Schoten, le 1er novembre 2012. Ce n'est pas tous les jours que la plus haute juridiction du pays rend un arrêt concernant l'aviation légère. C'est récemment arrivé. Le Conseil d'État s'est prononcé sur la légalité des autogires sur le territoire belge. Nous avons discuté avec Paul Windey, président de la Fédération belge d'ULM et pilote d'autogire passionné.
![]() | Paul Windey est lui-même un passionné d'autogire. Il possède un MagniGyro, un appareil similaire à celui de cette photo. Le pilotage en autogire est également fortement recommandé aux pilotes d'aile. Contrairement au pilotage d'hélicoptère, il est relativement facile pour une personne expérimentée, et le rayon de braquage et la distance d'atterrissage courts offrent une expérience unique. (Photo : Paul Windey) |
Hangar Flying : Pouvez-vous d’abord nous donner quelques informations sur cette affaire ?
Paul Windey : Il s’agit du cas d’un pilote qui a demandé l’autorisation de voler en Belgique avec son avion immatriculé à l’étranger. C’est ainsi que plusieurs autogires peuvent déjà voler en Belgique. La Direction générale de l’aviation civile (DGL) a refusé l’autorisation. Ce refus a ensuite été contesté devant le Conseil d’État.
Hangar Flying : Sur quelle base ce refus a-t-il été formulé ?
Paul Windey : Les arguments de la DGL étaient peu convaincants : faire voler un autogire en Belgique était prétendument interdit « parce que ce n’est pas autorisé », alors qu’aucun texte ne le précise et qu’il existe déjà de nombreux précédents. Après tout, nous volons ici depuis des années. Heureusement, l’auditeur du Conseil a également partagé notre avis et, le 11 octobre, le Conseil nous a donné raison. L’interdiction a été annulée et la décision a été sévère envers la DGL : littéralement : « Ni la décision contestée ni le dossier administratif n’indiquent pourquoi un autogire serait interdit. »
Hangar Flying : Est-ce que cela ouvre la porte aux autogires avec une immatriculation OO ?
Paul Windey : Non, ce n’est pas encore le cas. Pour la DGL, la réglementation en la matière n’est « pas une priorité ». Il n’y a pas non plus de demande de la part des pilotes tant que nous obtenons l’autorisation de faire voler nos avions immatriculés à l’étranger en Belgique.
Hangar Flying : Qu'en est-il de nos pays voisins ?
Paul Windey : C’est très différent. C’est autorisé dans tous les pays de l’UE depuis des années, mais en Allemagne, le marché commence vraiment à se développer. arbres À l'initiative d'AutoGyro GmbH, une réglementation est en cours d'élaboration aux Pays-Bas. Elle n'est pas encore finalisée, mais il est déjà possible de piloter sans problème un avion immatriculé en Allemagne ou en France, et des cours sont même proposés à Lelystad.
Vol en hangar : qu'en est-il de la sécurité du vol en giravion ?
Paul Windey : Je n'ai pas de statistiques spécifiques pour les autogires, mais elles ne différeront probablement pas beaucoup de celles des autres ULM ou autres avions légers. Quoi qu'il en soit, les avions modernes sont bien plus sûrs que ceux de la génération précédente, qui n'étaient pas encore autostables.
Hangar Flying : Vous êtes devenu président de la fédération ULM cette année. Quelles nouvelles pouvez-vous nous communiquer à ce sujet ?
Paul Windey : Eh bien, c’est certainement beaucoup de travail supplémentaire, mais grâce à la bonne équipe du conseil d’administration, ce n’est pas une corvée d’aller aux réunions.
Il y a deux évolutions majeures : le LSA et les différents aérodromes menacés par les éoliennes. Il est indéniable que de nombreux ULM tomberaient dans la catégorie LSA une fois celle-ci développée. Cependant, plusieurs questions subsistent. Par exemple, sont-ils autorisés à atterrir sur un aérodrome ULM ? Pour l'instant, au sein de la fédération, nous ne nous concentrons pas sur les pilotes de LSA. Nous avons déjà beaucoup de travail pour leur proposer de nombreuses activités d'excellence, telles que diverses journées de navigation et de sécurité. La sécurité est notre priorité absolue et nous y accordons une attention particulière, en plus de surveiller tout ce qui vient d'Europe. Notre principale préoccupation, cependant, reste de rendre le vol en ULM abordable et accessible.
Le deuxième développement est moins positif. Temploux, Liernu et Avernas, entre autres, sont menacés par la construction de parcs éoliens. À Avernas, l'espoir d'une solution est permis, mais je n'ai pas encore entendu le champagne déboucher pour annoncer sa conclusion définitive.
Nous ne sommes pas opposés aux éoliennes, mais nous souhaitons éviter qu'elles n'entravent nos activités. Malheureusement, un dialogue visant à instaurer une coopération efficace n'est pas toujours simple.
Pierre Snoeckx


