Saint-Hubert, le 21 mai 2010. En présence du ministre André Antoine (CDh), un contrat avec Idelux a été signé à Saint-Hubert. Une collaboration avec l'intercommunale luxembourgeoise Idelux (www.idelux.be) devrait donner un nouveau souffle à l’aéroport.
![]() | La signature de l'accord. De gauche à droite Claude Bonmariage (maire de Saint-Hubert), André Antoine (vice-président et ministre du budget, finances et sports de la Communauté française de Belgique), Elie Deblire (président Idelux), René Delcomminette (directeur général Idelux-Aive-Idelux Finances) et Luc Vuylsteke (président du comité exécutif de la Sowaer). |
Camps d'aviation au cœur des Ardennes
L'aérodrome de Saint-Hubert fut fondé peu après la Première Guerre mondiale par le capitaine Vl. José Orta. Au cœur des forêts ardennaises, dans un lieu sans aucun lien avec l'aviation, un terrain de 70 hectares fut nivelé. En 1929, on y trouvait trois hangars, une station radio et une station météorologique. Pour l'époque, c'était un aérodrome très moderne. Orta y dirigeait une école de pilotage, et son frère Frans organisait l'entretien et la réparation des avions dans les ateliers, ainsi que la construction de l'avion de sport belge « Saint-Hubert ». Les atterrissages de nuit étaient rendus possibles grâce aux lampes à pétrole. Selon le Guide des Aérodromes Belges de 1931, les heures d'ouverture étaient « en tout temps, toutefois ». Où trouve-t-on encore cela pour l'aviation sportive belge en 2010 ?
![]() | José Orta a fondé ici une école de pilotage après la Première Guerre mondiale. (Archives Jean-Pierre Lauwers) |
Après la Seconde Guerre mondiale, la Regie der Luchtwegen (RLW), nouvellement créée, reprit l'exploitation du site. L'aviation prospéra alors à Saint-Hubert. Le gouvernement investit massivement, et les clubs et leurs jeunes membres bénéficièrent d'opportunités. Saint-Hubert devint principalement connu comme un haut lieu du vol à voile, et nombreux sont ceux qui se souviennent encore de ces stages simples mais inoubliables.
![]() | Après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Hubert devint un paradis pour les pilotes de planeurs. (Archives Frans Van Humbeek) |
Régionalisation
En 1992, les compétences du RLW ont été régionalisées, permettant à la Communauté française d'élaborer son propre plan d'avenir pour Saint-Hubert. En 2003, le gouvernement communautaire a décidé de transférer l'exploitation des infrastructures des aéroports publics de Cerfontaine, Saint-Hubert et Spa-La Sauvenière à la Société Walonne des aéroports (Sowaer). www.sowaer.beEn 2004, la SA Société de gestion de l'aérodrome de Saint-Hubert a été créée pour Saint-Hubert. Cette organisation avait notamment pour mission de promouvoir un développement commercial et touristique accru de l'aéroport, et donc de toute la région. Le Service public de Wallonie (SPW) a signé un protocole avec la SA Société de gestion de l'aérodrome, permettant au SPW de nommer le commandant de l'aéroport, d'assurer l'entretien du site, de prendre des décisions relatives à l'aviation, etc.
La contribution d'Idelux
La Sowaer conserve désormais une participation de 30 % dans la SA Société de gestion de l'aérodrome de Saint-Hubert, tandis que l'intercommunale Idelux acquerra 70 % des parts suite à la signature récente de l'accord. La Société de gestion peut désormais nommer elle-même un commandant d'aéroport ; pendant une période transitoire (cinq ans avec une prolongation maximale de cinq ans), le SPW continuera de soutenir le nouveau commandant dans ses fonctions. Idelux a depuis ouvert un poste de commandant d'aéroport via Randstad. L'entreprise recherche spécifiquement une personne possédant une connaissance suffisante de l'aviation (PPL/CPL), un homme ou une femme, ainsi qu'un talent commercial significatif.www.jobscareer.be/scripts/vaczoeker/display-vacancy.asp?ID=12144783).
![]() | L'aéroport de Saint-Hubert (EBSH) est situé à 563 mètres d'altitude, ce qui en fait l'aéroport civil le plus élevé de Belgique. Un poste de commandant d'aérodrome est actuellement à pourvoir. |
Et les pilotes ?
La nouvelle structure qui régira l'aéroport de Saint-Hubert est, pour le moins, assez complexe. Hangar Flying a recueilli l'avis de plusieurs usagers de l'aéroport. Durant la phase préparatoire, des discussions approfondies ont eu lieu avec Idelux. Les pilotes interrogés sont manifestement satisfaits de l'équipe Idelux, motivée, à l'écoute et attentive à leurs besoins. Selon Paul Blaude, porte-parole des clubs locaux, Idelux est « une équipe qui se concentre sur les besoins réels et étudie attentivement les idées avant de prendre des décisions. Elle dispose également des contacts économiques, touristiques et politiques nécessaires pour revitaliser l'aéroport de Saint-Hubert. »
Il est également positif que les principales décisions soient désormais prises par la province de Luxembourg. Le nouveau président de la Société de gestion, Daniel Ledent, gère le Centre National de Vol à Voile (CNVV) depuis vingt ans et est un fervent défenseur de l'aérodrome. De plus, le nouveau commandant devra se conformer scrupuleusement à la réglementation de l'OACI, ce qui améliorera certainement la communication avec les pilotes.
![]() | Le Centre National de Vol à Voile (www.cnvv.be) a son siège ici. À l'aéroport comme en ville (www.sthubert.be) de nombreuses activités sont prévues pour les prochains mois. |
Saint-Hubert International?
Le gouvernement wallon constate que les aéroports de Bruxelles-Sud Charleroi et de Liège se portent bien, et les aéroports wallons de plus petite taille devraient suivre cette tendance positive. L'exploitation de l'aéroport de Cerfontaine avait déjà été transférée à la société Gravity Park (www.gravitypark.beLeur contribution a permis d'augmenter le nombre de mouvements d'avions, passant de 2 000 en 2007 à plus de 7 000 en 2009. Saint-Hubert a vocation à devenir une plaque tournante européenne pour divers sports aériens. ULM, planeurs et avions à moteur doivent continuer à y opérer côte à côte. Une piste en béton est envisagée ; actuellement, l'aéroport est trop souvent fermé en raison de pistes parfois boueuses. Bien entendu, l'aéroport ne doit pas perdre son caractère verdoyant, qui constitue l'un des atouts de la place et de la région. La sécurité de l'espace aérien et l'exploitation de certaines installations de l'aéroport continueront bien entendu d'être garanties par Belgocontrol.
![]() | Belle infrastructure dans un endroit unique et verdoyant. |
Tourisme à Saint-Hubert
Les investissements dans l'aéroport interviennent alors que la ville de Saint-Hubert investit également dans son avenir, notamment dans la rénovation de la place devant l'abbaye. Le maire Claude Bonmariage (PS) a souligné que le renouveau et le développement touristique de la ville et de l'aéroport étaient des priorités pour le conseil municipal. Concernant l'aviation, la municipalité a joint le geste à la parole. La ville, propriétaire du terrain, a loué le site pour un euro symbolique pour une durée de 99 ans. À ce jour, la ville a perçu 17 000 € de loyer annuel. Grâce au soutien promis par le ministre Antoine Sowaer, la ville peut investir 3 millions d'euros supplémentaires dans l'aéroport, qui s'ajoutent aux 1,8 million d'euros déjà investis récemment. Cette phase étant très importante et difficile pour Saint-Hubert, le gouvernement s'est engagé à couvrir les pertes éventuelles de la SA Société de gestion de l'aérodrome pendant trois ans, jusqu'à un maximum de 100 000 €. Idelux a clairement entamé sa mission sous de bonnes auspices.
![]() | L'un des nouveaux utilisateurs de Saint-Hubert est l'Eurocopter EC135 de Sud Air Ambulance (SAA). Gérard Mathieu, directeur général, explique : « En moins de quinze minutes, notre hélicoptère peut atteindre n'importe quel point de la province de Luxembourg, mais notre zone d'intervention ne se limite évidemment pas à cette région. Idelux est également partenaire de SAA. » |
Frans Van Humbeek
Photos : Paul Van Caesbroeck








