60 ans de vol à Weelde

Weelde_cover_800.jpg

Weelde, le 23 juin 2014. Le 31 décembre 1951, le Conseil des ministres décida d'urgence la construction d'un aérodrome à Weelde. Aucune campagne d'information n'avait été menée auprès du public. Début 1952, le garde forestier local croisa par hasard un géomètre dans les forêts communales qui faisait abattre des arbres pour le compte des autorités militaires. Le livre « 60 ans de vol à Weelde » regorge de détails techniques et d'anecdotes amusantes sur l'aviation.

Les auteurs du livre, André et Dirk Jansens, sont tous deux nés à Weelde. Dirk vit à Turnhout. Passionné de modélisme et d'observation d'avions, André réside à Saint-Trond. Pilote militaire, il a notamment piloté le Thunderstreak (Florennes), le Mirage (Florennes et Bierset) et le F-16 (Kleine-Brogel). Colonel-pilote titulaire d'un brevet d'état-major, il a été commandant de corps à Kleine-Brogel de 1989 à 1992.

Les frères Jansens ont très bien réussi à familiariser les lecteurs avec la dynamique des puissances internationales après la Seconde Guerre mondiale. En avril 1949, sous la pression communiste persistante, l'OTAN fut fondée afin de maintenir un équilibre militaire. Au milieu des années 1950, la menace du bloc de l'Est atteignit son paroxysme. Les troupes au sol ne parvenant pas à endiguer la situation, une force aérienne tactique modernisée fut sollicitée de plus en plus. Les Américains, en particulier, fournirent aux alliés des centaines d'avions pour opérer depuis des aérodromes rénovés ou nouvellement construits, dont celui de Weelde. Dans cet ouvrage, les auteurs consacrent une attention particulière à la construction et aux adaptations ultérieures de l'aérodrome. Pilotes et équipes au sol y trouvent des récits détaillés, souvent illustrés par des photographies prises par les soldats eux-mêmes lors de leur séjour sous tente. En 1954, ce n'est pas la menace communiste, mais la mauvaise infrastructure du nouvel aérodrome de Kleine-Brogel qui incita le premier avion à réaction à atterrir à Weelde.

Les informations sur les exercices de guerre nucléaire sont généralement rares. Dans cet ouvrage, le lecteur découvrira des faits moins connus. Pour « limiter » les conséquences d'une guerre nucléaire (et c'est un nom), l'OTAN a mis en place le concept New Look, qui a réparti des avions de chasse sur autant d'aérodromes que possible, dont celui de Weelde. Ces exercices militaires visaient à apprendre aux Belges à utiliser le New Look en pratique. Jusqu'au milieu de l'année 1958, des escadrilles de chasse de Beauvechain, Chièvres et Coxyde y séjournaient pendant leurs périodes d'entraînement. Lorsque la guerre froide a repris de plus belle au début des années 1960, notamment lors de la crise de Berlin en 1961, l'aérodrome a de nouveau été utilisé intensivement par divers escadrilles.

Les changements politiques et les coûts élevés liés au maintien des aérodromes de réserve ont également contribué au déclin de Weelde. En 1975, Weelde a été retiré de l'inventaire de l'OTAN, et la Belgique a repris la responsabilité de son entretien. Les Mirages de Bierset et les avions de transport de Melsbroek ont ​​repris l'utilisation de Weelde comme base d'entraînement dans les années 1980.

La fin de la Guerre froide a eu des conséquences majeures dans les années 1990. Les entrepôts de l'OTAN sont tombés aux mains des Belges et ont notamment servi au stockage de matériel militaire, notamment de Mirage et de F-16. Les photos de Jos Schoofs, entre autres, illustrant le démantèlement de F-16 sont un véritable régal pour les yeux. Les auteurs mentionnent bien sûr également le dépôt du Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire. En 2011, Weelde a accueilli des demandeurs d'asile. Aujourd'hui encore, Weelde reste un centre d'entraînement réputé, notamment pour les parachutistes.

À Weelde, une bonne collaboration avec l'aviation civile s'est instaurée, et l'aérodrome est devenu un centre de vol à voile pour l'Aéroclub de Campine, les Cadets de l'Air et l'Académie flamande de vol à voile. Le ministère de la Défense collabore désormais avec le Département de la Nature et des Forêts pour l'entretien du site. Ce livre se concentre naturellement principalement sur les opérations aériennes, mais j'ai également été captivé par les récits de fouilles archéologiques, de forages géologiques (jusqu'à 528 mètres !), de nettoyage de pistes (KLARUW) et d'opérations VITO avec des drones.

Les auteurs ont utilisé des documents d'archives remarquables, notamment des comptes rendus de réunions de cabinet. Jusqu'à la fin de 1954, les limites du développement de la jeune Force Aérienne Belge furent fixées, en concertation avec l'OTAN. Des paragraphes d'archives ont été magnifiquement imprimés, ajoutant une valeur significative à l'ouvrage. L'imprimeur (www.impressa.be) et le designer (www.icarusdesign.be) ont fait un excellent travail, tant les documents que les photos étant mis en valeur. Les auteurs ont clairement su exploiter des archives habituellement très secrètes. Parmi les photos couleur, on trouve des joyaux comme celle-ci, tirée d'un film de 1954 du lieutenant-colonel comte Ivan « Duc » du Monceau de Bergendal. Danny Paessens a conçu la couverture attrayante. Il convient de mentionner les vues latérales très détaillées des avions stationnés à Weelde, réalisées par Bob Block. Ce dernier a prouvé ses qualités en tant que profil Le dessinateur a fait ses preuves depuis longtemps.

Le livre n'est vraiment pas cher (29,95 €), sans doute parce que les auteurs y ont inclus une publicité (discrète) dans leur publication. Cette publicité provient, entre autres, d'ADB Airfield Solutions. L'entreprise la plus connue pour l'installation de balisage lumineux aéroportuaire est également mentionnée dans l'ouvrage. Son fondateur, Adrien De Backer (d'où ADB), était présent lors du service du vin commémoratif lors de la première mise en service de « son » balisage lumineux ADB pour la piste d'atterrissage à Weelde en 1955. Les auteurs accordent une attention particulière aux entreprises impliquées dans la construction de l'aérodrome. Je trouve deux photos de l'infrastructure assez remarquables. La première est une photographie aérienne de l'aérodrome avec de petites images de bâtiments anciens ou encore existants (à l'abandon). Les auteurs méritent mieux qu'une pinte fraîche pour la seconde photo. Les entreprises de construction qui coulent le béton des pistes apposent des timbres dateurs dans le béton pour chaque segment coulé. André et Dirk ont ​​photographié ces timbres et les ont reportés sur une carte militaire. Grâce en partie à ce travail, les deux messieurs ont pu illustrer parfaitement l'avancement des travaux.

Le général aviateur Gérard Van Caelenberge et le maire de Ravels, Walter Luyten, ont écrit la préface de ce livre, rempli d'informations passionnantes et d'images magnifiques.

336 pages avec plus de 500 photos (la plupart en couleur) et 150 illustrations. Format A4, couverture rigide. Prix : 29,95 € hors frais de port.
Conseil lors de la commande : confirmer l'adresse de livraison via weeldevliegveld@gmail.com
Les frais de livraison (Belgique) lors d'un retrait dans un point Kiala près de chez vous sont de 5 €.
Les frais de livraison (Belgique) pour une livraison à domicile par BPost sont de 8 €
Le paiement du livre et des frais d'expédition de votre choix doit être effectué à l'ordre d'André Jansens IBAN BE78 0017 2504 6986.

Frans Van Humbeek

Photo de Frans Van Humbeek

Frans Van Humbeek

Frans est rédacteur en chef de Hangar Flying. Journaliste aéronautique indépendant, il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'aviation. Il s'efforce d'aborder presque toutes les facettes de l'aviation belge, mais sa passion réside principalement dans le patrimoine aéronautique et l'histoire des aérodromes belges. Au sein de la rédaction de Hangar Flying, il met également à jour www.aviationheritage.eu.