Des Belges au Bourget

Bombardier a mis en place un programme de revenus pour les avions Dash 8 à propulseurs biturbo à Longview, qui est attribué à la famille Twin Otter pour une filiale de Viking Air. Le DHC-8-402 VT-SQI, numéro de série 4596, est présent aux couleurs de la compagnie Spice Jet. (Photo : Guy Viselé)

Le Bourget, le 20 juin 2019. C'est devenu une tradition ; le pragmatisme de notre industrie aérospatiale les a conduits à transcender nos divisions politiques régionales et communautaires, et depuis plusieurs années maintenant, ils exposent ensemble dans les grands salons internationaux sous le nom de « Belgian Aerospace ».

Symbole d'une réussite partagée par-delà les divisions politiques et linguistiques, le stand commun « Espace belge » arborait quatre drapeaux : celui du pays hôte (la France), celui de la Belgique, celui de la Flandre et celui de la Wallonie. (Photo : Guy Visele)

Pas moins de 74 entreprises, bruxelloises et flamandes ou wallonnes, représentant les PME « les plus importantes » du secteur, ont exposé sur le stand commun belge, qui couvrait plus de 1.200 2 m² dans le hall 2b, le hall principal du site du Bourget.

Chiffres et annonces importantes
Le Salon international de l'aéronautique et de l'espace, qui en est à sa 53e édition, demeure l'événement le plus important du genre au monde. Malgré un contexte économique incertain dû aux récentes tensions politiques (notamment entre les États-Unis et la Chine, la confrontation avec l'Iran et les incertitudes liées au Brexit), le salon, qui s'est tenu du 17 au 23 juin 2019, a attiré pas moins de 2 453 exposants, 140 aéronefs et 316 470 visiteurs (dont 139 840 professionnels). Le volume des commandes annoncées s'élevait à 140 milliards de dollars.

La présence de Boeing a été réduite en raison des difficultés rencontrées par le 737 Max, mais le constructeur américain a tout de même exposé et fait la démonstration du Boeing 787-9 aux couleurs d'Air Tahiti NUI (N1015X Future F-OVAA MSN 62170) pendant le vol. (Photo : Guy Visele)

Les grincheux diront que c'est moins que les autres années, et que les répercussions des deux accidents du Boeing 737 Max ont provoqué une accalmie dans la traditionnelle guerre médiatique entre les deux géants du secteur (Airbus et Boeing).

Le duopole Airbus-Boeing
Cela n'a pas empêché plusieurs annonces importantes, notamment le lancement et les premières commandes, nombreuses, de la version long-courrier Airbus A321neo XLR, ainsi qu'une déclaration d'intention surprise concernant l'acquisition de 200 Boeing 737 Max auprès du groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling et Level). Une négociation de prix opportuniste et habile a permis au constructeur de Seattle de sauver son pari, qui n'avait pas été en mesure de préciser la date potentielle de recertification de son bimoteur, celle-ci dépendant principalement des États-Unis et d'autres pays clients.

Airbus a présenté l'A330-900 NEO aux couleurs de Thai Air Asia Low-Cost (F-WWTG Future HS-XJA MSN 1901). (Photo : Guy Visele)

Sur le long-courrier, l'arrêt imminent de la production de l'Airbus A380 a recentré l'attention sur les dernières versions de ces deux appareils proposés par les constructeurs concurrents. Airbus disposait ainsi de l'A350-1000 et de l'A330neo, ainsi que de l'A321LR, première version long-courrier de la série.

La même rivalité oppose les deux géants du transport et du ravitaillement en vol. Boeing avait amené le premier KC-46A Pegasus à Paris, livré à l'US Air Force (15-6009 Boeing 767-2LK de 22 et 931 ARW). (Photo Guy Visele)

Pas de maximum chez Boeing, mais à côté d'un 787-9 d'Air Tahiti NUI, la conversion cargo du Boeing 737-800 aux couleurs d'Amazon Airline (Prime Air) était présente, ainsi que l'un des premiers KC-46A (version MRTT du Boeing 767-200 et avec un cockpit dérivé de celui du B787) livré à l'US Air Force.

L'Airbus A321XLR possède une autonomie de 4 700 milles nautiques (700 milles nautiques de plus que la version A321LR) et une capacité de 180 à 244 passagers. La compagnie de lancement est MEA Middle East Airlines (Liban), et à la fin du salon, les commandes annoncées s'élevaient à plus de 240 appareils pour dix clients. Sa mise en service est prévue pour 2023.

Cela se passe dans les régions
Dans le secteur de l'aviation régionale, ATR a annoncé 100 commandes pour ses biturbopropulseurs et le lancement d'une version à décollage court de son ATR-42. Embraer a décroché un contrat avec KLM pour pas moins de 35 Embraer 195 E2, dont un prototype a été exposé et a effectué une démonstration en vol lors du salon.

Embraer a présenté la version E2 de son jet EMB-195 arborant une superbe livrée « Profit Hunter » ornée d'une tête de lion sur le fuselage avant (PR-ZIQ Embraer 195-E2 (modèle 190-400std) MSN 19020041). L'industrie belge, et notamment Sonaca, est l'un des principaux fournisseurs de composants structuraux. (Photo : Guy Visele)

Bombardier poursuit sa séparation d'avec ses programmes d'avions commerciaux. La série C a été acquise par Airbus l'an dernier et commercialisée sous le nom d'Airbus A220. Le Dash 8 biturbopropulseur est désormais produit par le groupe canadien Longview Aviation (qui avait déjà acquis les droits du DHC-6 Twin Otter et du CL-415, produit par sa filiale Viking Air) et rebaptisé Havilland Canada DHC-8, comme à ses débuts.

Bombardier a vendu son programme Dash 8 biturbopropulseur à Longview, qui avait déjà acquis la famille Twin Otter pour sa filiale Viking Air. Le DHC-8-402 VT-SQI, MSN 4596, arborait la livrée de la compagnie indienne SpiceJet. (Photo : Guy Visele)

Les rumeurs de négociations en cours pour la revente du programme d'avions régionaux CRJS de Bombardier (anciennement Canadair) au constructeur japonais Mitsubishi progressaient bien. Cependant, la confirmation de cette revente a dû attendre quelques semaines après le salon. Le nouveau MRJ Jet, rebaptisé M 90 SpaceJet, était présent malgré les échéances du programme de certification et souffrait d'un manque de crédibilité quant à la capacité du constructeur japonais à développer les autres qualités nécessaires pour séduire les clients. La transaction avec Bombardier permet à Mitsubishi de regagner l'expertise qui lui faisait défaut en matière de maintenance, de service après-vente et de marketing. Une quarantaine de CRJ restent à livrer d'ici fin 2020.

Le constructeur japonais Mitsubishi a dévoilé la nouvelle version M-90 SpaceJet de son avion de ligne régional long-courrier certifié Jet to Certification (JA23MJ, MSN 10003). Les rumeurs concernant l'acquisition par Bombardier du dernier programme d'avions commerciaux du groupe canadien (CRJS, Born Canadair Regional Jet) ont été confirmées peu après le salon. (Photo : Guy Visele)

Nous avons remarqué la présence d'un hélicoptère Airbus Helicopters H175 aux couleurs de NHV. Cet opérateur belge, basé à Ostende, possède plus de soixante hélicoptères dans le monde et est le plus important client civil du H175, avec douze appareils livrés. Cela n'a pas empêché l'annonce, lors du salon, d'une commande de deux Agusta Westland (désormais Leonardo) AW169. Les livraisons sont prévues pour 2019 et 2020. Ils seront utilisés par NHV pour des opérations de transport offshore au Royaume-Uni et en mer du Nord. Cette nouvelle commande porte à cinq le nombre total d'AW169 acquis par le groupe NHV. Les trois premiers sont déjà en service en Norvège chez Airlift AS, filiale de NHV, pour le transport des pilotes de port.

Airbus Helicopters a exposé un H175 aux couleurs de NHV. Le groupe belge exploite pas moins de douze H175, à la fois directement et par l'intermédiaire de ses filiales. L'appareil exposé (F-WWOF MSN 5042) devrait être livré avant la fin de l'année. (Photo : Guy Visele)

Le Bourget est aussi, il ne faut pas se leurrer, un marché de l'armement. Malgré le peu de démonstrations de vols de combat, plusieurs nouveaux programmes ont été dévoilés.

SCAF ou FCA, le système de combat aérien européen du futur
Le jour de l'inauguration officielle, le président français Emmanuel Macron, accompagné des ministres de la Défense allemand, espagnol et français, a signé un accord portant sur le développement conjoint du futur système de combat aérien (SCAF). Le SCAF combine trois éléments : un nouvel avion de chasse, une nouvelle génération d'armements et des drones, notamment des véhicules autonomes interconnectés, ainsi que des avions radar et ravitailleurs pour appuyer les chasseurs. L'Espagne, déjà partenaire du programme Eurofighter Typhoon, vient de rejoindre le projet. Outre cette réunion de trois États européens clés, un accord a également été conclu entre Dassault et Airbus pour développer conjointement ce projet en partageant leurs compétences. Dassault est responsable du développement de la plateforme de vol du système, le « New Generation Fighter » (NGF), dont la maquette grandeur nature a été dévoilée en grande pompe.

La maquette grandeur nature du New Generation Fighter (NGF), développé par Dassault, représente l'élément « avion de combat » du système de combat aérien européen du futur, un programme auquel l'industrie belge souhaite participer. (Photo : Guy Visele)

Concernant les fonds liés au Brexit, la nouvelle est mauvaise pour le projet britannique Le Tempest, lancé par British Aerospace Industry. Les Turcs ont également créé la surprise en dévoilant une maquette grandeur nature de leur avion de chasse de cinquième génération, le TF-X de Turkish Aerospace Industry. Il s'agit de la réponse de la Turquie à la menace de non-livraison des F-35 commandés, une situation que les États-Unis ont mal vécue, notamment la possession par l'armée ottomane du système antiaérien russe SA-400.

Propulsion électrique recommandée
Mais le salon était également tourné vers l'avenir et présentait de nombreuses nouveautés dans le domaine des aéronefs électriques et/ou hybrides, ainsi que des dérivés de drones à décollage et atterrissage verticaux électriques (EVTOL), destinés à la « mobilité aérienne urbaine ».

La révolution électrique est en marche, et à Paris, on sentait le passage de l'ère des pionniers à celle de projets plus ambitieux, qui attirent désormais officiellement les grands acteurs du secteur. On assiste à un phénomène comparable à l'engouement du début du siècle pour les start-ups informatiques, rachetées par de grands groupes en quête d'idées novatrices.

Airbus a dévoilé l'un de ses démonstrateurs EVTOL, un aéronef électrique sans moteur, l'Airbus VAH-001 Vahana (N302VX MSN 002). (Photo : Guy Visele)

Airbus et Boeing se sont tous deux engagés dans ce mouvement, développant des appareils issus de petites entreprises et de grands inventeurs. Airbus a présenté son démonstrateur statique, l'Evtol Vahana, équipé de huit moteurs électriques de 45 kW propulsant un maximum de rotors, et d'une aile basculante permettant à la fois le décollage vertical et le vol de croisière de type « avion ». La division Boeing Next du constructeur américain a quant à elle présenté son drone personnel Aurora Pegasus.

Du côté des moteurs, Rolls-Royce a annoncé l'acquisition de l'activité Moteurs électriques du constructeur allemand Siemens, s'offrant ainsi l'expertise et l'expérience du spécialiste européen du secteur.

Le vol israélien a permis de présenter le prototype d’« Alice », un trimoteur électrique d’une capacité de neuf passagers. (Photo : Guy Visele)

Le constructeur israélien Eviation a présenté le prototype Alice, un avion électrique trimoteur propulsé par des moteurs développés par Siemens. Le premier vol est prévu avant la fin de l'année. Cet appareil, aux lignes aérodynamiques, pourrait transporter jusqu'à neuf passagers sur une distance de 9 650 kilomètres. Construit en matériaux composites afin de compenser le poids de la batterie (qui représente un peu plus de 50 % du poids total de l'avion), l'Alice atteint une vitesse de croisière de 250 km/h.

Voltaero, créée par deux pionniers de l'aviation électrique, Jean Botti et Didier Esteyne, à l'origine de l'e-fan présenté par Airbus en 2015, a dévoilé une maquette grandeur nature de son avion hybride. Basé sur un Cessna 337 bimoteur à configuration push-pull, cet appareil remplace le moteur avant par un compartiment de batteries, tandis que le moteur arrière est hybride : le moteur thermique recharge les batteries alimentant les deux moteurs électriques de 60 kW, traditionnellement installés à l'avant de l'aile, et un troisième moteur électrique est installé à côté du moteur thermique.

Voltaero a présenté son projet d'avion hybride (moteur conventionnel + trois moteurs électriques) développé à partir d'une cellule de Cessna 337. (Photo : Guy Visélé)

Le principal problème de la propulsion électrique réside dans le poids des batteries. En attendant les résultats des recherches visant à réduire ce poids, plusieurs concepteurs ont opté pour la voie de l'hybride-électromécanique, à l'instar du secteur automobile.

Le marché des véhicules électriques (EVTOL) et autres véhicules de mobilité urbaine (UMV) devrait dépasser les 200 milliards de dollars d'ici 2030. Pas moins de 125 concepts sont en développement, et les constructeurs aéronautiques traditionnels (Airbus, Boeing, Bell, Embraer et Safran notamment) rejoignent des entreprises comme Intel, Amazon, Honda, Toyota et Uber pour explorer ces concepts. La transition vers les aéronefs électriques s'accélère, même si nous sommes encore loin de modèles opérationnels, mais le monde change, notamment sous l'impulsion de ces nouveaux acteurs.

Des Belges dans le salon
La récente commande belge de F-35 de Lockheed Martin, destinés à des « non-Européens », a suscité des remous en France. Malgré la volonté politique du gouvernement belge de participer financièrement au programme d'avions européens du futur (SCAF ou FCA), la Belgique ne fait pas partie du premier partenariat trinational. L'ensemble du secteur aéronautique belge et les associations qui le représentent ont publié un communiqué de presse commun réaffirmant leur souhait de participer à ce programme européen et rappelant que le gouvernement belge a amputé le budget des F-35 de 300 millions d'euros. Les associations signataires (BAG – Brussels Aviation Group, EWA – Walloon Companies of Aeronautics, Flag – Flamand Aerospace Group et Industrie (ASCO, BMT, Patriot Belgium Engine), SABCA, Safran Aero Boosters et Scioteq (anciennement Easterline, anciennement Barco)) demandent au futur gouvernement belge d'assumer ses responsabilités.

La décision tardive de la Belgique d'adopter le F-35 n'a pas permis à l'industrie de négocier un retour sur investissement à la hauteur du montant de la commande (près de 4 milliards d'euros). Dassault a décidé de se retirer de SABCA, dont elle détenait 96 %, après avoir racheté la participation de Fokker. L'entreprise recherche donc un acquéreur pour les actions du constructeur français.

D'autres restructurations importantes ont eu lieu ces derniers mois dans l'industrie aéronautique belge : suite au rachat d'ASCO par American Spirit, le Belgian Engine Center, spécialisé dans la maintenance des moteurs d'avions de chasse, a été cédé à la société finlandaise Patria. Ces opérations n'entravent en rien le dynamisme et la valeur, reconnus internationalement, de l'expertise de notre industrie aéronautique.

Plusieurs aéronefs exposés comportent d'importants composants belges. L'Embraer KC-390, avion de transport militaire, premier appareil de série destiné à l'armée de l'air brésilienne, a été présenté et a fait l'objet d'une démonstration en vol. Il est équipé de becs de bord d'attaque (gouttières fendues) développés et construits par ASCO (www.asco.beFournisseur de pièces pour les deux plus grands constructeurs aéronautiques mondiaux, Airbus et Boeing, ASCO est également présent dans de nombreux autres programmes industriels (Bombardier, Dassault, Embraer) et militaires (Airbus A400M, Lockheed-Martin F-35 JSF).

Sur son stand, FN présentait une maquette du Bell 206-OH-58 Kiowa, équipée de différents systèmes d'armement développés et intégrés par le constructeur liégeois. Ici, le MEP (Medium External Pintle) avec une mitrailleuse M3M MK3+. (Photo : Guy Visele)

FN Herstal (www.fnherstal.comFN-Herstal est spécialisée dans la conception, la fabrication et l'intégration de systèmes d'armes pour hélicoptères et avions subsoniques. Un exemplaire de la version militarisée du Bell 206, l'OH-58 Kiowa, entièrement armé par FN, était exposé sur le stand. Chez Airbus Helicopters, on pouvait également voir la version militarisée H145M, arborant les couleurs de l'armée slovène et équipée de mitrailleuses, de lance-roquettes et de munitions FN. À travers le monde, près de 3 000 hélicoptères et avions subsoniques équipés d'armements FN-Herstal sont en service.

sabka (www.sabca.beL'entreprise belge [Nom de l'entreprise] possède une importante activité de MRO&U (maintenance, réparation, révision et modernisation) et est devenue un spécialiste reconnu du F-16 (voir l'article de HF du 14 avril 2019). Elle compte parmi les rares centres de maintenance des F-16 de l'US Air Force et s'engage à développer ses activités dans ce secteur. C'est au Mondial de l'Automobile de Paris que l'entreprise belge a signé un important accord de coopération avec la société américaine Borsight. Les deux entreprises ont uni leurs forces pour répondre à la demande de services de maintenance et de réparation des F-16 sur le site de Borsight à Ogden, dans l'Utah. La complémentarité et l'expertise reconnue des deux entreprises permettront à l'équipe de proposer la solution la plus compétitive à l'US Air Force, un marché potentiel estimé à 900 millions de dollars. L'accord de coopération a été signé au Mondial de l'Automobile de Paris en présence du gouverneur de l'Utah, Gary Herbert.

Signature de l'accord de partenariat avec Borsight le 17 juin 2019 sur le stand de la SABCA. De gauche à droite : Brad Bullard, PDG de Borsight, Gary Herbert, gouverneur de l'Utah, et Thibauld Jongen, PDG du groupe SABCA. (Photo SABCA)

SABCA, qui fêtera son centenaire l'an prochain et bénéficie de plus de 40 ans d'expérience dans la maintenance, la réparation et la modernisation des avions F-16 pour les forces aériennes européennes et américaines, s'engage dans une collaboration à long terme et explorera également de nouvelles opportunités commerciales sur les marchés axés sur le maintien de la capacité opérationnelle des flottes d'avions de défense. Suite à un récent renforcement de sa présence en Afrique du Nord (Maroc), ce nouveau partenariat, qui a permis à SABCA de s'implanter aux États-Unis, s'inscrit dans une stratégie d'expansion plus large axée sur la gestion des flottes et de leur cycle de vie.

SABCA a présenté un prototype de drone développé en interne et a démontré son expertise et ses investissements dans ce nouveau secteur prometteur. (Photo : Guy Visele)

Au service des plus grands constructeurs mondiaux, SABCA conçoit, développe, fabrique et assure la maintenance de composants et de systèmes pour aéronefs et lanceurs. Plus récemment, l'entreprise s'est développée dans le secteur des drones, opérant à la fois depuis l'ancien aérodrome militaire de Saint-Trond-Brustemt et ses installations de Charleroi.

Le prototype de drone SABCA X8 était exposé sur le stand. Il possède un poids maximal au décollage de 25 kg, une autonomie de 30 km et une vitesse de croisière de 70 km/h. Il est doté de capacités de vol autonome (décollage, croisière et atterrissage automatiques).

Sabena Aerospace (www.sabena-aerospace.com) a signé lors du salon la prolongation de son « accord de centre de service C-130 » avec Lockheed Martin pour une période de dix ans après le retrait du dernier C-130 de l'armée de l'air belge.

L'US Air Force a exposé deux Hercules : un C-130J-30, numéro de série 11-5736 et numéro de série de maintenance 5736, décoré des « bandes d'invasion » pour commémorer le 75e anniversaire du débarquement de Normandie. Le LC-130H, numéro de série 76-3301 et numéro de série de maintenance 4725, était équipé de skis et a été utilisé en Antarctique par la Garde nationale aérienne de New York pour le compte de la National Science Foundation. Sabena Aerospace, spécialisée dans la maintenance, la réparation, la révision et la modernisation de ces appareils, a prolongé son agrément constructeur auprès de Lockheed-Martin, ce qui lui permet de continuer à proposer ces services aux nombreux utilisateurs d'Hercules à travers le monde. (Photo : Guy Visele)

Sabena Aerospace est fière d'être la première entreprise à signer un contrat de sûreté essentielle (ESI) avec Lockheed Martin, lié à la vente du F-35 à la Belgique. Ce contrat permettra à Sabena Aerospace d'effectuer des opérations de maintenance, de réparation et de révision (MRO), ainsi que d'autres activités relatives au C-130H dans les années à venir. Forte de plus de 40 ans d'expertise, Sabena Aerospace propose ses services C-130H à ses clients actuels et futurs. La signature de cet accord consolide et renforce la contribution de l'entreprise belge au marché mondial du soutien technique pour les aéronefs militaires.

Occar et MMF
L'un des programmes clés pour l'industrie aéronautique belge est l'Airbus A400M, commandé par la Belgique (7 appareils) et le Luxembourg (1 appareil). Après deux ans de négociations, un accord a été trouvé entre le constructeur et les États clients pour résoudre les différends liés aux retards de livraison et aux difficultés rencontrées par le constructeur pour remplir l'ensemble des missions initialement définies.

Le mécanisme de rails de volets de l'A-400M exposé sur le stand SABCA témoigne du savoir-faire de notre industrie et de sa contribution à ce programme européen. (Photo : Guy Visele)

L'OCCAR (Joint Armament Cooperation Organization), qui gère le programme multinational A-400M pour les clients de lancement (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Luxembourg, Royaume-Uni et Turquie), a signé un accord avec Airbus Military le 14 juin 2019. Le programme sera déployé progressivement jusqu'en 2030, permettant ainsi de proposer l'appareil à de nouveaux clients à l'export, avec des délais réalistes et des livraisons (et donc des paiements) échelonnés pour les clients de lancement. Le calendrier de développement des capacités opérationnelles a également été ajusté, de même que la modernisation des appareils déjà livrés afin de les mettre aux normes finales.

Compte tenu de l'importance de ce programme pour les industriels belges qui y participent, cette nouvelle ne peut être que rassurante.

La France a annoncé lors du salon sa collaboration avec le MMF pour la mise en commun des Airbus A330 MRTT de différentes forces aériennes européennes participantes, dont la Belgique (un appareil commandé et trois en option). Deux Airbus A330-243MRTT ont été présentés, dont le F-UJCG, numéro de série 041 et MSN 1735. (Photo Guy Visé)

Lors d'un autre accord de coopération européenne signé au salon, la France et les partenaires (Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège et Pays-Bas) de la flotte multinationale de ravitailleurs et de transport multirôles (MMF) ont signé une lettre d'intention visant à renforcer leur collaboration sur l'exploitation de leurs flottes d'Airbus A330 MRTT. Pour rappel, la MMF a commandé huit A330 MRTT (avec treize options), tandis que la France en a commandé douze, dont deux étaient présents au Bourget. La Belgique en a commandé un, assorti de trois options.

Participation significative des PME
Outre les incontournables du secteur, un grand nombre de PME ont également exposé au Mondial de l'Auto de Paris, remportant quelques succès et nouant de nouveaux contacts, dans l'espoir de futures retombées économiques.

De nombreuses PME belges, hautement spécialisées dans des domaines de pointe, ont présenté leur savoir-faire sur le stand « Belgian Space ». Le stand de Bruges (ONU), animé par du personnel, présentait des programmes de certification avionique automatisée qui ont suscité l'intérêt d'Airbus et de Boeing. (Photo : Guy Visele)

(a) Avec équipage (www.unmanned.aeroLa société SOL, spécialiste en « Intelligence Certifiée », a présenté ses programmes de certification avionique automatisés pour aéronefs et drones. La technologie SOL, développée par cette PME belge (implantée à Bruges), permet de réaliser 80 % d’économies de temps, de budget et de risques par rapport aux méthodes conventionnelles de développement logiciel, d’intégration matérielle et autres tâches connexes. Approuvée par plusieurs organismes de certification (EASA, FAA et CAAI), SOL améliore significativement le processus de développement avionique. Airbus et Boeing ont tous deux manifesté leur intérêt pour ces solutions innovantes.

Par Skywin (www.kywin.beTrois projets wallons ont été sélectionnés par le programme de recherche européen CleanSky, notamment avec le Centre de recherche Cenaero (Gosselies), qui développe des services d'ingénierie et de logiciels (utilisant les plateformes Argo, Morteo et Minamo). La récente commande du ministère belge de la Défense pour quatre drones polyvalents Atomics MQ-9B Guardian a également généré des retombées positives pour les PME belges : ALX Systems (Liège) (www.alxsys.com), spécialisée dans l'intelligence artificielle (IA), St.-Truiden Airobot (développement d'opérations de drones et utilisation de l'IA pour l'interprétation d'images) et le géospatial Louvanist (logiciels et outils pour la visualisation des informations de localisation) ont tous bénéficié de contrats de collaboration.

L'expertise reconnue de l'industrie aérospatiale belge et le dynamisme de ses dirigeants lui ont permis de se positionner comme sous-traitant pour la quasi-totalité des grands constructeurs mondiaux. Cette situation profite également à de nombreuses PME en amont, qui doivent elles aussi investir pour répondre à la demande. Rappelons que l'industrie aérospatiale belge représente environ 7 000 emplois, majoritairement hautement qualifiés, et contribue de manière significative à l'économie belge.

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Photo de Guy Viselé

Guy Viselé

Pilote privé et lieutenant-colonel réserve de la force aérienne belge, passionné d'aviation, ses débuts dans la carrière aéronautique publique. Votre passe ensuite vingt ans chez Abelag Aviation où il termine comme Executive Vice-President. Après dix ans comme parole de Belgocontrol, il devient consultant pour l'EBAA (European Business Aviation Association). Journaliste indépendant qui collabore avec des revues aéronautiques belges et rejoint Hangar Flying en 2010.