Anvers, le 11 décembre 2009. Le Département des transports et de l'économie régionale (www.ua.ac.be/tpr) de l'Université d'Anvers (UA) a réuni professeurs, étudiants, représentants des pouvoirs publics et des entreprises pour un colloque sur le transport aérien. Le thème du jour Stratégies potentielles pour résoudre la crise du transport aérien Le colloque a naturellement attiré un grand nombre de personnes intéressées, 150 au total. Après un discours de bienvenue prononcé par la professeure Ann Verhetsel et le recteur, le professeur Alain Verschoren, nous avons écouté plusieurs intervenants de renom. Le colloque était animé par Marc Pirenne (Pirenne & Partners), qui a occupé des postes à responsabilité dans le secteur des transports pendant plus de 25 ans, notamment dans le transport aérien express. L'impact de la crise économique sur le transport aérien
L'étude des professeurs Rosário Macário (Université de Lisbonne/TRANSPORTNET) et Eddy Van de Voorde (Université d'Anvers/TRANSPORTNET) a déjà été présentée au Parlement européen. La réduction des effectifs, l'expansion des réseaux et la survie sont les trois concepts clés de leur argumentation.
Les deux professeurs ont constaté de nombreuses similitudes entre les secteurs aérien et maritime. La demande de transport a fortement chuté dans les deux secteurs. Les compagnies aériennes se concentrent sur la stabilisation du taux de remplissage, tant pour le fret que pour le transport de passagers, une réponse essentielle.
Les professeurs identifient des tendances claires dans l'aviation mondiale. Après la Seconde Guerre mondiale et une période de réglementation, la déréglementation a suivi aux États-Unis en 1978. Le reste du monde a suivi cette vague, quoique avec un léger retard. S'en est suivie une période d'ajustement et de consolidation. Les compagnies aériennes souhaitent désormais offrir les mêmes services avec moins de ressources. Cependant, certains coûts augmentent fortement, notamment les investissements en matière de sécurité.
Il est important d'empêcher les acteurs consolidés d'abuser de leur pouvoir. C'est pourquoi il est proposé de mettre en place un benchmarking permanent des compagnies aériennes, c'est-à-dire un suivi continu de leur comportement économique.
Stratégies de relance pour les aéroports
Selon Marcel Buelens (ancien PDG de l'aéroport de Bruxelles-Sud Charleroi), la crise a causé des dommages sans précédent au secteur aérien, et la fin n'est pas encore en vue. Les aéroports voient leurs revenus, tant directs qu'indirects, chuter drastiquement.
Les compagnies low-cost et les alliances aériennes exercent une pression sur les aéroports pour qu'ils réduisent leurs coûts. Autrefois, les aéroports fournissaient simplement l'infrastructure nécessaire. Ils étaient la principale porte d'entrée d'une nation et un élément important de son prestige. Aujourd'hui, ce sont des unités commerciales qui doivent affronter une concurrence féroce avec les autres aéroports nationaux et internationaux. Ils bénéficient de l'attrait des entreprises qui souhaitent s'implanter sur leur territoire ou à proximité. Les aéroports stimulent la croissance économique. L'aéroport de Bruxelles-Sud Charleroi représente 3 % de l'emploi à Charleroi et a permis une réduction du chômage local pouvant atteindre 60 %.
Malgré une baisse de 105 millions de passagers dans les aéroports européens l'an dernier, Buelens conseille aux usagers des aéroports d'avoir une vision et un plan clairs pour l'avenir proche. Selon le Conseil international des aéroports (ACI), le trafic aérien européen devrait doubler d'ici 2030.
Stratégies de relance pour les compagnies aériennes
Le Dr Vasco Reis (Université de Lisbonne/TRANSPORTNET) reconnaît que les compagnies aériennes sont attaquées de toutes parts. Les trains à grande vitesse accaparent une part de marché, les déplacements sont limités par une meilleure utilisation des applications informatiques, des alliances existent entre compagnies aériennes, etc. M. Reis donne les compagnies aériennes en particulier le conseil de se méfier du «coincé au milieuSyndrome. Une compagnie aérienne doit oser poursuivre une stratégie spécifique ; elle doit constamment s'efforcer d'être unique sur le marché. Se concentrer sur le client, la maîtrise des coûts et le profit.
Le fret aérien peut-il aider les compagnies aériennes à survivre ?
Les docteures Franziska Kupfer et Evy Ongena (Université d'Anvers/TRANSPORTNET) affirment que la crise actuelle du transport de marchandises est pire que celle qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001. De nombreuses entreprises ont opté pour des modes de transport alternatifs, comme le transport aérien au profit du transport maritime.
Les compagnies aériennes ont réagi en limitant leurs capacités. Heureusement, toutes les lignes intercontinentales n'ont pas été touchées de la même manière. Kupfer et Ongena concluent sur une note positive. Le transport de fret a été plus durement touché que le transport de passagers, mais il se remettra plus rapidement de la crise. Les prix des avions ont également fortement chuté, ce qui pourrait encourager les investissements dans l'aéronautique. Les créneaux horaires aéroportuaires sont plus faciles à obtenir pour les avions tout-cargo, et transporteurs express ont été moins touchés par la crise.
![]() | Le projet a suscité un intérêt considérable de la part du monde universitaire et du monde des affaires. |
Le gouvernement peut-il aider le secteur aérien à survivre à la crise ?
Le professeur Hans-Arthur Vogel (Université internationale des sciences appliquées de Bad Honnef – Bonn) constate que le gouvernement apporte son aide à divers secteurs en crise. Prenons l'exemple de l'industrie automobile. Malheureusement, peu d'actions ont été entreprises pour le secteur aéronautique.
Vogel plaide avant tout pour une libéralisation accrue du marché. Il souhaite que les compagnies aériennes puissent s'affranchir des contraintes étouffantes du marché réglementé. Le secteur aérien reste peut-être l'un des plus réglementés. Le gouvernement doit se concentrer sur la croissance à long terme, promouvoir la libéralisation, remédier aux lacunes organisationnelles et réduire significativement le coût des infrastructures aéronautiques. Selon Vogel, une plus grande liberté économique est essentielle pour offrir à l'aviation de nouvelles perspectives de croissance.
Conséquences de la crise économique pour les prestataires de services
L'importance des entreprises fournissant des services aux compagnies aériennes n'est pas toujours pleinement reconnue. Les Drs Thierry Vanelslander et Tom Pauwels (Université d'Anvers/TRANSPORTNET) ont notamment évoqué les sociétés belges de handling Aviapartner et Flightcare, ainsi que Belgocontrol, chargée de la sécurité du trafic aérien. En octobre 1996, le règlement européen 96/67/CE a ouvert la voie à un marché du handling plus libéral. Cependant, cette directive n'est pas appliquée uniformément partout. En Grande-Bretagne, le marché est totalement libéralisé, tandis qu'en Belgique, tous les services ne le sont pas.
Tout comme pour les compagnies aériennes, des alliances se sont formées entre sociétés de manutention. Ces dernières peuvent proposer leurs services aux compagnies aériennes dans les différents aéroports où elles opèrent. Certaines sociétés de manutention ont été rachetées par des groupes financiers ou des sociétés sans lien avec l'aviation.
Il reste à voir si ces réformes profiteront aux usagers. L'assistance en escale continue de générer des bénéfices, même en 2008, année de crise. On ne peut pas en dire autant de Belgocontrol, durement touchée par la baisse des vols dans l'espace aérien belge. Les investissements que Belgocontrol doit consentir sont toutefois bien supérieurs à ceux des sociétés d'assistance.
Comment répondre opérateurs d'assistance en escale sur la crise ?
Luc Meurens (IAHA) a d'abord retracé l'histoire des sociétés de handling. Initialement, ce sont principalement les aéroports et les compagnies aériennes qui proposaient leurs services ; ils détenaient un quasi-monopole. Selon les données de l'Association internationale des manutentionnaires aéronautiques (IAHA), les sociétés de handling indépendantes détiennent aujourd'hui 40 % du marché, contre à peine 10 % dans les années 1990. La pression des compagnies aériennes pour baisser les prix Manipulateurs imprimer est très important. Autrefois, le lien de fidélité entre compagnie aérienne en maître Il est crucial de souligner que l'accent est désormais mis sur le suivi continu de la productivité et la réduction des coûts. La libéralisation se poursuivra sans aucun doute. Comme pour les compagnies aériennes, seuls quelques acteurs majeurs, issus de grandes alliances, survivront dans le secteur de la manutention.
Dirk Goovaerts (Menzies Aviation) explique que son entreprise est absente de l'aéroport de Bruxelles en raison d'un marché encore trop fermé. La situation pourrait changer en 2011. Apparemment, les autres acteurs de l'aéroport de Bruxelles n'accueilleront pas la concurrence à bras ouverts. Menzies est actuellement représentée dans 120 aéroports répartis dans 27 pays. La compagnie aérienne écossaise compte 15 000 employés. Grâce à une structure de gestion très légère, Menzies peut offrir à ses clients un service de qualité au juste prix. Ses dix premiers clients sont essentiels ; ils doivent constituer un portefeuille attractif au sein de sa clientèle. Les aéroports déficitaires sont rapidement fermés ou vendus.
Qu'est-ce qui rend Menzies si différent des autres ManipulateursUne attention particulière est portée aux différentes équipes de direction ; ce sont précisément elles qui veillent au bon fonctionnement des stations conformément aux objectifs. La planification est primordiale, et le suivi quotidien de la productivité et du chiffre d'affaires est absolument essentiel. Les managers ne sont pas enfermés dans une tour d'ivoire, mais veillent à rester en contact avec l'atelier et les clients. Malgré la crise, Menzies a réalisé un bénéfice similaire en 2009 à celui de 2008. L'entreprise traite son personnel équitablement, mais exige une grande flexibilité et multi-tâchesDes négociations difficiles avec les syndicats font partie de leur succès.
Comment une compagnie aérienne low cost peut-elle faire face à la crise ?
Cor Vrieswijk (easyJet) qualifie sa compagnie aérienne de « gérée par des hommes d'affaires ». La standardisation est l'un de ses mots préférés ; toutes les méthodes de travail doivent être rationalisées autant que possible pour réduire les coûts. Les processus doivent être optimisés en permanence. EasyJet investit massivement dans l'informatique. Ils veulent le meilleur. compagnie aérienne à bas prix dans le monde. La compagnie aérienne est désormais présente dans 110 aéroports répartis dans 27 pays. Chez easyJet, tout est très basiqueLes cabines de l'équipage sont meublées très simplement ; aucun investissement n'est fait pour aménager des bureaux ou louer des véhicules de direction. Le client est notre priorité absolue. Les similitudes entre Menzies et easyJet sont frappantes. La sécurité est la priorité absolue des deux compagnies aériennes.
![]() | Panel : de gauche à droite : Cor Vrieswijk (easyJet), Johan Vanneste (VLM Airlines/CityJet), Wim Verbist (Aéroport d'Anvers), Frank Durinckx (Direction générale de l'aviation civile), le professeur Rosário Macário (Université de Lisbonne/TRANSPORTNET) et le professeur Eddy Van de Voorde (Université d'Anvers/TRANSPORTNET). |
Table ronde animée
La table ronde s'est concentrée sur les secteurs aériens belge et flamand. Le gouvernement flamand a notamment été invité à soutenir l'aviation sur la base d'une vision claire à long terme. Ces deux ou trois dernières années, le gouvernement flamand a effectivement tenté de rattraper son retard. La Wallonie disposait déjà d'une politique aérienne claire, comme en témoignent les succès des aéroports de Bruxelles-Sud Charleroi et de Liège. Les six gouvernements de ce pays doivent impérativement garantir une politique cohérente afin que, par exemple, les réglementations en matière de bruit d'une région ne soient pas pénalisées par les autres.
Dans la perspective de la conférence de Copenhague, on nous a annoncé que l'arrivée d'un aéroport neutre en carbone augmenterait indéniablement le coût des vols. La question était de savoir si nous devions continuer à vendre nos avions hors service aux pays en développement. N'exportons-nous pas ainsi nos problèmes environnementaux ?
Des efforts sont en cours pour restructurer l'espace aérien en Europe et en Belgique, une priorité évidente pour de nombreux pays. Cependant, remanier l'espace aérien est une tâche extrêmement complexe, et il ne faut pas s'attendre à des miracles à court terme.
Cor Vrieswijk, d'easyJet, avait précédemment indiqué que sa compagnie aérienne n'était pas très populaire auprès des autres compagnies aériennes de l'aéroport de Bruxelles. Selon lui, easyJet souhaite payer un prix juste pour les services qu'elle exige, ni plus, ni moins. Stefan Ketele, vice-président du Comité des opérateurs aériens (AOC) de l'aéroport de Bruxelles, a réagi avec consternation. Selon lui, toutes les compagnies aériennes desservant Bruxelles souhaitent être traitées sur un pied d'égalité et il est inacceptable que des conditions particulières soient offertes à des compagnies comme easyJet. À l'aéroport de Bruxelles, les problèmes à ce sujet ont été (temporairement) résolus.
![]() | Hilde Crevits, ministre flamande chargée de la mobilité et des travaux publics, a salué l'initiative de l'UA. |
Fente
Hilde Crevits, ministre flamande de la Mobilité et des Travaux publics, a été invitée à prononcer le discours de clôture. Elle a assuré son soutien à des initiatives comme ce colloque. Elle travaille également sur un réseau flamand de transport aérien (FAN) afin de soutenir le secteur par un réseautage actif.
Malheureusement, de nombreux observateurs ne voient pas encore d'indicateurs clairs annonçant une reprise rapide du secteur aérien. Quoi qu'il en soit, tous s'accordent à dire que des recherches approfondies doivent étayer les mesures de relance. C'est pourquoi l'initiative de l'Université d'Amsterdam visant à rapprocher les chercheurs et le secteur a été très bien accueillie.
Frans Van Humbeek
Photos : Paul Van Caesbroeck




