Nouvelle saison de vol à voile à VZA

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Weelde, le 12 avril 2012. Nous sommes accueillis par Cédric De Weerdt, étudiant en sciences politiques à Anvers et jeune pilote de planeur passionné, membre de l'Académie flamande de vol à voile, ou VZA en abrégé.

À son invitation, nous nous sommes rendus à Weelde, au nord de Turnhout, dans l'un des trois ravins caractéristiques de la frontière belgo-néerlandaise. Le temps changeant et peu engageant du début de semaine s'est avéré plus clément ce jeudi après Pâques : une brise assez forte et un ensoleillement généreux pour la saison ont rapidement dissipé le brouillard. Les conditions sont propices au vol à voile, et la saison de vol à voile peut commencer ; la tradition est respectée, et chacun y voit le signe d'une saison prometteuse.

 

Le Grob Twin Astir, immatriculé OO-ZVF, de la VZA (Académie flamande de vol à voile), est prêt à décoller de la piste 25 à Weelde. À son bord se trouvent l'instructeur et président du club, Ton Harding, accompagné d'une jeune recrue, Cédric De Weerdt, qui a obtenu sa licence en 2011. Il tient l'extrémité de l'aile pendant les premiers mètres du décollage, jusqu'à ce que les gouvernes de direction de cet appareil monoplace deviennent actives.

 

Weelde, berceau des pilotes de planeurs

La base aérienne de Weelde, construite au début des années 50, est une base de réserve de l'OTAN. Au plus fort de la Guerre froide, dans les années 60 et 70, elle servit temporairement de base de réserve pour les escadrons de l'armée de l'air belge. Cependant, de la fin des années 70 aux années 80, elle servit principalement de base logistique lors des importants exercices américains « REFORGER » (Retour des forces en Allemagne), durant lesquels d'importants contingents de troupes américaines et leur matériel considérable étaient acheminés vers les ports d'Anvers et de Terneuzen, de ce côté-ci de l'Atlantique. L'objectif de ces manœuvres majeures, quasi annuelles, était de démontrer aux Soviétiques et aux pays du Pacte de Varsovie que, malgré la réduction des effectifs américains stationnés en Allemagne, leur reconstitution ne prenait que quelques jours. Avec la chute du mur de Berlin en 1989, marquant la fin de la Guerre froide, les installations et hangars construits par nos alliés transatlantiques ont servi à stocker les Mirage Mirsip : modernisés, tout juste sortis du programme SABCA, et retirés du service par la Force aérienne belge en 1993, puis vendus à la Force aérienne chilienne. Des F-16A excédentaires n'ayant pas bénéficié d'une modernisation à mi-vie (MLU), c'est-à-dire une mise à niveau à mi-parcours de leur durée de vie opérationnelle, les ont ensuite remplacés. Ces derniers ont été transférés à Rocourt en 2003 pour être démantelés, venant ainsi compléter les stocks de pièces détachées. D'autres appareils, ayant subi le programme MLU mais devenus excédentaires pour la composante aérienne, ont récemment été vendus à la Jordanie. Plus récemment, les installations de Weelde ont été utilisées comme centre fermé pour demandeurs d'asile.

De l'autre côté de la route se trouve l'aérodrome, avec ses pistes en béton de près de trois kilomètres de long et ses vastes espaces ouverts, idéaux pour le vol à voile, qui s'y déroule d'ailleurs à un rythme soutenu. La partie sud de Weelde est réservée aux Cadets de l'Air belges, très actifs pendant les vacances de Pâques et d'été, périodes durant lesquelles les décollages au treuil sont incessants du lever au coucher du soleil. La partie nord de l'aérodrome est réservée aux deux clubs qui y sont basés : l'Aéroclub de la Campine et l'Académie flamande de vol à voile (VZA). Ces deux clubs effectuent les décollages de leurs planeurs à l'aide d'un avion remorqueur.

 

Situé dans le cockpit du planeur, juste devant le compas, se trouve le dispositif FLARM, qui détecte les aéronefs à proximité en indiquant leur position en azimut et par rapport au compas. Tous les planeurs VZA sont équipés de ce dispositif.

 

 

Vue d'ensemble de l'un des deux hangars jumeaux du VZA à Weelde ; on peut voir le monoplace OO-ZVX Grob Astir Standard, le monoplace OO-ZVR Grob Astir Club, le biplace OO-ZVF Twin Astir et l'avion remorqueur Robin DR 400 immatriculé OO-VZZ.

 

VZA, un groupe de pilotes de planeurs enthousiastes

La VZA (Académie flamande de vol à voile), active depuis plus de 30 ans, exploite une flotte de cinq planeurs modernes, biplaces et monoplaces, tous construits en matériaux composites et dotés d'une instrumentation de pointe, notamment le FLARM (alarme de vol), un système de détection de collision qui repère les autres aéronefs dans toutes les directions, qu'ils se trouvent au-dessus ou en dessous du planeur recevant le signal. La flotte de la VZA se compose des biplaces Grob Twin Astir OO-ZVF, ASW 20 OO-ZPC (train d'atterrissage rétractable) et Janus C OO-ZVK (train d'atterrissage rétractable et parachute de freinage), ainsi que des monoplaces Grob Astir Club OO-ZVR et Grob Astir Standard OO-ZVX. Les hangars du club abritent également des planeurs privés, à savoir un DG 300 Elan et un ASW 20 exceptionnel équipé d'un cockpit tout écran de dernière génération ou d'écrans numériques affichant les paramètres de vol. Pour tirer le meilleur parti de tous ces appareils, le VZA dispose d'un Robin DR 400 avec un moteur de 180 ch et une hélice à quatre pales à faible pas, dont la capacité de remorquage est vraiment remarquable.

 

Le jeune William Moen vient d'accrocher le câble de remorquage à l'avant du Twin Astir et vérifie qu'il est correctement fixé sous la supervision de Cédric De Weerdt, un jeune pilote qui a obtenu sa licence il y a un an.

 

 

Claus Selbach, membre de la VZA depuis sa création, est venu réinitialiser le tableau de bord numérique (cockpit en verre) de son planeur ASW 20, immatriculé OO-ZGH, dont il est le fier pilote et propriétaire depuis une dizaine d'années.

Les membres représentent un large éventail d'âges et d'expériences, et, comme me l'a expliqué Ton Harding, président de la VZA, plusieurs instructeurs étaient de jeunes pilotes passionnés qui, pour diverses raisons, ont dû cesser temporairement de voler, mais sont revenus plus tard dans leur vie et se sont révélés être des praticiens particulièrement dévoués du vol silencieux…

En ce début de saison à Pâques, cinq nouveaux élèves ont pris leur envol, dont le très jeune William Moen, qui a effectué ses tout premiers vols à bord du biplace Twin Astir en ce beau jeudi 12 avril.

 

Le jeune William Moen affiche un large sourire juste avant son premier vol d'instruction sous la direction de Ton Harding, instructeur et président de la VZA.

D'autres membres étaient également venus reprendre les commandes pour se requalifier, comme Lucas Van den Eynde, acteur de cinéma et de télévision, chanteur et comédien de théâtre bien connu des téléspectateurs de la VRT et pilote de planeur et d'avion de longue date. En bref, la VZA est un club de pilotes de planeur enthousiastes qui mérite assurément d'être plus connu.

 

Lucas Van den Eynde, le célèbre acteur des séries et films de la VRT, ainsi que chanteur et acteur de théâtre, est également pilote de planeur et pilote d'avion depuis de nombreuses années ; il est venu effectuer plusieurs vols d'entraînement en préparation de la nouvelle saison de vol à voile.

Utilisation des thermiques

Malgré une matinée plutôt maussade, l'apparition du soleil peu avant midi a déclenché une activité thermique, caractérisée par la formation de cumulus, favorable aux vols en spirale et à la prise d'altitude. De nombreux vols ont duré une demi-heure, voire plus, sans compter les cinq minutes nécessaires au pilote remorqueur pour amener le Grob Twin Astir biplace à son altitude de largage de 500 mètres. Bien qu'il pèse 390 kilogrammes à vide, ce biplace possède une envergure de 17,50 mètres (les pilotes de planeur diraient qu'il a de « grandes plumes ») et un taux de finesse de 38 (ce qui signifie qu'en descendant à la vitesse optimale depuis une altitude de 1 000 mètres, le planeur peut parcourir une distance de 38 kilomètres au sol). De légères ascendances thermiques (taux de montée de 1,5 à 2 mètres par seconde indiqué au variomètre) ont été exploitées par le Twin Astir, expliquant ainsi la durée plus ou moins importante des vols effectués ce jour-là.

 

Herman Verdonck, pilote de planeur de longue date, instructeur de planeur et pilote remorqueur passionné, se prépare pour un autre vol remorqué avec le Twin Astir OO-ZVF visible en arrière-plan.

Lorsque le président m'a proposé un court vol en fin de journée, je n'ai pas hésité une seconde. Après avoir enfilé mon parachute et m'être installé confortablement sur le siège avant étroit et bas pour bien attacher ma ceinture, le câble de remorquage a été accroché au nez de l'appareil, la voilure a été abaissée et verrouillée, et un jeune homme a tenu l'aile (le bout de l'aile) le temps que les gouvernes de direction du planeur deviennent efficaces lors de la phase initiale du décollage. Nous avons rapidement décollé grâce à la piste en béton, alors que l'avion remorqueur était encore en mouvement, mais pas pour longtemps. La montée jusqu'à l'altitude de largage de 500 mètres a pris moins de cinq minutes. Dès que nous avons été détachés, le variomètre a indiqué que nous prenions des thermiques. Ton Harding, l'instructeur et président de la VZA, assis à l'arrière, connaissait mon expérience de vol et m'a suggéré de prendre les commandes. Je n'ai pas hésité une seconde ! Me voilà parti, en spirale dans le courant d'air chaud ascendant, qui s'est avéré assez étroit. Le variomètre indiquait une ascension d'un mètre et demi à la limite du thermique et de deux mètres par seconde dans la partie la plus forte du courant ascendant. Je continuai à spiraler, gagnant près de six cents mètres d'altitude et pénétrant légèrement dans la couche cireuse qui formait la base du cumulus, à environ onze cents mètres. J'étais euphorique et, comme cela faisait si longtemps que je n'avais pas volé en planeur, je me disais que voler, c'est comme faire du vélo : ça ne s'oublie jamais. Après une vingtaine de minutes, nous sommes retournés à l'aérodrome, d'autant plus avec soulagement que de grosses gouttes de pluie commençaient à tomber sur la verrière. L'activité thermique était toujours intense et, malgré une légère descente en piqué, le Twin Astir rechignait à atterrir. Arrivés au nord de la piste avec un vent arrière, Ton Harding me demanda de déployer complètement les aérofreins, ce que je fis sans hésiter. Grâce à leur remarquable efficacité, nous avons entamé une descente abrupte qui nous a permis d'atterrir brièvement sur la piste en herbe. À la fin de l'atterrissage, nous avons immobilisé le planeur sur le béton. L'averse s'intensifiait ; il était temps de regagner le hangar après l'immense joie d'une demi-heure de vol silencieux.

 

Le Robin DR 400, immatriculé OO-VZZ, est piloté par Herman Verdonck et remorque avec plaisir le Twin Astir OO-ZVF ; grâce à son moteur de 180 ch et à son hélice à quatre pales à pas fixe, c'est un avion remorqueur très puissant.

 

Lors d'un vol parallèle avec la piste 25 à Weelde, le tableau de bord du Twin Astir OO-ZVF fournit des indications intéressantes : la boussole au-dessus du tableau de bord indique un cap de 245 degrés, tandis que le compteur de vitesse, en haut à gauche, affiche 105 km/h (le taux de descente optimal du Twin Astir se situe entre 95 et 100 km/h), le variomètre à côté confirme une descente de près de 2 mètres par seconde, le cadran de droite contient tous les commutateurs et sélecteurs de la radio de bord, l'altimètre en bas à gauche indique une altitude de près de 250 mètres, le FLARM au centre indique positivement qu'aucun autre avion ne vole à proximité, et le deuxième variomètre, plus précis, en bas à droite, indique un taux de descente de près de 1,20 mètre par seconde.

Pour vivre pleinement le vol en silence, comme un oiseau, il faut absolument essayer le vol à voile. C'est d'autant plus facile que la VZA propose un baptême de l'air à 45 euros seulement et une formation initiale de pilote de planeur à un prix très abordable de 200 euros. C'est un sport passionnant et, tout compte fait, accessible. À Weelde (Turnhout), vous pouvez voler sans restrictions excessives, et l'aérodrome est facilement et rapidement accessible pour les habitants du centre du pays.

Pour plus d'informations: www.vza-weelde.be

Jean-Pierre Decock

Photos : Paul Van Caesbrocek

Photo de Jean-Pierre Decock

Jean-Pierre Decock

Brevet B de vol à voile en 1958. Pilote d'avion privé en 1970. Totalise 600 heures de vol dont 70 d'acro. Un œil droit insuffisant même pour une carrière en vol. (Co-)Auteur et traducteur de 41 ouvrages d'aviation publiés en 4 langues depuis 1978. Compétences : histoire, technique et pilotage (aviation civile, militaire ou sportive).