Air Belgium inaugure ses vols réguliers vers les Antilles.

Le OO-ABB à l'aéroport international Martinique Aimé Césaire (FDF) anciennement appelé aéroport du Lamentin. (Photo Comité Martiniquais du Tourisme)

Charleroi, le 7 décembre 2019. Suite à l'échec des vols long-courriers réguliers vers Hong Kong, Air Belgium lance des vols réguliers entre la Belgique et les Antilles françaises. À cette occasion, notre compagnie belge a immatriculé l'un de ses Airbus A340-300, OO-ABB, aux couleurs de la Martinique et de la Guadeloupe.

L'Airbus A340-313E OO-ABB d'Air Belgium est prêt pour son vol inaugural vers les Antilles.

Vol inaugural vers la Martinique et la Guadeloupe

J'arrive à l'aéroport de Charleroi vers 8h30 le samedi 7 décembre au matin. Après une courte marche depuis le parking P2 et un premier contrôle de sécurité, j'arrive au terminal T1 de l'aéroport, où six comptoirs d'enregistrement sont disponibles pour Air Belgium pour le premier vol commercial à destination de l'aéroport de Fort-de-France.

Enregistrement Tellers DAir Belgique.

Pas de longues files d'attente pour l'enregistrement et je vois deux membres de la chaîne de télévision francophone RTBF interviewer quelques passagers.
Après le contrôle de sécurité, vérifiez vos papiers d'identité car je quitte l'espace Schengen. Veuillez noter que les voyageurs se rendant aux Antilles françaises peuvent utiliser leur carte d'identité européenne et n'ont besoin ni de visa ni de vaccination.

Dans la zone d'embarquement des portes 23 et 24, un accueil chaleureux et festif attend les passagers qui s'apprêtent à quitter la grisaille belge pour le soleil et la douceur des Antilles. Un orchestre, un buffet petit-déjeuner, des fruits exotiques et des animations les attendent. Air Belgium a même installé un mini photomaton où les passagers peuvent se faire photographier avec « Air Belgium – My Antilles Depressor » en arrière-plan, un thème très original pour ce vol inaugural. Des cameramen et des journalistes de la RTBF nous rejoindront dans la zone d'embarquement et continueront de couvrir l'événement.

Cabine photo avec « Air Belgium – My Antilles Depressor » en arrière-plan.
Guy van Herbruggen avec Niky Terzakis, CEO d'Air Belgium.

Notre appareil sera le OO-ABB, un A340-313E de douze ans. L'A340-313E (E, ENHAN-CED) est le dernier modèle de la série -300 et est équipé du réacteur CFM56. Il est stationné à l'emplacement 67, à deux pas de la porte 23.
C'est désolant. Quel dommage pour les photos de ce magnifique Airbus A340 garé sur le parking et décoré aux couleurs de la Martinique (à gauche) et de la Guadeloupe (à droite) !

OO-ABB stationné en position 67 en face de la porte 23.

L’embarquement commence 45 minutes avant le départ par les escaliers installés aux portes 1L et 2L de l’appareil. L’accueil à bord est courtois, l’intérieur est impeccable et je rejoins ma place. À bord de ce premier vol transatlantique régulier au départ de CRL, 215 passagers, deux chiens et douze tonnes de fret sont à destination de FDF et PTP. Les passagers sont belges, mais aussi français et antillais ; certains ont exprimé des craintes de perturbations liées aux grèves en France.

L'A340-313E OO-ABB D d'Air Belgium propose trois classes de cabine : Business, Premium et Économique. Mon siège pour ce premier vol est le 55L, un siège standard en classe économique avec une montre Hublot.

Leçon d'économie pendant l'embarquement avec des appuie-têtes colorés.

La configuration de la classe économique comprend huit sièges avant disposés en 2-4-2. Chaque siège est équipé d'un écran individuel de divertissement en vol (IFE).

Le système de divertissement en vol peut sembler un peu dépassé par rapport aux normes actuelles. J'ai constaté quelques problèmes de réactivité de l'écran tactile. Il offre des options limitées : un affichage cartographique standard de la position de l'appareil, des vues des caméras extérieures verticales et frontales, et une sélection de films. Il y a des améliorations possibles, mais honnêtement, il est tout à fait satisfaisant à mon avis !

Le pouf devant moi contient les éléments habituels : une fiche de sécurité Air Belgium A340 spécifique aux appareils OO-ABA et ABB, un magazine « À acheter à bord » et un sac à vomi Surinam Airways, rappelant que l’OO-ABB assurait des vols vers Paramaribo depuis Amsterdam.

Le repoussage a été salué par le personnel au sol et la direction d'Air Belgium. (Photo : Air Belgium)

À 10 h 47, notre vol KF5961 CRL-FDF entame son vol retour. L'équipe au sol et la direction d'Air Belgium nous accueillent. Les quatre moteurs de notre Airbus A340 démarrent. Pendant ce temps, une vidéo de démonstration des consignes de sécurité est diffusée sur nos écrans individuels. Quelques minutes plus tard, nous roulons jusqu'à la piste 24, prête au décollage.

On pourrait penser que Charleroi, avec sa piste relativement courte de 2.550 8.366 mètres, imposerait des limitations de performance aux vols long-courriers d'Air Belgium. C'est effectivement le cas, mais l'impact reste relativement limité. La charge totale au décollage est actuellement de 244 tonnes, tandis que la charge maximale au décollage est de 275 tonnes pour l'A340-300.

Un peu plus tard, nous arrivons au numéro 24.

À 10 h 58, notre vol est autorisé au décollage et les commandes des quatre moteurs sont activées. Après le décollage, nous entamons notre montée vers une altitude initiale de 34 000 pieds.

À 34 000 pieds, en direction de Fort-de-France.

Après une trentaine de minutes de vol, je constate une vitesse sol de 800 km/h et un vent de face de 154 km/h sur mon écran de divertissement en vol. Le personnel de cabine commence à servir des collations et des repas chauds aux passagers de la classe économique.

Début du service par la distribution de repas chauds aux passagers de la classe économique.

Au menu du vol DvandaagVandaag, j'ai choisi les Boulets de Canon en liège avec un verre de vin. Excellent !

Au menu : les boules de liège !

Après le repas chaud, on propose aux passagers du café, du thé ou de l'eau. On nous annonce ensuite que les boissons (sauf l'eau) seront payantes pendant le vol. Je suis un peu surpris. Enfin, il faut bien s'adapter à l'époque des vols low-cost.

Une heure avant l'arrivée, nous avons reçu un en-cas dans une élégante boîte Galler portant l'inscription « Bruxelles ? Un mélange surréaliste de gastronomie et de science », contenant un délicieux wrap et un chocolat. Comparé aux en-cas proposés par les grandes compagnies aériennes traditionnelles, celui-ci est nettement supérieur !

Affichage de la carte sur l'écran du siège.

Trente minutes avant l'heure d'atterrissage prévue et à environ 200 km de FDF, notre Airbus A340 entame sa descente et la cabine se prépare pour le survol terrestre.
La piste active pour l'atterrissage à FDF est la piste 10.

À 15h03, 9 heures et 4 minutes après notre décollage de Charleroi, notre A340 a effectué un atterrissage en douceur sur la piste 10 de FDF. Après un court roulage, nous nous sommes arrêtés à l'entrée du parking et avons eu droit au « salut à l'eau » donné par un camion de pompiers de l'aéroport.

Vue depuis le hublot : le salut à l'eau des pompiers à l'aéroport de Martinique. (Photo Aimé Césaire)
L'OO-ABB à l'Aéroport International Martinique Aimé Césaire (FDF), anciennement appelé Aéroport du Lamentin. (Photo Comité Martiniquais du Tourisme)

À 15h09, notre A340 atteint sa position de stationnement et ses quatre moteurs sont arrêtés.

Les passagers à destination de la Martinique débarqueront, tandis que ceux à destination de Pointe-à-Pitre seront invités à rester à bord. L'escale à FDF dure 1 heure et 52 minutes ; pendant ce temps, la cabine est nettoyée, le fret et les bagages sont déchargés, et une dizaine de passagers embarquent pour CRL. Cela permet également à l'équipage de prendre l'air et de se dégourdir les jambes. La Martinique Press est sur place pour rédiger un bref reportage.

Les passagers restés à bord trouvèrent l'escale très longue, mais restèrent calmes et leurs sourires étaient toujours présents à la perspective du départ pour Pointe-à-Pitre.

La classe affaires lors de l'escale à FDF.

J'en profite pour aller dans le cockpit prendre des photos et échanger quelques mots avec l'équipage. Deux commandants de bord et un copilote sont aux commandes pour ce premier vol commercial entre CRL et FDF et PTP. L'équipage ne cache pas sa joie de bénéficier d'une escale de quatre jours en Guadeloupe. Leur vol retour pour Charleroi n'est en effet prévu que pour le mercredi 11 décembre.

Visite du cockpit lors de l'escale à FDF.

Vol inaugural vers la Guadeloupe – pôle des Caraïbes

À 17.00 h, quinze minutes avant l'heure de départ prévue de FDF, notre vol FDF-PTP KF5961 entame son repoussage. Après le démarrage des moteurs et une courte attente pour dégager la piste, nous nous orientons vers la trajectoire 10/28. Veuillez noter qu'à FDF (comme à PTP), il n'y a pas de voie de circulation, vous devez donc vous engager sur la piste et faire demi-tour pour le décollage.

Relâchez les freins, décollez, et à 17h15, nous reprenons notre vol vers PTP. Le vol de 33 minutes se déroule à une altitude de 4 877 mètres (16 000 pieds). Après avoir survolé l’île Dominique, nous entamons notre descente vers l’aéroport de Pointe-à-Pitre.

Spoilers déployés après l'atterrissage à PTP.

À 17h48, notre A340 atterrit sur la piste 12. Après le dégagement de la piste, une longue attente de 15 minutes nous attend en raison de travaux de maintenance sur l'aire de stationnement principale. Une fois sur la piste 12/30, nous sommes accueillis par un jet d'eau avant d'arriver à notre porte d'embarquement. Il est 18h05.

vol inaugural retour à Charleroi

Commence alors le vol inaugural aller-retour entre PTP et CRL. Je suis le seul passager à effectuer ce voyage aller-retour entre CRL et FDF. Une passion inexplicable !

Après avoir débarqué, je me dirige vers la sortie et le comptoir d'enregistrement pour voir si je suis… le seul à m'inscrire. Une sensation étrange.

Après le contrôle de sécurité, je me rends à la porte 10 du terminal où une trentaine de passagers attendent d'embarquer, dont beaucoup sont en transit depuis d'autres îles de Guadeloupe et des Caraïbes.

Embarquement à 19h15. Finalement, 44 passagers sont à bord, répartis dans les trois classes, ce qui laisse de nombreuses places libres pour le vol retour vers Charleroi. Comme il s'agit du premier vol commercial vers CRL, l'équipage est arrivé la veille à Paris-Orly par un vol international Corsair.

« Salutations aquatiques » à l’approche de la porte d’embarquement. (Photo : Guadeloupe Caribbean Pole)

Le repoussage de notre A340, vol KF5961 PTP-CRL, aura lieu comme prévu à 20h00. Tout comme à FDF, nous serons sur la piste à 0h30 pour un décollage de la piste 12 à 20h00.

Avec un vent de 100 km/h, le vol retour ne prendra que 7 heures et 29 minutes.

Une fois l'altitude de croisière de 38 000 pieds atteinte, un plateau-repas est servi pour le dîner. Je m'allonge ensuite sur quatre sièges au centre de la cabine pour une courte nuit de sommeil.

Après le petit-déjeuner et environ quarante minutes avant l'heure d'arrivée prévue, la descente au-dessus de Southampton a commencé et j'ai noté une vitesse au sol de 1 070 km/h, en grande partie grâce à un vent arrière de 195 km/h.

Notre Airbus A340 atterrit sous une pluie battante qui s'abat sur tout le pays, sur la piste 24 de l'aéroport CRL, à 8 h 45, heure locale. Après un court roulage de sept minutes, nous atteignons le parking où l'avion s'était arrêté exactement 22 heures et 5 minutes plus tôt.

Merci

Je suis ravi d'avoir pu effectuer ces trois vols inauguraux avec Air Belgium vers les Antilles françaises. L'ambiance à bord était très agréable. J'ai bénéficié d'un excellent service et le personnel était incroyablement professionnel. Je souhaite à Air Belgium beaucoup de succès pour ses prochains vols vers la Martinique et la Guadeloupe, ainsi que pour tous ses projets de développement futurs.

Guy Van Herbruggen
Photos : Guy van Herbruggen, sauf indication contraire

 
Photo de l'auteur invité

Auteur invité

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