Temploux, le 4 septembre 2013. Le constructeur aéronautique allemand Stemme (www.stemme.de) lance deux appareils uniques et entretient des liens étroits avec la Belgique. Ce mois-ci, nous présentons le S10 en collaboration avec Olivier de Spoelberch, distributeur belge et fan de longue date de Stemme.
| Un top model absolu en plein vol, et c'est ce qui attire les photographes. Cette photo a été prise lors d'une séance photo pour un article du magazine LOOP (téléchargez l'application iPad gratuite dans le AppStoreAvec le train d'atterrissage et l'hélice rentrés, l'avion est complètement propre et fonctionne bien en vol stationnaire. |
Depuis que j'ai commencé à voler, il y a plus de 20 ans, le Stemme S10 est un avion qui me fait vibrer. Ce motoplaneur promet une finesse de 50 et une vitesse de croisière de 220 kilomètres par heure en régime moteur.
Au fil des ans, le silence régnait autour de cette entreprise et de ses avions. Il y a quelques années, plusieurs projets de développement visant à élargir la gamme de produits avaient été annoncés sur le site web, mais ils n'ont jamais été finalisés. Des problèmes surgissaient également en coulisses. Ces projets absorbaient des ressources qui auraient pu être mieux utilisées ailleurs. En 2012, les actionnaires en ont eu assez. Le fondateur et moteur de l'entreprise, le Dr Reiner Stemme, a été remplacé à la tête de l'entreprise par un Belge, Paul Masschelein. La majorité de l'actionnariat est également passée aux mains de Belges. Les coûts ont été réduits, le portefeuille de développement a été revu à la baisse, et l'entreprise a retrouvé sa visibilité sur les salons et dans la presse, tandis que son image a été revitalisée. Plus important encore pour nous, pilotes, le S10, le vaisseau amiral de l'entreprise, a également bénéficié d'un lifting.
Après 20 ans de rêve, j'ai enfin la chance de piloter cet avion. J'ai rencontré Olivier de Spoelberch à l'aéroport de Namur pour cela. Cet homme d'affaires a acheté son premier Stemme en 1993 et est le distributeur belge de la marque. Son autre passion, le cinéma et la photographie, lui a permis de piloter cet avion. Youtube Vous pouvez trouver des films uniques de ses voyages. Par exemple, il se rend régulièrement en Suisse pour faire du vol à voile. Rien d'extraordinaire en soi. Ce qui est exceptionnel, c'est qu'il effectue ce trajet depuis Namur en une seule journée. « Si je pars de Namur à 9 h, je suis en Suisse vers 11 h 30. Peu après midi, je plane pendant quelques heures et je suis de retour chez moi avant le dîner. Le Stemme est vraiment le seul appareil sur le marché qui rende cela possible. »
Le secret de cette combinaison entre une bonne vitesse de croisière et des caractéristiques de plané réside dans la technologie du moteur. En plaçant le moteur au centre de l'appareil et en entraînant l'hélice par un arbre, le nez est particulièrement aérodynamique. Le fait que l'hélice puisse être entièrement dissimulée dans le nez, au lieu d'être simplement positionnée en girouette comme sur d'autres motoplaneurs, contribue également à cet aérodynamisme.
| Le mécanisme de rétraction de l'hélice est unique et a inspiré le nouveau logo de l'entreprise. Il suffit de trois secondes pour passer du vol plané au vol motorisé. |
Le train d'atterrissage et les entrées d'air du moteur sont entièrement intégrés au fuselage pour le vol plané. Autre atout du S10 : les ailes peuvent être dépliées et repliées par une seule personne en cinq minutes, ce qui ne prend pas plus de place dans un hangar que n'importe quel autre avion. En cas de manque de place dans le hangar, ou simplement pour se rendre dans de meilleures conditions de vol, une remorque est également disponible. Celle-ci peut être équipée en option d'un système permettant au pilote de monter et de démonter l'appareil seul, ce qui prend une demi-heure.
Le S10 est une présence marquante au sol. Cela est dû non seulement à son envergure de 23 mètres, mais aussi à sa position haute du nez. Cela rend l'embarquement assez sportif. D'abord, une rapide pompe pour s'asseoir sur le bord du cockpit, puis les jambes à l'intérieur, voilà l'exercice. Après quelques essais, c'est facile.
En tant que pilote avec une carrure supérieure à la moyenne, je suis assis, ou plutôt allongé, assez confortablement, même si mes jambes pourraient être un peu plus larges en place droite. Olivier confirme que sur les nouveaux modèles, le levier des volets a été déplacé pour gagner quelques précieux centimètres.
Il n'y a aucun problème à hauteur d'épaule ou en longueur. Les dimensions généreuses allemandes étaient clairement la norme lors de la conception. Les commandes au pied et le dossier sont réglables pour les pilotes de petite taille, voire de grande taille. Pendant le roulage, la visibilité vers l'avant est quelque peu limitée. Le pilote est allongé et le nez est assez haut. Heureusement, dais Grand, et à côté du tableau de bord, on peut encore voir la voie de circulation. Après les dernières vérifications, la manette des gaz est avancée. Le Stemme n'est certainement pas champ court L'avion, mais après moins de 300 mètres, nous décollons. La montée se fait à une vitesse de 700 mètres par minute.
Une fois à la bonne hauteur, nous mettons la vis dans le croisière Réglage. Il s'effectue en chauffant deux cylindres d'huile. L'huile se dilate, modifiant ainsi le pas de l'hélice. La conception traditionnelle ne permettait pas l'utilisation d'un cône de nez, mais cette solution a fait ses preuves au fil des ans. L'ensemble de l'hélice ne nécessite qu'une inspection toutes les 200 heures (ou tous les 5 ans).
| Le S10 est imposant. Cela ne facilite pas l'embarquement. Remarquez le train d'atterrissage robuste. |
| Les prises d'air des moteurs sont situées sous les ailes. Elles se ferment lorsque le nez est replié. |
Une fois l'hélice bien positionnée, l'appareil se déplace rapidement : 220 km/h (140 mph) ne posent aucun problème. De plus, le moteur est turbocompressé, ce qui permet un vol encore plus efficace à haute altitude ! L'entreprise affirme pouvoir atteindre une vitesse de croisière de 140 nœuds (près de 250 km/h) à 10 000 pieds d'altitude, avec une consommation de carburant très faible.
Bien que l'avion vole très agréablement au moteur, il n'est pas conçu pour être laissé en marche. La procédure d'arrêt du moteur est très simple et rapide : il suffit d'éteindre le Rotax, puis d'utiliser un levier pour ralentir la rotation de l'hélice, puis un second levier pour aligner l'hélice avec le nez, et enfin, de fermer le nez. Pour redémarrer, il suffit d'ouvrir le nez et de tourner la clé de contact… une opération qui peut se faire en moins de trois secondes. Grâce aux orifices du moteur scellés, il reste chaud très longtemps. Cela élimine le risque de refroidissement trop rapide et facilite le redémarrage après un vol plané.
Au-dessus des Ardennes, nous cherchons des thermiques. Ils sont rares en cette journée de septembre, et de plus, le plafond n'est qu'à quelques milliers de pieds. Un test complet de nos capacités de planeur devra attendre. Malgré tout, nous parvenons à maintenir un zéro et même à monter légèrement mieux que certains avions du club qui volent également. Passer à un autre thermique est un vrai plaisir pour le Stemme. Les volets sont réglés à quelques degrés en dessous pour voler plus vite, et la finesse de 50 nous assure de n'avoir pratiquement pas perdu d'altitude lorsque nous arrivons sous le nuage suivant.
Planer avec le S10 est une expérience fantastique. L'appareil est confortable, la position côte à côte du pilote et du copilote est bien plus agréable qu'en tandem traditionnel, et la vue extérieure est tout simplement magnifique. Klaus Ohlmann prouve que le S10 sort des catégories traditionnelles des motoplaneurs. Ce détenteur de record du monde et ancien champion du monde est un fervent fan de Stemme. Il a enregistré plus de 2 400 kilomètres de vol plané (un record du monde à l'époque !) avec cet appareil dans son carnet de vol, possède lui-même un Stemme et utilise un avion modifié pour ses vols dans le cadre du Mountain Wave Project.www.mountain-wave-project.comCe projet de recherche étudie la dynamique de la haute atmosphère à différents endroits de la Terre. Après des expéditions au Chili, en Argentine et en France, ce sera le tour de l'Himalaya en octobre 2013. L'objectif est d'être le premier à survoler l'Everest en planant !
Les pilotes « ordinaires », avec beaucoup moins d’expérience et de compétences, enregistrent régulièrement des vols de plus de 500 kilomètres, et 800 kilomètres sans moteur ne font pas exception !
Son aptitude à « consommer peu de kilomètres » avec et sans moteur a été démontrée par un voyage du Royaume-Uni à la Nouvelle-Zélande (www.nzherald.co.nz/northern-advocate/news/article.cfm?c_id=1503450&objectid=10917471) – une distance de près de 28 000 kilomètres !
Malheureusement, nous devons retourner à l'aéroport beaucoup trop tôt. Les aérofreins sont tirés pour perdre rapidement de l'altitude. Un signal d'alarme nous prévient que le train d'atterrissage n'est pas encore sorti. Une fois à l'intérieur sous le vent Nous préparons également le virage. Nous atterrissons comme un planeur classique : le moteur reste éteint jusqu'au sol. Comme le moteur peut être redémarré très rapidement, cette option reste disponible en cas de besoin. Lors de l'atterrissage, Olivier souligne une limitation de l'avion : sa grande envergure entraînerait le contact de l'aile avec le sol en cas d'atterrissage trop incliné. Cela l'empêche de glisser par vent de travers, et la composante de vent de travers autorisée est limitée à 16 nœuds. Le train d'atterrissage lui-même est très robuste.
Je suis totalement convaincu par cet avion. Il répond parfaitement à mes attentes. Ma seule déception concerne son prix. La finition haut de gamme, la conception soignée et les excellentes caractéristiques de vol ont tout simplement un prix.
En décembre, nous nous concentrons sur la S6 et Paul Masschelein, le PDG belge de l'entreprise.
Tous ceux qui souhaitent piloter un Stemme peuvent le faire à l'école de pilotage de Klaus Ohlmann à Serres, dans le sud de la France. Plus d'informations sur www.quovadis-aero.com
Texte et photos : Peter Snoeckx
| Caractéristiques | |
| MTOM | 850 kg |
| Charge utile maximale | 205 kg |
| Spanwijdte | 23.0 m |
| Envergure repliée | 11.4 m |
| Longueur | 8.42 m |
| Capacité d'essence | 2 x 45 l (en option 2 x 60 l) |
| Viens | 270 km/h |
| Vitesse de croisière (MSL) | 220 km/h |
| Distance du rouleau T/O | 200 mètres |
| Rapport de traînée | 50 |
| Vitesse minimale de descente | 0.57 m/s |
| Prix | à partir de 300.000 € |

