement de Normandie) dans la région de Caen.

Les noms des initiateurs et des donateurs de l'immatriculation, ornée de la silhouette d'un Spitfire, sont peints sur la dérive d'un F-16A, placé à côté de la réplique, dont l'inauguration officielle a eu lieu le 20 juillet. (Photo Robert Verhegghen)

De Les noms des initiateurs et des donateurs de l'enregistrement, ainsi que la silhouette d'un Spitfire, sont peints sur la queue d'un F-16A, placé à côté de la réplique, dont l'inauguration officielle a eu lieu le 20 juillet.

Réorganisation et nouvelles collections

Outre l'arrivée du Spitfire, la nouvelle équipe Golden Falcon a donné un nouvel élan au 1 Wing Historical Centre et a réorganisé thématiquement l'exposition d'avions (le chasseur et l'avion d'entraînement).

Le hangar construit récemment par des volontaires du 1 WHC abrite un Hunter F.58 J-4077 de l'armée de l'air suisse, très similaire à la version Hunter F.6. (Photo : Guy Viselé)

L'arrivée en décembre 2019 d'un Hawker Hunter F.58 (J-4077), ancien appareil de l'Armée de l'air suisse (prêté par le Musée royal militaire/Institut du patrimoine de guerre), très similaire aux versions F.6 largement utilisées par notre Armée de l'air, constitue un ajout précieux à la collection. Il est abrité depuis mars 2021 dans un hangar construit par une équipe de bénévoles. L'arrivée imminente d'un Sikorsky S-58, qui prendra place sous le second hangar, désormais entièrement achevé, est annoncée.

Depuis le 1e L'escadrille n'a utilisé que des Hunter F.4 ; les bénévoles travaillent à la reconstruction dans un diorama extérieur d'un atterrissage forcé de l'avion Hunter F.4 ID-33, en collectant des éléments provenant de deux appareils. Ils démontreront notamment l'utilisation de machines historiques spécialisées (la grue « Letourneau » et le tracteur « Hanomag »).) pour les sauver.

Les cadets de l'air

Un bâtiment (Bloc 21) est principalement dédié aux unités d'entraînement. Un avion d'entraînement Stampe SV-4b et les fresques historiques de Gossoncourt (transférées à Beauvechain dans les années 90) complètent la présentation de l'École élémentaire de pilotage (EPE).

Le Stampe SV-4B V-64 du duo acrobatique « Les Manchots » était l'appareil du cadet Avi Paul Christiaens durant leurs trois saisons de meetings aériens (1966 à 1968). Les SV-4B servaient à la formation initiale des nouveaux pilotes et au remorquage des planeurs des cadets. (Photo Guy Viselé)

Un nouveau stand dédié aux Cadets de l'Air a été créé. Il commémore le fait que le premier mouvement de vol à voile au sein de l'Armée de l'Air a vu le jour à Beauvechain en 1952, ce qui a mené à la création de l'association à but non lucratif des Cadets de l'Air en 1958, avec une section consacrée au 1ere L'escadron. Les avions remorqueurs Piper L-21B Super Cub actuels, ainsi que les planeurs, sont entretenus à Beauvechain par l'escadron « Fixed Wing » du 1e L'escadrille des Cadets de l'Air attirait de nombreux jeunes vers une carrière de pilote militaire, et leur entraînement au vol à voile contribuait à un taux de réussite plus élevé aux tests de sélection que celui des non-cadets. Trente-cinq pour cent des pilotes de la FAE étaient issus des Cadets, ce qui démontre l'importance des sports aériens comme étape préalable à une carrière dans l'aviation.

Deux planeurs Cadet ont récemment rejoint la collection. Le Schleicher Ka-4 OO-ZUH Rhönlerche II (431/58) sera bientôt repeint aux couleurs Cadet, appareil qui a été utilisé à sept reprises (de PL-1 à PL-7) entre 1960 et 1979. L'un des tout premiers planeurs Cadet, le KSF SG 38 Schulgleiter PL-21, date de 1955. Il est actuellement suspendu au plafond au-dessus du F-104G FX-39, comme pour le défier : Mach 2.2 à 45 nœuds !

Perspectives d'avenir

La récente reconnaissance par le War Heritage Institute (WHI) du 1 Wing Historical Centre (1 WHC) comme site de musée de l'aviation est un signe positif.

Rappelons que tous les aéronefs exposés à Beauvechain et sur les différentes bases aériennes, ainsi que ceux du Musée royal militaire/Institut du patrimoine de guerre, appartiennent au WHI. Ce dernier les prête à diverses associations et institutions chargées de les présenter au public. Certaines d'entre elles ne peuvent plus agrandir leurs espaces d'exposition, tandis que d'autres, situées sur des terrains militaires, ne sont pas accessibles directement au public. De nombreux aéronefs historiques sont conservés depuis des années par le WHI dans son dépôt de Landen, sans possibilité de les exposer au public.

Le Fouga Magister MT-48, aux couleurs des « Diables Rouges », affiche fièrement ses 249 000 heures de vol au sein de l’Armée de l’Air américaine, de 1960 à 2006, ainsi que les insignes des différentes unités qui l’ont utilisé (École de pilotage avancée, C Performance, Escadrons 7, 9 et 33). (Photo : Guy Viselé)

L'arrivée récente à Bevekom du Lockheed C-130H Hercules CH-13 (voir les articles de Robert Verhegghen, www.hangarflying.eu/2021/05/le-c-130h-hercules-ch-13-sera-preserve-a-la-base-de-beauvechain/ en www.hangarflying.eu/2021/07/le-hercules-ch-13-est-accessible-au-public-a-beauvechain/Cette décision constitue un signal fort qui témoigne de la volonté des autorités politiques de débloquer enfin des ressources pour la préservation du patrimoine aéronautique militaire belge. Le WHI acquerra le bâtiment B26 afin de soutenir le plan de développement prévoyant le transfert des aéronefs stockés et inaccessibles du dépôt de Landen, qui doivent être évacués et transférés au ministère de la Défense.

Le 1 WHC affiche souvent les noms des pilotes sur les avions exposés. Le Gloster Meteor F.8, fruit de l'assemblage d'éléments provenant de deux fuselages différents, a récemment été rebaptisé EG-257, code SV-J, en hommage au capitaine Avi Y. Bodart, commandant du 4e escadron en 1956. (Photo Guy Viselé)

Maintenant que le War Heritage Institute reconnaît le 1 WHC comme partenaire privilégié, ce dernier peut relever ce défi. Grâce à un site vaste et facilement accessible, le WHI peut compter sur le dévouement et le dynamisme de ses nombreux bénévoles. Leur nombre ne cesse d'augmenter et, fait remarquable, de plus en plus de jeunes les rejoignent, ce qui est très encourageant pour l'avenir.

Plusieurs projets, visant notamment à enrichir les collections, sont à l'étude. L'arrivée de nouveaux appareils est donc attendue prochainement.

Le président Van Eeckhoudt souligne sa priorité : assurer la préservation du patrimoine aéronautique militaire belge dans de bonnes conditions, grâce à l'engagement et au soutien de ses équipes.

Informations Nuttige

Bien que le 1WHC fasse partie du site de la 1re Escadre, il est directement accessible au public les jours de visite par une entrée dédiée, sans avoir à passer par le poste de garde. Il s'agit actuellement du seul musée de l'aviation belge situé sur une base militaire et bénéficiant d'un accès direct.

Le musée est ouvert au public les deuxième et quatrième dimanches du mois, de 13h30 à 18h00, et les premiers dimanches sur réservation avec guide ou sur rendez-vous. La cafétéria est désormais ouverte au public.

En fonction des mesures sanitaires en vigueur aux dates de visite souhaitées, tous les visiteurs doivent s'inscrire par courriel : visite@1winghistoricalcentre.be ou par téléphone au +32 (0) 474 19 92 76. Ils doivent également laisser une adresse de contact pour le traçage des contacts. Le port du masque est obligatoire à l'intérieur et recommandé à l'extérieur lors de la visite du parc.

Le prix est de 5 euros par personne (gratuit pour les enfants de moins de 12 ans), plus 2 euros par personne pour la visite du C-130.

Site Web : https://1winghistoricalcentre.be/
Facebook: https://www.facebook.com/groups/1749705268581280/

Photo de Guy Viselé

Guy Viselé

Pilote privé et lieutenant-colonel réserve de la force aérienne belge, passionné d'aviation, ses débuts dans la carrière aéronautique publique. Votre passe ensuite vingt ans chez Abelag Aviation où il termine comme Executive Vice-President. Après dix ans comme porte-parole de Belgocontrol, il devient consultant pour l'EBAA (European Business Aviation Association). Journaliste indépendant qui a collaboré avec des revues aéronautiques belges et a rejoint Hangar Flying en 2010.