Championnat de Belgique de voltige 2016 : un championnat sans champion

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Coxyde, le 20 septembre 2016. La voltige est un aspect particulièrement fascinant et spectaculaire de ce sport. Cette année, le Championnat de Belgique de voltige était organisé à la base aérienne de Coxyde par le West Aviation Club (WAC) et le Belgian Aerobatic Club (BAC). Cet événement marquait également le début d'un nouvel événement récurrent à Coxyde. Cependant, un petit bémol cette année : la faible couverture nuageuse.

Toutes les disciplines de l'aviation dépendent de la météo, et la voltige aérienne ne fait pas exception. En raison de la faible couverture nuageuse, les participants au Championnat de Belgique ont vu leurs vols limités. Le samedi soir a été la seule période de clarté de ces quatre jours d'événement, et plusieurs pilotes ont tout de même réussi à terminer leurs programmes. Les centaines de spectateurs qui avaient attendu toute la journée ont enfin pu profiter de l'action, avec également une démonstration de The. diables Rouges de la Force Aérienne Belge. Les spectateurs ont pu assister de près au départ des pilotes le long de la voie de circulation de la base aérienne.

Les deux présidents organisateurs, Johan De Block (West Aviation Club) et James Kenny (Belgian Aerobatic Club), reviennent avec satisfaction sur le Championnat de Belgique. Une deuxième édition aura lieu à Coxyde l'année prochaine.

Boîte acrobatique

Les figures acrobatiques du championnat pouvaient être suivies à près de 700 mètres de distance. Une distance considérable, notamment parce que le centre de la zone de voltige se trouvait à l'intersection des pistes de Koksijde. Cette zone de voltige est une boîte virtuelle d'un kilomètre cube, marquée au sol, commençant 100 mètres avant le illimité classe jusqu'à 500 mètres pour le sportif Classe. Toutes les figurines sont placées dans la boîte. Les participants des quatre catégories différentes (sportif, intermédiaire, avancé en illimité) réaliser deux programmes différents : une séquence connue et une séquence inconnue de figures acrobatiques.

En raison de la faible couverture nuageuse, les vols n'ont pu débuter qu'après 16 h samedi. La foule nombreuse a été tenue informée de la situation grâce à des panneaux d'information.

Jury

Chaque figure commence par une note de 10 sur 10, et les juges, assis au bord de la boîte, déduisent des points en fonction de leurs observations. Pour chaque 5 degrés d'erreur dans un mouvement ou pour un vol non parfaitement vertical, des déductions sont appliquées. Voler trop haut ou trop bas entraîne également des déductions, tout comme quitter la boîte. Wim Soens, premier pilote belge de voltige à monter sur le podium des Championnats du monde de voltige en Pologne, sait que les déductions font la différence (voir aussi la newsletter de septembre, ndlr) : « Le résultat final aux Championnats du monde a été extrêmement serré, avec un total de 7 500 points. Les cinq premiers étaient incroyablement serrés au classement. Lors de mon troisième vol, j'ai brièvement quitté la boîte : 20 points ont été déduits. Sans cela, je serais aujourd'hui champion du monde ! »

Sur la plupart des avions de voltige, on trouve un tel dispositif de visée sur l'aile gauche. Son aspect est un peu étrange, mais il permet au pilote de maintenir une référence visuelle avec l'horizon pour voler à l'angle parfait, vertical, horizontal ou à 45°. Tout écart entraînera des points de pénalité.

Pas de champion belge…

Le championnat de Belgique ouvert de cette année n'a cependant pas permis de décerner de champion. Normalement, un titre de champion se dispute sur quatre vols. En raison des conditions météorologiques mentionnées ci-dessus, moins de vols ont été possibles, mais la compétition a tout de même eu lieu. Le jury a rendu son verdict lors de la cérémonie de remise des prix dimanche soir : le vainqueur général est le champion du monde en titre, Alexandre Orlowski (80,61 %), de France, suivi de Laurent Vannieuwenhove (76,80 %), Kristof Cloetens (75,79 %), Wim Soens, Scott Menten, Jan Nijhof, Cirial Talon, Gerrit Nijs, Martijn Kersten, Benoit Dierickx, Etienne Jacqué et Etienne Verhellen.

Comment un pilote de voltige sait-il voler ? Grâce aux figures Aresti : un système de lignes, de flèches, de figures géométriques et de chiffres. Ce système doit son nom à l'instructeur de voltige espagnol qui a développé ces figures dans les années 1960. 

Une deuxième édition

Le conseil d'administration du West Aviation Club a tenu une brève réunion avec le Club belge de voltige après le championnat. Le bilan initial a été positif et une deuxième édition aura lieu à Coxyde le premier week-end de juillet 2017. Attention : un championnat belge n'est pas un meeting aérien destiné à divertir le public, mais une compétition visant à désigner le meilleur pilote.

James Kenny, président du BAC, se réjouit également de la mise en place d'un partenariat à long terme. Le BAC est une association à but non lucratif qui vise à soutenir la voltige aérienne en Belgique. Il sert de point de contact entre la cinquantaine de membres/pilotes belges, la fédération internationale (FAI) et le gouvernement (DGLV).

Jacques Bodart se prépare à son envol en exécutant une « danse d'Aresti » rituelle : dans un monde à part, il arpente son espace, exécutant sa routine de compétition avec ses mains. En arrière-plan, l'équipe luxembourgeoise observe la compétition d'en haut.

Situation ironique

La nécessité d'une consultation avec le gouvernement est évidente au vu de la situation paradoxale de la voltige aérienne en Belgique. « Je défends les couleurs de notre pays, mais je n'ai plus le droit de m'y entraîner », explique Wim Soens. « Selon la réglementation, la voltige aérienne est interdite en dessous de 610 mètres (2 000 pieds) en Belgique. Je peux m'entraîner encore plus haut dans mon propre pays, mais cet entraînement ne me sert pas à grand-chose. Une dérogation a été demandée à la Direction générale de l'aviation civile pour l'ancien champion belge. Mais c'est exclusivement pour la compétition. C'est un rêve de m'entraîner à nouveau dans mon propre pays. »

Bruit

Nos avions font du bruit, bien sûr, mais la Belgique est tellement densément peuplée qu'il y aura forcément des plaintes. C'est dommage que ce sport ait si mauvaise réputation. Beaucoup pensent qu'il y a un fou dans les airs et appellent la police. Oui, j'ai même dû faire une déclaration au parquet à l'atterrissage. Je comprends la peur des habitants, mais c'est un sport sûr et compétitif qui exige une grande discipline.

Le vainqueur final est le champion du monde en titre, Alexandre Orlowski (80,61 %), originaire de France. On le voit ici dans le cockpit de l'Extra 330SC (OO-SDJ) piloté par Stijn De Jaeghere (à droite), qu'Alexandre a piloté à Coxyde. 

« Une base d'entraînement permanente de voltige en Belgique n'est pas une bonne idée, car la dispersion du bruit est indispensable. Si nous nous entraînons toujours au même endroit, nous risquons d'être confrontés à des plaintes. J'ai pu m'entraîner un an ou deux à Saint-Hubert, mais suite à des plaintes et à une période difficile, la voltige y a été interdite. Nous avons donc déménagé dans le nord de la France et en Angleterre. Cela entraîne naturellement des coûts supplémentaires, non seulement pour le pilotage local, mais aussi en termes d'organisation. Un camp d'entraînement dure généralement trois ou quatre jours, pendant lesquels je fais deux vols d'entraînement par jour. C'est assez intense, car je vole 20 minutes jusqu'à ne plus pouvoir parler. C'est vraiment du sport de haut niveau », conclut Wim.

Le champion de Belgique en titre, Didier Amelinckx, attend avec impatience son tour de s'envoler. Mais faute de vols de compétition disponibles, il restera champion de Belgique pendant au moins un an encore.

Texte et photos : Tom Brinckman

Photo de Tom Brinckman

Tom Brinckman

Il est le webmaster de Hangar Flying et est originaire de Sint-Michiels, Bruges. Il travaille comme graphiste et photographe de presse indépendant. Très jeune, il s'est passionné pour l'aviation militaire et générale. Il a combiné cette passion pour l'aviation avec la photographie. Photographe et reporter, il recherche des images et des histoires captivantes de l'aviation belge. On le retrouve également souvent lors de meetings aériens en Belgique et à l'étranger… ou plongé dans un bon livre (d'aviation).