Florennes, le 20 août 2015 : l'escadron de drones 80 (Véhicule aérien sans pilote ou véhicule aérien sans pilote, mieux connu sous le nom de « drone ») a reçu le ministre de la Défense Steven Vandeput et la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant pour une présentation de ses moyens aériens qui servent la nation, en plus de ses tâches intrinsèquement militaires.
Contexte
Le 80e escadron de drones est issu de la section de drones du 80e régiment d'artillerie, équipée depuis 1976 de drones Epervier de conception et de fabrication nationales. Ces derniers furent retirés du service fin 1999 et remplacés par des drones bimoteurs IAI B-Hunter, construits sous licence par SONACA. Trois systèmes furent commandés le 10 décembre 1998, chacun composé de six drones B-Hunter et de deux conteneurs faisant office de poste de pilotage et de poste d'observation. Les deux premiers systèmes furent livrés entre juillet et décembre 2002, et le troisième en février 2004.
![]() | Un des rares B-Hunters du 80e escadron de drones, portant des cocardes (auto-adhésives), partant pour une mission d'observation en mer du Nord en 2011. (IPR Comopsair) |
Les B-Hunters ont été utilisés par l'armée de terre jusqu'à ce que l'unité soit rattachée à la composante aérienne du ministère de la Défense. Le 80e escadron de drones a quitté Elsenborn pour s'installer à Florennes le 16 octobre 2010. Il est commandé par le commandant Fabrice Leroy, qui a succédé au commandant Jean-Marc Ruaux le 30 juin 2015.
Au service des forces armées et de la nation
La mission du B-Hunter consiste en l'observation du champ de bataille et la transmission d'images en temps réel lors de missions pouvant durer jusqu'à huit heures sans interruption. L'escadron s'entraîne quotidiennement à remplir sa mission principale, non seulement en Belgique, mais aussi lors de déploiements opérationnels tels que dans l'ex-Yougoslavie au début des années 2000 ou en République démocratique du Congo.
Très peu de temps après leur mise en service, les B-Hunters, opérant depuis la base de Koksijde, ont effectué des missions de surveillance en mer du Nord pour traquer les pollueurs et prévenir ou contribuer à la sanction de leurs actes répréhensibles.
| Gros plan sur l'avant du B-Hunter numéro 278, dont la trappe d'inspection ouverte révèle ses composants électroniques internes, juste devant la sphère gyrostabilisée abritant les caméras. |
Depuis 2003, le 80e escadron de drones a maintenu un protocole de surveillance pour le ministère de l'Intérieur (police et application de la loi), mais a dû l'interrompre ces dernières années, sauf dans des circonstances exceptionnelles ou en cas de force majeure, en raison de la loi sur la protection de la vie privée, qui interdit de filmer des individus.
Lors de la présentation aux ministres le 20 août 2015, l'accent a été mis sur l'assistance que l'unité de drones peut apporter au ministère de la Mobilité. Une collaboration est prévue pour des situations exceptionnelles, telles que des catastrophes ferroviaires, où les drones permettent de mieux cartographier la situation et de guider les services d'urgence vers les zones critiques le plus efficacement possible.
Les drones assurent également une surveillance quasi permanente des voies ferrées dans la région de la Sambre-et-Meuse et dans la Famenne, afin de détecter toute anomalie ou de prévenir tout acte malveillant.
Il va de soi que les contributions des chasseurs de B du 80e escadron de drones peuvent s'étendre à de nombreux domaines liés à la mobilité, en plus de ceux mentionnés précédemment. L'unité a même participé à un recensement de gibier dans les Ardennes, un résultat d'autant plus convaincant que la caméra nocturne intégrée a fonctionné de manière optimale, le gibier étant principalement actif la nuit.
Le personnel militaire est préparé et prêt à mener ces opérations exceptionnelles, malgré la grande complexité du vol dans l'espace aérien belge, l'un des plus saturés d'Europe. Chaque aéronef est équipé d'un transpondeur qui émet en continu son code unique (squawk), reconnu par les radars de contrôle aérien, évitant ainsi tout risque de collision avec le trafic aérien. Un autre problème majeur pour les drones réside dans la saturation de l'environnement électromagnétique belge, due aux émetteurs de télécommunications et à la multitude de téléphones portables, une situation qui ne devrait pas s'améliorer à l'avenir.
Un aperçu rapide du futur proche
Les drones B-Hunter sont en service depuis une quinzaine d'années et leur retrait du service était initialement prévu pour 2017/2018, sans pour autant nécessiter leur remplacement. Lors de la présentation du 20 août, le ministre de la Défense, Steven Vandeput, a déclaré que leur déploiement opérationnel serait prolongé de deux, voire trois ans, ou plus, dans l'attente de l'acquisition d'une nouvelle génération de drones. Ce phénomène est d'autant plus remarquable, a-t-il souligné, que les technologies dans ce domaine ont évolué très rapidement.
Jean-Pierre Decock


