Championnats nationaux belges de glisse 2019

Le superbe ASH-26 E de Geert Van Duyse.

Saint-Hubert, le 18 mai 2019. La magnifique plateforme de Saint-Hubert est en pleine effervescence, le Centre national de vol à voile (CNVV) accueillant une nouvelle fois les Championnats de Belgique. Lors de l'OBGN 2018, nous avons présenté en détail cette compétition, qui réunit les meilleurs pilotes belges et quelques participants étrangers. Pour en savoir plus sur ce type de compétition, nous invitons nos lecteurs à : cet article consulter.

Affiche de l'événement.

Une organisation bien huilée
L'organisation générale du championnat a de nouveau été confiée au Centre National de Vol à Voile, sous la direction dynamique de Michel Pihard. Il est assisté de Quentin Tendyck, qui assure également la fonction de marqueur en chef – une tâche rendue plus complexe cette année par certains changements de procédures locales, que nous aborderons plus loin. L'expérience de Baudouin Litt a également été sollicitée en tant que directeur de course, secondé par Philip Van Ishoven et Olivier Brialmont. Le jury de cette année compte une femme, Eline Leurs, qui travaille avec Pierre De Broqueville et Laurent Marenne (secrétaire de la Fédération des Clubs de Vol à Voile francophones). Eline est pilote de NH 90 Caïman dans la composante aérienne et ancienne cadette de l'air belge.

Quentin Tendyck, directeur adjoint du concours, marqueur en chef et pilote de dragster.

Baudouin Litt lors de la réunion d'information du matin, le premier jour. (Photo : Franz Bertrand)

Bien que l'organisation de l'événement sportif soit bien rodée, la logistique a failli être compromise par la fermeture de l'hôtel-restaurant « Les Cent Ciels » fin 2018. L'aéroport a récemment été repris par la ville de Saint-Hubert, qui recherche de nouveaux gestionnaires. Mais cette situation était due à l'absence d'une équipe de bénévoles, menée par Josette Protin, qui a tout organisé pour offrir aux participants et à leur personnel d'encadrement le meilleur confort possible pendant une semaine. Ils sont trop nombreux pour être cités ici, mais leur dévouement mérite d'être salué, car un championnat sans hébergement ni convivialité est comme une soupe sans sel.

Les bénévoles méritent amplement nos remerciements. (Photo : Franz Bertrand)

La « grille » le matin du 23 mai.

Les pilotes remorqueurs s'alignent pour le décollage.

Évolution technologique et risque accru de collision
Depuis les trois derniers championnats du monde, et notamment celui de 2018 en Pologne, de nombreux compétiteurs se plaignent d'un risque accru de collisions en vol. En 2005, les premiers « Flarms », un système anticollision efficace et abordable, ont fait leur apparition. Leur succès a été immédiat : près de 15 ans plus tard, plus de 50 000 dispositifs étaient en service. Ils sont devenus obligatoires dans de nombreuses régions et pays, ainsi que lors des championnats IGC (Commission internationale de vol à voile de la FAI).

Emiel De Wachter de KACK se prépare à partir dans son LS 8.

Michel Pihard, directeur de la compétition et président de la FBVV, est actif sur tous les fronts.

F. De Groote, 2e du club, et son Standard Libelle 201B WL. (Photo : Franz Bertrand)

En 2004, un groupe de passionnés a créé l'Open Glider Network (OGN), qui a connu un succès fulgurant avec plus de 1 000 stations de suivi interconnectées. L'OGN est devenu un système de suivi indispensable lors des compétitions, grâce à une multitude d'applications telles que Flarm, Pilot Aware, OGN Tracker, Flight Radar, et bien d'autres. Le vol tactique s'est généralisé et les conflits sont rapidement apparus. L'avantage tactique au départ est indéniable, car les systèmes de suivi offrent une vue d'ensemble complète de la zone de départ, des zones de concentration et surtout des meilleurs concurrents, de leur décollage et même de la puissance de leur première poussée. Flarm a ainsi vu son utilité initiale s'amenuiser, certains pilotes passant plus de temps à scruter leur écran ou leur carte mobile qu'à regarder hors du cockpit, allant jusqu'à débrancher leur appareil ou même à masquer les antennes pour réduire leur portée et leur visibilité. Le vol groupé et le suivi intempestif ont engendré un grave problème de sécurité, augmentant le risque de collisions et pouvant nuire à la qualité globale des vols et à l'équité. Le risque de collision est bien réel, comme en a témoigné un ami. Le 23 mai, il a parcouru près de 300 km en dehors de la compétition et s'est retrouvé à un moment donné au milieu d'un groupe de concurrents volant à grande vitesse entre deux points de virage, avec un Flarm en descente. Ce problème fait l'objet de nombreuses discussions au sein de l'IGC afin de trouver des solutions et de redonner au Flarm sa fonction initiale, notamment en séparant la fonction d'évitement de collision de la fonction de suivi.

Le décollage autonome du DG 400 de Nick Redant (planeur de Lille) pendant le décollage.

Les pilotes de remorqueurs sont à pied d'œuvre. Voici le PZL 104 Wilga 35A français immatriculé F-HPZL.

Le magnifique ASH-26 E de Geert Van Duyse.

Modifications des procédures locales
Durant l'hiver, un groupe de travail de la commission de la concurrence de la FBVV, composé de Baudouin Litt, Bert Schmelzer, Pierre de Broqueville et Nick Fremau, a examiné la question et a soumis plusieurs propositions d'amendements au règlement de la concurrence. CIG/FAILors de la session plénière de l'IGC à Istanbul début mars, ces propositions n'ont pas été ratifiées, à l'exception de celle autorisant les pilotes à désactiver le mode « non-suivi » de leur Flarm ou leur identification OGN à leur discrétion. Les propositions du groupe de travail ont été mises à l'essai dans le cadre des procédures locales du championnat belge, et plus précisément des procédures de décollage qui instaurent des délais entre les décollages effectifs et les décollages interrompus. Les pilotes disposent d'un bouton « déclenchement » sur leur enregistreur de vol qui indique leur intention de décoller. Le décollage doit avoir lieu dans les deux minutes ; à défaut, ils doivent attendre quinze minutes avant de pouvoir redécoller. De nouvelles règles concernant l'altitude d'arrivée ont également été introduites. D'après les concurrents, ce test semble concluant et suscite l'intérêt des fédérations étrangères, qui pourraient soutenir les propositions belges lors de la prochaine réunion IGC/FAI.

Pierre Roumet de Romorantin (F) au départ dans sa DG 800 à départ automatique.

Olivier Dupont et Chris De Coninck avec leur ASG32-MI.

Brigitte Brüning du LSV Dinslaken (Allemagne), seule participante féminine avec son pilote Sigi Baumgartl sur un Arcus T.

La compétition
Mais revenons à la compétition elle-même. Cette année, 41 pilotes se sont inscrits dans trois catégories : 6 en catégorie « club », 24 en catégorie « standard » 15 m/20 m et 12 en catégorie ouverte 18 m. Un pilote était absent : le jeune Thomas Leduc, sélectionné pour les championnats du monde juniors, qui consacre ses vacances à l’entraînement.

La météo de fin de semaine du 18 mai n'était pas prometteuse. Finalement, hormis les essais annulés les 19 et 25 mai en raison du mauvais temps, tous les jours ont été propices aux vols et les essais validés. Des circuits de différents types ont été effectués dans les espaces aériens belge, allemand et français, sur des distances moyennes comprises entre 150 et 300 km selon les conditions météorologiques, et atteignant près de 500 km le jeudi 23 mai, sous un soleil radieux.

Entrée en « passage bas » de Maxime Alexandre (ACRA) dans son LS 8.

Entrée basse de Daan Spruyt, 3ème dans la classe standard, en ASW 27.

Le classement final est le suivant :
Classe Club :
1 Bart LEYSEN (KAC) ASW 20F 3 314 pts
2 Frédéric De Groote (BZC) Std.2 Libelle 201 WL 2.994 pts
3 Philippe Billuart (ACUL) Discus B 2.849 pts

Classe standard /15m/20m
1 Robbie Seton (KACK) LS 8a 3 456 pts
2/1°Denis Huybrechts (AAPCA Fayence) LS 8 3.419 pts
3/2° Jeroen Jennen (KACK) LS 8 3.392 pts
4/3° Daan Spruyt (VZ Phoenix) ASW 27 3.393 pts
Robbie Seton, vainqueur du test et de nationalité néerlandaise, n'est pas éligible pour devenir champion de Belgique et occupe la première place du classement international open.

18 m/classe ouverte
1 Bert Schmelzer (KACK-LSV) Ventus 2cx T 4.215 pts
2 Tijl Schmelzer (KACK-LSV) Ventus 3T 3 899 pts
3 François Delfosse (ACUL) ASG29 E 3.594 pts

La supériorité des frères Schmelzer dans la catégorie des 18 m est frappante. Rappelons que Bert est devenu champion du monde de la catégorie standard en Finlande en 2014. Keiheuvel (KACK) demeure le berceau des champions.

Les frères Schmelzer avec François Delfosse, vainqueurs de l'épreuve des 18 m. (Photo : Franz Bertrand)

Une édition réussie de plus ! Félicitations aux organisateurs et aux participants, et merci aux bénévoles et aux commanditaires sans qui cet événement n’aurait pas pu avoir lieu. La date de l’édition 2020 est fixée.

Texte : Bob Verhegghen
Remerciements à : Michel Pihard, Baudouin Litt, Franz Bertrand
Photos : Franz Bertrand, Bob Verhegghen

Photo de Bob Verhegghen

Bob Verhegghen

Né au Congo en janvier 1952. Passionné d'avions militaires et de maquettes dès mon plus jeune âge. Auteur de nombreux articles historiques et ou de maquettisme sur la force Aérienne dans diverses revues et dans la revue KIT de l'IPMS Belgique. Vous êtes particulier pour les anciens planeurs, la Force Aérienne d'après-guerre et les T-6, (R) F-84F, et Mirage. Il est important de connaître l'exactitude et le détail des modèles. Pilote de planeur depuis 1977, instructeur avec près de 900 heures de full je suis copropriétaire de l'ASK-13 ex PL-66 des Cadets de l'Air (aujourd'hui D-3438) base à Temploux.