De l'ancien au nouveau

VIGNETTE

Wevelgem, le 3 novembre 2014. N'est-il pas judicieux pour les aéroclubs de renouveler progressivement leurs flottes vétustes ? Certes, les ULM et les VLA dominent le pays. Les VLA volent sans difficulté jusqu'en Afrique, au Cap Nord et à Berlin-Tempelhof (fermé depuis un certain temps, une honte), mais nos aéroclubs GA sont encore suréquipés d'Américains venus d'outre-mer et de Français d'ici, avec des appareils datant du milieu du XXe siècle.

Le Blackshape, né Millenium, est prêt à conquérir le monde. Son ascension est irrésistible. L'un d'eux vole déjà ici, depuis l'aérodrome de Moorsele. (Avec l'aimable autorisation d'Aero Friedrichshafen)

Pour l'instant, on a le choix. Si on veut partir à quatre, on louera un Robin à Wevelgem, et le OO-FWA est vraiment un avion vraiment cool ; c'était un avion vraiment cool. Tout en aluminium et acier, avec un tableau de bord en forme de dinosaure, mais il commence à devenir démodé. Si on part en solo (Dirk Van de Ginste) ou en duo, on prendra un VL3 à Amougies, filant dans les airs comme si le cheval mythique Pégase le talonnait.

Amougies abrite la concession VL3. (Photo : Jan Vanhulle)

Wevelgem est également dans une situation désespérée, la flotte de véhicules utilitaires étant âgée de moins de 5,7 tonnes. L'innovation est absente, on s'accroche froidement à technologie éprouvée La société Lambert produit certes de magnifiques VLA sur cet aéroport, les Mission M106 et M108. Ce LSA est construit autour d'un châssis tubulaire soudé en acier HSLA (High Strength Low Alloy) recouvert de tissu, et son tableau de bord est absolument époustouflant – tellement moderne ! Mais les frères n'ont pas opté pour le plastique pour leur VLA…

« Je suis grand et tu es petit. » En tant que pilotes de l'aviation générale, ne souhaitons-nous pas nous débarrasser de cela ? (Photo Serge Boussemaere)

Il fut un temps où un ULM volait sur deux axes. Trente ans plus tard, les derniers produits sont de véritables avions et ouvrent une fenêtre sur l'avenir. L'intérêt porté par l'armée italienne au Millennium/Blackshape, et par le gouvernement turc, qui a manifesté un intérêt similaire pour le « ONE » slovène à des fins d'entraînement, témoigne de la maniabilité inégalée de ces nouveaux LSA.

Le meilleur achat en Flandre, le ONE de Slovénie. (Archives photo Aeroscript)

Un jour de 2005, après avoir atterri à Kunovice, en République tchèque, pour me rendre aux usines ZLIN d'Ostrokovice, j'ai manqué une occasion unique. J'ai serré les dents des centaines de fois maintenant, car j'ai laissé filer les prémices du Sportcruiser à cet instant précis, à l'aéroport de Kunovice. J'aurais dû me contenter de traverser l'aéroport pour admirer l'élégant boîtier dans son berceau. Mais non, je suis allé à ZLIN, où l'on construit encore des avions d'une beauté et d'une beauté exceptionnelles, mais bon, aujourd'hui, ils sont encore en aluminium et en acier…

Un très bel avion de l'Aéroclub de Brasschaat, le Sportcruiser PS-28. (Photo : Fabricant)

On voit peu à peu apparaître des aéroclubs avec une flotte prudemment diversifiée, comme l'Aéroclub de Brasschaat avec son Sportcruiser, le Royal Zoute Aviation Club avec un Texan 912ULS, et le Vliegclub de Coxyde avec son Comco Ikarus C42B. Je devrais peut-être commencer à suivre l'état de la flotte de nos aéroclubs traditionnels. Ou même… accorder beaucoup plus d'attention aux clubs VLA/LSA de notre pays. Nombre de ces clubs ne sont pas les plus prisés des pilotes d'aviation générale, mais, soyons francs, leurs appareils sont très en avance sur leur temps. Nous, membres de l'aviation générale, volons encore au siècle dernier, tandis que le VLA/LSA a pris le dessus. Il est temps d'en prendre pleinement conscience.

Technologie éprouvée dans le Piper PA28. (Archives photo Aeroscript)

Pendant ce temps, nos aéroclubs continuent de peaufiner leur flotte vieillissante : une pièce par-ci, un nouvel instrument par-là, et, oh, catastrophe ! Un nouveau moteur à 250 000 $… Nous vivons une époque fascinante, car tout est en pleine mutation, y compris l’aviation. Voyons voir où cela nous mènera.

La technologie moderne dans le ONE. . (Archives photo Aeroscript)

Il est tout aussi discutable que nous nous retrouvions finalement avec des aéroports régionaux ayant une attitude anti-AG avec des frais d'atterrissage de plus de 30 € et leurs nombreuses instructions par courrier électronique sur ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, ce qui aboutira à une politique AG hostile et bureaucratique.

Guido Bouckaert

Photo de Guido Bouckaert

Guido Bouckaert

Guido, ancien pilote PPL ayant piloté plus de 120 avions pour des reportages et huit types d'avions en tant que commandant de bord, est le plus jeune vétéran du journalisme aéronautique flamand. Ses articles sont publiés dans le monde entier, dans la presse écrite et numérique. Ancien membre du comité de rédaction, Guido écrit aujourd'hui comme auteur invité.