Anvers, Kinepolis, 24 février 2018. Le CAVOK est un phénomène rare en février. Pourtant, quelque 320 pilotes ont choisi de troquer une journée entière sous un ciel bleu azur contre une salle de cinéma obscure à Anvers. L'Association flamande des aéroclubs motorisés (VVMV) y a organisé sa première « Journée des pilotes ».
Les portes ont ouvert à 8 h, comme l'indiquait l'invitation. Une heure inhabituellement matinale pour un samedi matin, mais le loft du Kinepolis s'est rempli en un rien de temps, comme si le vortex polaire qui dominait notre région avait poussé tout le monde à l'intérieur dès l'aube : une agréable animation de cafés et de viennoiseries m'a accueilli.
L'acteur, pilote et présentateur Peter Van Asbroeck jouait un présentateur de journal télévisé des années 1950, en débardeur : un clip amusant en noir et blanc sur la situation à venir. Son public savait immédiatement à quoi s'attendre et pouvait se préparer à tout, sauf à une journée passée dans des fauteuils de cinéma paresseux. Le spectacle commençait par un quiz. Vingt questions sur la théorie du vol. Une ou deux étaient discutables, mais sinon, j'étais assez confiant dans mes réponses. À tort, comme la journée allait me l'apprendre.
Le premier intervenant était Thomas Peeters, de l'école de pilotage Euro Pilot Center. Il a parlé, comme il se doit, de la préparation au vol.
Ive Beeckmans, inspecteur chez Belgocontrol, était le deuxième sur la liste. Il avait construit sa présentation autour de quelques questions du quiz. Il est vite devenu évident que ma confiance en moi pour rendre les copies avait besoin d'être complètement revue. Les changements récents et moins récents de la réglementation aérienne impliquaient des réponses différentes de celles que j'avais obtenues depuis mon bachotage pour l'examen quelques années auparavant. Et bien sûr, les réponses précédemment correctes se cachaient également parmi les questions à choix multiples, comme un piège. L'intérêt d'une telle remise à niveau est immédiatement devenu évident, et mon investissement en temps a rapidement porté ses fruits.
Ce que j'ai particulièrement apprécié dans la présentation d'Ive Beeckmans, c'est son point de vue de contrôleur. Aucun participant n'oubliera de régler son transpondeur sur l'altitude. Sans cela, un contrôleur aérien ne pourra pas vous filtrer sur son radar. Les pilotes de ligne volant à des dizaines de milliers de pieds d'altitude doivent être guidés à moins de 5 milles nautiques, un véritable casse-tête aux heures de pointe !
Maxim Schelfhout, de Skylegs, a présenté une multitude de perspectives intéressantes sur le monde de l'avionique numérique et l'utilisation de tablettes et de smartphones pour la préparation du vol (masse et centrage), pendant le vol (navigation) et après (tenue du carnet de vol). Le complexe cinématographique Kinepolis s'est avéré particulièrement utile : sa contribution était richement illustrée par des images de plusieurs leaders du marché.
![]() | Des hôtesses, élégamment vêtues de leurs combinaisons VVMV, assurent le soutien logistique. Détendez-vous avec l'animateur Peter Van Asbroeck et son collègue acteur et pilote Lucas Van den Eynde. |
L'après-midi a été marqué par la présence d'intervenants issus principalement du Service public fédéral Mobilité. D'une part, Danny Kleijkens et Jelle Vanderhaeghe de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) et, d'autre part, Sam Laureys de la Cellule d'enquêtes sur les accidents aériens. M. Laureys a insisté sur l'indépendance de son service vis-à-vis de la DGAC.
Nous espérons ne jamais avoir à consulter physiquement ses dossiers, mais il était intéressant d'en comprendre le fonctionnement. Il est important pour nous, pilotes, de comprendre qu'ils ne mènent pas d'enquêtes criminelles, mais qu'ils enquêtent sur les causes des incidents ou des accidents afin de les prévenir à l'avenir. Les rapports finaux, et donc les enseignements tirés, sont disponibles en ligne.
Un point de sa présentation que je tiens absolument à retenir est que, lors du choix de l'altitude de vol, le temps de réaction en cas de panne moteur doit être la principale considération. Même le redémarrage d'un moteur en panne peut rapidement faire perdre de précieuses secondes. C'est pourquoi l'orateur a recommandé de voler suffisamment haut pour rester en vol pendant au moins deux minutes. Pour de nombreux avions, cela représente facilement 600 mètres ou plus. Être attentif au vent local tout au long du vol est un autre facteur qui peut contribuer à la réussite d'un atterrissage d'urgence.
Les intervenants de la DGLV ont également abordé la prévention des accidents, notamment les violations de l'espace aérien. Heureusement, seul un nombre limité d'incidents aboutissent à des accidents. Il est toutefois regrettable que ces incidents soient encore sous-déclarés et, bien sûr, ne puissent pas faire l'objet d'une enquête. Ces incidents fournissent également des informations précieuses sur les causes ou les facteurs contributifs. En s'attaquant à ces problèmes, par exemple en sensibilisant les pilotes, nous espérons prévenir de futurs accidents. Chacun devrait donc signaler ces incidents. Mais pour l'instant, cette culture fait défaut. Le signalement peut se faire de manière totalement anonyme via www.aviationreporting.eu.
La conférence finale a été donnée par Thierry Olbrechts de Siemens. La multinationale allemande, connue non seulement pour ses aspirateurs et ses machines à laver, possède également un département à Louvain où sont développés des logiciels pour toutes sortes de simulations.
En collaboration avec l'entreprise européenne Airbus, Siemens investit massivement dans les moteurs d'avion électriques afin de développer des avions de ligne hybrides et même de les certifier d'ici 2030 pour les vols commerciaux, entre autres. Une équipe de 200 ingénieurs y travaille !
Le deuxième quiz, en fin de journée, comportait exactement les mêmes questions que celui du matin. Les résultats étaient similaires, avec une amélioration globale d'environ 55 %. Un gagnant a été désigné parmi tous les participants ayant obtenu les meilleurs résultats dans les deux sections. Il a remporté un billet pour l'excursion VVMV à Aero Friedrichshafen le 21 avril. Vous pouvez toujours vous inscrire à cette excursion d'une journée au plus grand salon européen de l'aviation générale. Toutes les informations sont disponibles sur www.vvmv.be.
Félicitations à toute l'équipe de VVMV pour l'organisation de cet événement ! J'ai ensuite discuté avec des connaissances néerlandaises, qui ont dû admettre que l'organisation était d'un niveau supérieur à ce que l'Association néerlandaise des propriétaires et pilotes d'avions (AOPA) est capable de réaliser.
C'est dommage qu'en Belgique nous ayons dû attendre si longtemps pour qu'une association crée l'organisation faîtière des clubs d'aérodrome du pays et défende nos intérêts, mais le VVMV est en bonne voie pour combler rapidement cette lacune !
Et puis il y avait les absentes notables : un grand nombre de femmes. Tout au plus cinq ou six étaient présentes. Pour une prochaine édition, il faudrait absolument recruter davantage de femmes pilotes.
Texte : Peter Snoeckx
Photos : Paul Paeleman (VVMV)








