Steenokkerzeel, le 4 octobre 2019. Le livre « Ailes oubliées » de Bruno Gielis (né en 1961) a été lancé aujourd'hui à la bibliothèque de Steenokkerzeel. Les descendants anglais de l'équipage du Wellington qui s'est écrasé à Perk étaient venus spécialement en Belgique pour l'occasion.
La présentation a été introduite par Jan De Backer, employé de la bibliothèque, puis a été suivie d'un discours de Frank Raeman, connu notamment pour son expertise de l'aérodrome de Maldegem. Les quelque 110 participants ont ensuite écouté l'auteur Bruno Gielis expliquer la création du livre et lire plusieurs passages de son œuvre.
Bruno a grandi à Perk, une commune de Steenokkerzeel, dans le Brabant flamand, et voisine de l'aéroport de Bruxelles. Dès son plus jeune âge, il était fasciné par les avions, mais devenir pilote restait un rêve. Après des études d'art à Sint-Lukas Brussels, il a obtenu un diplôme d'architecte paysagiste. Il a ensuite mené une brève carrière dans la fonction publique, avant de travailler pendant vingt ans comme paysagiste indépendant. Il reste actif dans le secteur de l'aménagement paysager.
Les Ailes oubliées commence avec le grand-père de l'auteur qui raconte l'histoire de deux aviateurs morts pendant la Seconde Guerre mondiale. Au départ, Bruno pensait qu'il s'agissait des deux pilotes. Adj Vl Hilaire Thesin et Adj Vl Guillaume Paquay Une pierre commémorative a été inaugurée à Perk le 21 septembre 2009, à l'initiative d'Hubert Verstraeten. Il s'agissait d'un accident survenu en 1934. Le grand-père de Bruno, lui, faisait clairement référence à des événements survenus pendant la Seconde Guerre mondiale. Bruno a effectivement trouvé, au cimetière de la même commune, un mémorial en mémoire de deux autres aviateurs, O'Brien et Robinson, décédés en 1942. Tous deux reposent au cimetière canadien d'Adegem. Bruno a entrepris une enquête approfondie il y a une dizaine d'années. Des photographies aériennes de 1942 ont été demandées, et Hedwig Buls l'a aidé à localiser des débris d'avion sur le site. Grâce à la découverte, entre autres, d'un correcteur de boussole, il a obtenu confirmation du lieu du crash et de l'identité de l'avion de la Seconde Guerre mondiale et de son équipage.

Le Wellington Mark IC de la 16e Unité d'entraînement opérationnel (OTU) de la RAF, portant le numéro de série DV763 et immatriculé XG-H2, décolla de la base aérienne d'Upper Heyford (Oxfordshire, Royaume-Uni) à 23h12 le 1er juin 1942. Il devait se diriger vers Essen, accompagné de pas moins de 955 autres appareils. Il fallait larguer un maximum de bombes sur la ville dans un court laps de temps. En raison de la mauvaise visibilité cette nuit-là, les explosifs tombèrent très dispersés, épargnant ainsi Essen. Le Wellington XG-H2 s'écrasa au retour. L'appareil s'écrasa dans le Smalveld, à Perk, vers 2h30 le 2 juin 1942.
Deux membres d'équipage ont été tués dans l'écrasement de Wellington : le sous-lieutenant d'aviation R.J. Robinson, DFC (Réserve des volontaires de la RAF) et le navigateur, lieutenant d'aviation O'Brien (RAF). Le sergent-mitrailleur et bombardier E.T. Beal (Aviation royale canadienne) et le sergent-chef d'aviation J.M. Forster, artilleur et opérateur radio (RAF) ont été faits prisonniers de guerre. Le sergent-mitrailleur H.E. DeMone (Aviation royale canadienne) a réussi à s'échapper et a été capturé par la résistance. L'histoire de DeMone a déjà été racontée. écrit par Stany MoortgatStany a également mis ses archives à disposition de Bruno Gielis et l'a assisté en lui fournissant des conseils et un soutien.

Bruno a consulté de nombreux centres de recherche et experts en guerre aérienne. Wim Goverts, auteur de « Nachtspook van Sint-Truiden » (Le Fantôme de la nuit de Saint-Trond), lui a fourni les documents allemands relatifs au crash. Ces rapports indiquent que le Wellington a été abattu par un Messerschmitt Bf 110 qui avait décollé de Saint-Trond. À bord se trouvaient le pilote et chasseur de nuit, le major Walter Ehle, et l'Oberfeldwebel Hannes Weng.
Certains membres d'équipage britanniques et canadiens ont consigné leurs récits de vie après la guerre, et Bruno a pu en tirer profit grâce à une collaboration étroite avec les familles des victimes. Perk disposait également d'archives de guerre bien entretenues. Toutes les municipalités ne traitaient pas les documents de guerre importants avec autant de soin. L'auteur a également pu observer un Wellington de près. Pour cela, il s'est rendu au Musée de Brooklands (Weybridge, Royaume-Uni) où il a pu étudier en profondeur le Wellington N2980, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il a ainsi acquis une meilleure compréhension de la structure en aluminium caractéristique du bombardier.
Après des années de recherches approfondies menées par Bruno Gielis, le résultat est désormais disponible en librairie. « Ailes oubliées » est un livre captivant sur un Wellington et, surtout, sur des personnes qu'il ne faut pas oublier. La famille du sous-lieutenant d'aviation RJ Robinson, DFC, est très reconnaissante à Bruno pour ses recherches ; jusqu'à il y a quinze ans, elle ignorait presque tout de la carrière militaire et du dernier vol de Robinson.

Luc Van Hoeylandt a été responsable de la conception et a réalisé un excellent travail. Le manuscrit a été publié par Maison d'édition malines ElenANous avons déjà reçu de leur part des ouvrages de grande qualité, notamment sur l'histoire de la région de Malines. L'ouvrage est imprimé avec le plus grand soin. Impression Antilope De Bie à Duffel.
Ailes oubliées est disponible dans les librairies Standard. Couleur, 144 pages, 110 photos et documents, format 18 x 25 cm, prix 29,5 €. ISBN 978-94-638-8370-2. Contact : bruno.gielis@gmail.com
Frans Van Humbeek et Manu Godfroid
Photos : Manu Godfroid


