Grimbergen, le 21 janvier 2018. En 2017, j'ai rencontré le comte René-Michel de Looz-Corswarem lors des portes ouvertes annuelles de l'aérodrome de Saint-Hubert. Le comte m'a confié qu'il préparait un livre sur la vie de son père, le comte Arnold de Looz-Corswarem (né le 4 septembre 1895 et décédé le 25 octobre 1982). Il m'a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un ouvrage consacré à l'aviation, mais comme le nom de son père apparaît à plusieurs reprises dans l'histoire de l'aviation belge, j'en ai tout de même commandé un exemplaire. Le livre, intitulé « Lignes Droites », est paru depuis, et je l'ai beaucoup apprécié.
![]() | Conception de la couverture par Amicie de Chimay (www.mi7.be/printings.html). |
Dominique Van Impe, aujourd'hui chercheur renommé sur la riche histoire de l'aérodrome de Saint-Hubert, a notamment joué un rôle important dans la création de Lignes Droites. En février 2013, il adressa un courriel à René-Michel pour lui demander des informations sur l'Orta Saint-Hubert G1 OO-AKL et le Saint-Michel SG2 OO-GUI, qui avaient appartenu à Arnold de Looz-Corswarem. René-Michel commença alors à fouiller dans de vieux documents chez ses parents à Buvrinnes et y trouva tant de documents et de photos inédits et intéressants sur son père qu'il décida d'écrire un livre à ce sujet.
Le comte Arnold de Looz-Corswarem obtint sa licence de pilote en septembre 1927. Son nom figure parmi les fondateurs et directeurs de l'Aviation Club d'Anvers. En 1928, il devint directeur général du Club d'Aviateurs de Bruxelles. Ces deux clubs stimulèrent l'aviation de loisir dans ce pays.
Le comte Arnold de Looz-Corswaren participa à des rallyes aériens et pilota ses avions à l'étranger à plusieurs reprises. À partir de 1930, il commença à rechercher la route la plus courte et la plus rapide (Lignes Droites) pour une liaison aérienne entre la Belgique et le Congo. Dans Lignes Droites, on trouve des récits de ses voyages de Bruxelles à Oran puis à Bruxelles (mars/avril 1931), d'un voyage en Scandinavie (mai 1931) et de Bruxelles à Oran puis à Tunis puis à Bruxelles (juillet/septembre 1931). Les deux réunions d'aviation organisées dans sa propriété familiale de Buvrinnes (août 1932 et 1933) sont également mentionnées en passant.
Entre le 17 décembre 1934 et le 14 janvier 1935, il effectua son premier vol vers le Congo, au-dessus de la Libye, seul à bord d'un monomoteur Saint-Michel OO-GUI. Du 6 octobre au 1er novembre 1935, il réitéra ce vol à bord du bimoteur De Havilland Dragon OO-JFN. Il était accompagné de Louis-Jean Mahieu, propriétaire de l'appareil, et du commandant de bord Edgard d'Hoore.
Ses voyages au Congo sont exceptionnellement bien documentés, avec un matériel photographique sans précédent. Malheureusement, les photos, pourtant très intéressantes, sont parfois imprimées en trop petit format. Son premier voyage au Congo lui valut le Trophée du Mérite Sportif de 1935, remis par Adolphe Max, homme politique belge et bourgmestre de Bruxelles. En avril 1936, Arnold reçut également le Trophée National des Aviateurs Harmon. Le comte était un athlète exceptionnel. Il participa, entre autres, à une course hippique entre Spa et Ostende (280 km) et à des concours de saut d'obstacles.
Ce ne sont pas seulement les récits d'aviation de ce livre qui sont captivants. L'auteur a pu s'appuyer sur le journal de campagne de son père pour décrire ses expériences avec les Lanciers pendant la Première Guerre mondiale. Au-delà des récits parfois macabres, son intérêt pour l'aviation grandit visiblement, et il est impressionné par un vol en première ligne auquel il participe avec un Farman. Cependant, ses supérieurs ne l'autorisent pas à intégrer l'aviation militaire. Il passe une grande partie de sa carrière dans la cavalerie. Son frère Jean est tué au combat pendant la Première Guerre mondiale, et les autorités militaires ne veulent pas perturber davantage les parents d'Arnold en le formant au pilotage. Louise, la sœur d'Arnold, était pilote civile et pilotait l'avion de son père.
Ses expériences durant la Seconde Guerre mondiale sont également décrites en détail, notamment son internement dans un Oflag en Silésie. Ses activités au sein d'une organisation créée par la Fédération Aéronautique Internationale (FAI) pour retrouver les pilotes disparus au-delà des frontières nationales sont particulièrement intéressantes. L'histoire de sa quête, en 1945, de son ami disparu, le colonel Libbrecht, en Allemagne, même dans les camps de concentration, est particulièrement captivante. Libbrecht n'a pas survécu à sa captivité.
La question royale est également abordée, notamment sa loyauté envers Léopold III. Arnold fit une intervention pour le moins controversée au Parlement. En 1955, il fut élu membre de la National Geographic Society et, en 1957, il reçut le diplôme Paul Tissandier. Tout au long du livre, nous découvrons Arnold comme un patriote passionné, un homme modeste et intelligent, doté d'un grand sens de l'humour.
| Le comte René-Michel de Looz-Corswarem portant le casque d'aviateur de son père, photographié à l'aérodrome de Saint-Hubert en août 2017. (Photo : Frans Van Humbeek) |
L'ouvrage en français, préfacé par le prince Michel de Ligne, se conclut par une sélection de magnifiques photos et documents des archives de Looz-Corswarem. 310 pages, principalement en noir et blanc. ISBN 978-2-8052-0397-8.
Prix : 25 € (hors frais de port de 8 €). IBAN : BE46-0010-3439-2236, à l’ordre de René-Michel de Looz-Corswarem. Veuillez indiquer le prénom, le nom et l’adresse de l’acheteur.
Frans Van Humbeek


