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Hoevenen, le 1er avril 2012. Récemment, à quelques jours d'intervalle, nous avons reçu deux pétitions de clubs dont l'existence même est menacée par la construction d'un parc éolien. Il est important d'approfondir la question.

Pour être honnête, je trouve que ces éoliennes modernes ont quelque chose de spécial. Je suis récemment passé devant un chantier où l'on installait les pales. Leurs profils, à la fois longs et étroits, rappellent les ailes d'un planeur haute performance !

Malheureusement, la comparaison avec les sports aériens s'arrête là... Les exploitants d'éoliennes ont jeté leur dévolu sur un certain nombre de zones ouvertes où se trouvent également des aéroports.

Les ULM d'Avernas (EBAV) ont déjà été menacés par le passé, c'est maintenant au tour de Namur (Temploux, EBNM) et de Tirlemont (Goetsenhoven, EBTN) de lancer un appel à l'aide à travers une pétition.

 

Les grands domaines restent intacts, mais des domaines plus petits comme Namur contribuent également positivement à l'économie ! (Photo Jan Vanhulle)

 

 

À Goetsenhoven, les éoliennes de 120 mètres de haut seraient situées à moins de 1 600 mètres du seuil. Chaque piste présente un angle de descente de quelques degrés seulement au-delà duquel aucun obstacle n'est autorisé. Les éoliennes dépasseraient de plusieurs dizaines de mètres cet angle, rendant ainsi la piste 06/24 immédiatement inutilisable. La deuxième piste de Goetsenhoven (17/35) serait également probablement inutilisable, car les éoliennes dépassent également le cône entourant le terrain à protéger. Outre l'obstacle vertical direct et visible, la sécurité des opérations nécessite également de prendre en compte les turbulences causées par les pales. Celles-ci peuvent atteindre jusqu'à 20 fois le diamètre du rotor. À Tirlemont, cela signifierait que l'atterrissage de petits aéronefs (planeurs et avions légers, par exemple) dans un rayon de 800 mètres autour de l'éolienne deviendrait dangereux !

 

À Goetsenhoven, 60 pilotes de planeur et 70 pilotes privés risquent ainsi de perdre leur aérodrome. Les habitants soutiennent le club ! Nombre d'entre eux ont d'ailleurs signé la pétition organisée par le club. En une semaine seulement, près de 800 signatures ont été recueillies auprès de riverains, de pilotes et de sympathisants des Pays-Bas et de l'étranger. Entre-temps, la municipalité a annoncé qu'elle émettrait un avis négatif. Cependant, cet avis reste lettre morte, et les pilotes du Royal Flying Club De Wouw devront donc patienter encore un peu.

 

À Namur également, une pétition en ligne a été lancée pour créer un contre-pouvoir. À sa clôture, le 4 avril, elle avait recueilli 1500 20 signatures électroniques. Là aussi, les habitants soutiennent massivement l'aéroport : au cours des vingt dernières années, quatre habitants ont déposé plainte, alors qu'environ 4 10.000 personnes vivent à proximité immédiate du terrain.

 

Photo aérienne de l'EBNM. Saviez-vous, au fait, que ce champ est le quatrième plus grand de Belgique en termes de nombre de mouvements (devant EBOS et EBAW) ? (Photo Jean-Pierre Decock)

La fermeture de Temploux aurait des conséquences encore plus graves qu'à Götsenhoven. Au total, une centaine d'avions y sont basés (planeurs, hélicoptères et avions confondus), et quelque 500 pilotes y sont en activité. Plus important encore, une trentaine d'employés à temps plein dont les emplois sont directement liés à l'aérodrome perdraient leur emploi.

Il ne fait aucun doute qu'une bonne relation avec les riverains est essentielle à la survie d'un aéroport. Dans les municipalités où les problèmes avec les riverains sont déjà récurrents, les autorités locales seront moins enclines à soutenir l'aéroport local.

 

À Avernas, les problèmes sont légèrement différents : le terrain est situé dans une autre commune, et même dans une toute autre communauté, que le site où les éoliennes étaient prévues. Au moment de la publication de cet article, aucune solution définitive n'avait été trouvée, et il faudra probablement attendre les élections d'octobre pour qu'une solution soit trouvée.

 

En tant que pilotes, et surtout ceux d'avions à moteur, nous devons oser affronter le problème. C'est toujours le premier pas vers une solution. Nous volons encore avec du carburant au plomb, le bruit de certains avions n'est pas vraiment de bon voisinage, et les facéties de certains collègues nuisent à notre image.

 

D'un autre côté, les aéroports sont souvent encore de vastes étendues d'espaces ouverts et vierges... ou les voisins de Flanders Expo sont-ils si heureux qu'ils ont fait supprimer l'aéroport pour remplacer les problèmes de circulation du hall d'exposition ?

 

Namur est un aérodrome agréable, doté d'une terrasse agréablement remplie les jours ensoleillés. Les hangars abritent également des avions assez uniques.

 

Alors essayons d'être les meilleurs voisins possibles. Observant le lutte contre le bruit La réglementation aéroportuaire est un devoir primordial pour tout pilote si nous voulons conserver nos voisins et l'opinion publique en général à nos côtés à l'avenir. Ce n'est qu'à cette condition que les éoliennes cesseront d'être un voisin plus attractif.

 

Pierre Snoeckx

Photo de Peter Snoeckx

Pierre Snoeckx

Peter est actif dans l'aviation légère depuis plus de trente ans. À quinze ans, il a effectué un vol solo sur un planeur néerlandais. Il totalise aujourd'hui plus de 600 heures de vol à son actif, pilotant planeurs, avions à moteur (SE, ME, IFR), ULM, et même parapente et paramoteur. Peter est le fondateur de flyforfun.be, le site web qui a fusionné avec Hangar Flying début 2010.