Nicole Waucquez : une carrière prestigieuse jalonnée de nombreuses premières

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Brustem, le 9 novembre 2009. Nicole Waucquez nous raconte sa fantastique carrière de pilote qui s'est étendue sur 45 ans ! Un parcours exceptionnel, loin d'être un long fleuve tranquille, mais plutôt un chemin sinueux, souvent jalonné d'aventures plus ou moins amusantes qui lui ont laissé d'excellents souvenirs et lui ont procuré une grande sérénité, malgré les revers et les difficultés rencontrés avec certains de ses contemporains.

Nous nous concentrerons, bien sûr, uniquement sur son incroyable parcours de pilote, riche en succès et en réalisations précoces qu'elle a pleinement mérités grâce à sa ténacité, mais surtout grâce à son talent de pilote, ou plutôt, de femme pilote !

Nicole Waucquez dans le cockpit d'un hélicoptère Hughes 300 à Brustem en novembre 2009, comme cela aurait été le cas en Allemagne à la fin des années 1970.
(Paul Van Caesbroeck)

Motivé et doué !
Née à Bruxelles, Nicole Waucquez était fascinée par le livre de Pierre Clostermann, « Le Grand Cirque » : rien d'étonnant, car il s'agissait d'un véritable phénomène générationnel chez les garçons dans les années 1950, mais beaucoup moins chez les filles. Elle échangeait fréquemment des lettres (et plus tard des lettres professionnelles) avec celui qui allait devenir en quelque sorte son mentor dans l'aviation, lorsque Pierre Clostermann prit la direction de Reims Aviation, constructeur des avions Cessna pour l'Europe et l'Afrique. Mais elle était mordue par le virus, et la suite logique fut son premier vol à la fin de l'été 1962 sur l'aérodrome de Grimbergen. Cette découverte de la troisième dimension fut l'impulsion qui la poussa à approfondir l'expérience.

Début 1963, le magazine Aviation, en collaboration avec Europe Numéro 1, la station de radio la plus populaire auprès des adolescents grâce à son émission culte « Salut les Copains », organisa un concours pour les jeunes. Des bourses, correspondant à 20 heures de vol, étaient offertes aux débutants. Nicole Waucquez participa au concours et remporta une bourse, ce qui lui permit d'effectuer un stage l'été suivant à La Réole, près de Bordeaux. Elle y découvrit le pilotage d'un petit Jodel D112, appartenant à l'Aéro-Club de Guyenne. Motivée et talentueuse, elle obtint facilement son brevet de pilote privé. Elle n'avait pas encore 18 ans.

Nicole Waucquez, 17 ans, se prépare à son brevet de 2e degré à bord du Jodel D112 F-BKAI de l'Aéro-club de Guyenne à La Réole, près de Bordeaux.
(Nicole Waucquez)

Logiquement, elle acheva ses études commerciales et, grâce à ses économies et à l'approbation de ses parents, désormais convaincus de sa vocation, elle effectua un deuxième et un troisième stage à l'aérodrome de Saint-Servan, près de Saint-Malo. Le second, d'une durée de six semaines, se déroula en mars et avril, et le troisième, d'un mois, en juillet et août 1965. Ce dernier stage faillit tourner au drame après un accident de cyclomoteur qui lui fractura le fémur. La fracture s'infecta et les médecins envisagèrent même une amputation ; heureusement, il n'en fut rien et Nicole Waucquez se rétablit rapidement.

Après avoir effectué ces stages, elle a non seulement obtenu son brevet de pilote de deuxième classe en pilotant un Emeraude et un Rallye, mais aussi – au passage – un brevet C pour le vol à voile après une formation sur un biplace C 800 et un monoplace Emouchet (le Grunau Baby construit en France à la fin des années 40).

Nicole Waucquez est rentrée en Belgique le cœur lourd, mais le plus dur restait à venir…

Concours de costumes féminins Belle Époque à Alost en août 1967. Nicole Waucquez pose avec Lucienne Dedryver, secrétaire de Publi-Air, devant le Piper L-4H immatriculé OO-AAO.
(Nicole Waucquez)

Le moment inévitable où il faudra « prendre le taureau par les cornes »
De retour en Belgique, Nicole Waucquez se mit en quête d'un avion à piloter, mais ses économies étaient, bien entendu, limitées. Elle vola un peu à Diest grâce à son cousin, qui connaissait J. Ooms, le président du club local, et à Publi-Air à Grimbergen, la compagnie aérienne dirigée par Jimmy Bogaerts. Cependant, sa passion pour l'aviation la poussa, comme elle le raconte, à accepter un poste d'homme à tout faire chez Publi-Air à Grimbergen pendant un an et demi (de mars 1965 à septembre 1966), ce qui lui permit de piloter occasionnellement un Piper Cub. En raison d'un concours de circonstances, notamment l'absence du patron de Publi-Air et de l'instructeur habituel, elle n'hésita pas à donner des leçons de pilotage à plusieurs élèves afin de préserver l'image de la compagnie. Face à ces bons résultats, elle put poursuivre dans cette voie.

Début 1967, Nicole Waucquez totalisait près de 800 heures de vol et passait les examens d'instructrice et de pilote professionnel. Elle commença sa formation à Temploux le 1er mai 1967, avec des instructeurs à l'expertise incontestable, nul autre que Jean Feyten et Paul Christiaens, les célèbres « Manchots » connus pour leurs vols miroirs à bord du Stampe & Vertongen SV-4B.

M. François, une figure importante de l'administration de l'aviation, lui a décerné sa licence de pilote professionnelle limitée en novembre 1967. Dès lors, Nicole Waucquez était déterminée à laisser derrière elle cette période de sacrifices et à regarder vers l'avenir, car elle était alors la plus jeune instructrice et la plus jeune des rares femmes pilotes professionnelles en Belgique.

Le magnifique Cessna 195 avec son délicat moteur radial Jacobs de l'Aéro-para-club de Moorsele que Nicole Waucquez a piloté à de nombreuses reprises en 1968.
(Jean-Pierre Decock)

La volonté et les moyens de réussir
Nicole Waucquez arriva à Wevelgem en novembre 1967 en tant qu'instructrice pour la nouvelle école de pilotage Farner Air Services, équipée de Piper Cherokee et d'un simulateur de vol, une rareté à l'époque. Elle occupa également le poste de commandante adjointe de l'aérodrome. L'aérodrome de Moorsele, qui abritait l'un des deux centres d'entraînement au parachutisme de Belgique, était situé à proximité immédiate de Wevelgem, et Nicole Waucquez s'y rendait fréquemment pour piloter le Cessna 195 que le club venait d'acquérir en Norvège pour le parachutisme.

Plusieurs propositions lui furent ensuite faites, et l'une d'elles se concrétisa : l'achat conjoint d'un avion de voltige avec R. De Brandt. Leur choix se porta finalement sur un Stampe SV-4C, un ancien appareil de la Marine nationale française, qu'ils convoyèrent de Toulouse à la Belgique, où il reçut l'immatriculation OO-TOX (officiellement le 31 juillet 1968). Nicole Waucquez se familiarisa rapidement avec le Stampe, appréciant ses qualités de vol, et elle réalisa sa démonstration au meeting aérien de Wevelgem le 24 août 1968. Son carnet de vol totalisait alors 1 200 heures, et une proposition très intéressante lui fut faite par l'importateur des avions Piper en Belgique, la société EAS, qui souhaitait ouvrir une école de pilotage à Gosselies (Charleroi), où Nicole Waucquez serait instructrice en chef. Elle accepta ce nouveau défi et ramena le OO-TOX à Gosselies, où l'un des promoteurs d'EAS avait racheté la part du copropriétaire initial.

Réunion de vol à Saint-Hubert le 6 juillet 1969. Le Stampe SV-4C OO-TOX est prêt au décollage avec Nicole Waucquez dans le cockpit arrière et Roland Collignon, le parachutiste, plus ou moins « intégré » dans le cockpit avant : les RONIs ont décollé !
(Ch. Zimmer via Nicole Waucquez)

Nicole Waucquez obtint son brevet de pilote professionnel en 1968, à seulement 22 ans, grâce à l'encadrement théorique continu de Jean Weygaerts. Elle s'investit pleinement dans l'école EAS, où elle encadrait en moyenne trente élèves. Le Stampe SV-4C ne convenant pas à tous pour l'épreuve de voltige obligatoire du brevet de pilote professionnel, elle décida d'acquérir un Super Emeraude (OO-PLS), qu'elle acheta à Jimmy Bogaerts en mai 1969 et avec lequel elle donna des cours de voltige sur différents aérodromes, notamment à Gand-Sint-Denijs-Westrem.
Les années de gloire de sa carrière commencèrent.

Par une journée d'été belge typiquement brumeuse, Nicole Waucquez est aux commandes de son SV-4C en vol au-dessus du canal Charleroi-Bruxelles lors d'une séance photo pour un article paru dans le magazine Rosita durant l'été 1969.
(par Nicole Waucquez)

Les « Roni's » : un numéro aérien unique
C’est lors d’une rencontre fortuite avec le parachutiste Roland Collignon au 2e SIAG (Salon International de l’Aviation Générale) de Gosselies que naquit l’idée d’un spectacle aérien extraordinaire. L’idée prit forme et, au printemps 1969, Nicole Waucquez et Roland Collignon mirent au point la dynamique et les différentes phases de leur show aérien unique. Ils devaient décoller à bord du biplan OO-TOX, le parachutiste étant plus ou moins assis dans le cockpit avant. L’appareil prenait un peu d’altitude tandis que le parachutiste, debout sur l’aile inférieure, se tenait d’une main au montant du cockpit. Le pilote descendait ensuite pour effectuer un passage à basse altitude, parallèle au public, le parachutiste tenant une bombe fumigène dans sa main libre, qu’il allumait juste avant de passer devant les spectateurs. La manœuvre, avec un avion moins bien équilibré, n’était pas aisée pour le pilote, et la grande taille du parachutiste ne facilitait pas la tâche !

L'avion monta ensuite à une altitude de 800 ou 900 mètres, et le parachutiste s'en échappa pour un saut en chute libre, tandis que l'appareil entrait simultanément en vrille et effectuait une figure acrobatique autour de lui. L'avion se présenta ensuite sur le dos en finale, effectua un demi-tonneau, suivi d'un dérapage et d'un atterrissage près de R. Collignon, qui, après avoir brièvement replié son parachute, remonta sur l'aile pour regagner l'aire de stationnement.

N. Waucquez embarque à bord de son Super Emeraude OO-PLS pour donner une démonstration de voltige aérienne lors du meeting aérien du 6 juillet 1969 à Saint-Hubert.
(Ch. Zimmer via Nicole Waucquez)

Les RONIs ont donné l'une de leurs premières représentations lors de la réunion de Saint-Hubert le 6 juillet 1969, et l'ont répétée lors de la réunion de Wevelgem en août et de Gosselies le 14 septembre, et ont continué ainsi jusqu'en 1973.

Les RONI lors de leur passage à basse altitude devant le public avant de monter à la hauteur de largage des parachutistes lors du meeting aérien de Wevelgem en août 1970.
(Étienne Vanackère)

Whirly Girl n° 155
L'EAS fut dissoute fin 1970, tout comme son école, et son employeur, M. De Coen, céda à Nicole Waucquez sa part de l'OO-TOX. Grâce à ses nombreuses participations à des meetings aériens nationaux, Nicole Waucquez entra en contact avec les pilotes du 40e escadron de Koksijde et leurs hélicoptères Sikorsky HSS-1, et vola même avec eux. Ils lui rendirent parfois service lorsqu'elle avait un avion sur un aérodrome, un autre sur un deuxième et sa voiture sur un troisième.

Une pose «classe» dans un Piper Cherokee, en tant qu'instructeur à l'école EAS de Gosselies durant la magnifique saison 1969.
(Guy Denidder via Nicole Waucquez)
Obtention d'une licence de pilote d'hélicoptère en un temps record (11 heures) sur un Hughes 269 et 300 à Saffig, en Allemagne, fin 1970. (Nicole Waucquez)

Les hélicoptères l'intriguaient et la passionnaient, et un vol à bord d'une Alouette à la SABCA avec Jean-Jacques Mans, pilote d'essai, la décida à suivre une formation de pilote d'hélicoptère. Elle choisit une école allemande à Saffig, près de Coblence, où elle s'inscrivit en novembre 1970. À l'époque, seule l'armée formait des pilotes d'hélicoptère en Belgique ; la SABENA avait abandonné son réseau d'hélicoptères au début des années 60 et avait donc cessé toute formation dans ce domaine.

Ce choix s'est avéré judicieux, car Nicole Waucquez a démontré un talent exceptionnel pour le pilotage d'hélicoptères, obtenant sa licence après seulement 11 heures de formation sur Hughes 269 et 300. Les pilotes d'hélicoptères, familiers avec les complexités du pilotage de ce type d'appareil par rapport aux avions, apprécieront sans aucun doute cette réussite…

Forte de ses 28 heures de vol en hélicoptère, et peut-être avec une pointe d'audace, elle participa au premier Championnat du monde de pilotes d'hélicoptère en septembre 1971 à Bückeburg, en Allemagne. Nicole Waucquez termina deuxième de l'épreuve de vol à voile en solo, manquant de peu la première place. Néanmoins, pour une première tentative, ce fut un coup de maître de la part de la première femme pilote d'hélicoptère belge. Durant sa formation, elle eut la chance de se lier d'amitié avec la célèbre pilote d'essai et de planeur allemande Hanna Reitsch, qui devint en 1937 la première femme pilote d'hélicoptère au monde à bord du Focke-Achgelis, réalisant l'exploit de le piloter en février 1938 à la Deutschlandhalle de Berlin.
C’est également au cours de cette formation que Nicole Waucquez est devenue le numéro 155 du club très exclusif « Whirly Girls », une association internationale de femmes pilotes d’hélicoptère dont faisait partie, entre autres, la grande aviatrice française Jacqueline Auriol, qu’elle avait déjà rencontrée en 1965 et avec qui elle avait échangé plusieurs lettres.

Quelques-unes des « Whirly Girls » : Nicole Waucquez, alors âgée de 25 ans, est photographiée au premier plan à gauche et à droite de la célèbre pilote d'essai allemande Hanna Reitsch (au centre).
(Luftwaffe)

Création de plusieurs écoles de pilotage
Nicole Waucquez totalisait plus de 3 000 heures de vol à la fin de 1970, date à laquelle EAS cessa ses activités. Une nouvelle opportunité se présenta grâce à Martin Tips, importateur d'avions construits par Centre-Est Aéronautique à Dijon. Ils souhaitaient créer une école de pilotage équipée d'avions CEA Petit Prince, en l'occurrence le OO-CEA qu'elle avait acheté en décembre 1970 (elle acquit le DR 315 OO-NEW en 1972). Nicole Waucquez apporta son SV-4C OO-TOX et son Super Emeraude OO-PLS, dont elle était toujours propriétaire. Après avoir quitté Martin Tips en 1971 pour devenir totalement indépendante, elle obtint son brevet d'instructrice de 2e degré (examinatrice) en 1972. Elle acquit le Piper Cherokee 235 OO-JVE et un Dornier Do 27b, ex-Luftwaffe, immatriculé OO-PAN, qu'elle revendit en 1973, la photographie aérienne et le parachutisme s'avérant non rentables…

L'élégant CEA Petit Prince OO-NEW de l'unité aérienne sur le tarmac de Gosselies en 1978.
(Nicole Waucquez)

Après que le Super Emeraude OO-PLS ait été légèrement endommagé par l'un de ses élèves (qui devint néanmoins un brillant pilote de chasse sur F-16), elle le remplaça par le Falco, immatriculé OO-MEN, acheté en Italie. Fin 1970, elle adopta également le nom d'Air Unit pour sa société. Des problèmes d'héritage complexes la contraignirent à interrompre ses activités aéronautiques de 1975 à 1978, après quoi elle réactiva une école de pilotage avec le Petit Prince OO-CEA et NEW ; le Cherokee OO-JVE et le Super Emeraude OO-PLS avaient été vendus, de même que le OO-MEN, ce dernier à Guy Valvekens à Diest.
Opérant depuis l'aéroport de Saint-Ghislain en 1978, Nicole Waucquez a développé ses activités à Charleroi-Gosselies en 1980 et les y a maintenues jusqu'en 1989.

Grâce à Nicole Waucquez et à son Enstrom F.28, le Grand Saint Nicolas est descendu du ciel en 1982 pour les bons enfants de Gilly.
(Nicole Waucquez)

Fait intéressant, en 1979, elle fit l'acquisition de son premier hélicoptère, un Hiller HU-12B immatriculé OO-PUF, qu'elle ne conserva malheureusement pas longtemps. Une grave panne du système d'alimentation en carburant l'obligea à effectuer un atterrissage d'urgence entre Amougies et Feluy. Bien que les dégâts fussent apparemment minimes, l'appareil fut déclaré irréparable par la compagnie d'assurance. Le Hiller fut remplacé par un Enstrom F.28A immatriculé OO-BAM, acheté en mai 1980 et revendu en 1983.

Au début des années 80, elle avait également aménagé sa propre plateforme d'atterrissage pour hélicoptère sur sa propriété de Feluy, mais l'installation de lignes électriques dangereuses sur les deux voies d'accès de la plateforme a mis fin à cette première en Wallonie.

Nicole Waucquez a vendu son SV-4C OO-TOX fin 1984 et a cessé toute activité de formation au pilotage fin 1988, son agrément d'instructrice n'ayant pas été renouvelé par l'administration (suite à une nouvelle réglementation). Heureusement, son brevet de pilote professionnel a été maintenu. Cette décision hâtive et injuste a été rectifiée après un nouveau contrôle en 1990.

Dans le hangar de Gosselies en juin 1976 : le Stampe SV-4C de Nicole Waucquez, avec, juste derrière le capot moteur, le logo de l’Air Unit et l’inscription « Poupouille », le surnom affectueux que Nicole Waucquez s’était fait à Grimbergen au milieu des années 60. Le Falco OO-MEN est juste derrière. Ce SV-4C, qu’elle a vendu en 1984, vole toujours depuis Saint-Ghislain aujourd’hui, entre les mains de son propriétaire actuel, Philippe Lemmens, qui l’a équipé d’un moteur Lycoming de 180 ch et de toits ouvrants au début des années 90. (Jean-Pierre Decock)
Nicole Waucquez dans le cockpit de son Maule à Brustem début novembre 2009.
(Paul Van Caesbroeck)
Le Maule Star Rocket OO-GMX que Nicole Waucquez pilote depuis près de 15 ans pour ses missions de surveillance des pipelines – seule à bord ; elle a accumulé près de 5 000 heures de vol à son bord.
(Paul Van Caesbroeck)

Surveillance des pipelines
Au début des années 1990, Nicole Waucquez travaillait comme instructrice de second niveau chez Publi-Air à Temploux et était chargée de missions de surveillance des oléoducs de l'OTAN, une tâche exigeant une navigation de précision éprouvée et un sens aigu de la confidentialité. De 90 à 1995, elle effectua en moyenne huit missions de ce type par mois. Des tensions avec la direction l'amenèrent à analyser la situation en profondeur et, en 1995, elle décida de participer à l'appel d'offres pour le renouvellement du contrat de surveillance des oléoducs de l'OTAN et remporta le contrat. Les missions de surveillance des gazoducs d'Air Liquide furent ajoutées à son portefeuille durant l'été 1995, après une longue interruption par rapport à celles effectuées pour la même compagnie à la fin des années 80. Ces contrats importants incitèrent Nicole Waucquez à envisager l'acquisition d'un appareil plus adapté à ce type de mission et elle choisit un Maule Star Rocket, qu'elle acheta à Genk et immatriculé OO-GMX. Cet avion est basé à Brustem depuis 2006, à la grande satisfaction de sa propriétaire.

Malgré son palmarès impressionnant, Nicole Waucquez reste sereine et, comme tous les passionnés, parle de sa carrière avec calme et bienveillance. Elle confie avoir obtenu sa qualification d'hydravion à Biscarosse en 2006, qu'elle a renouvelée chaque été depuis. Son prochain objectif : la qualification de pilote de Fouga Magister. Après quelque 15 000 heures de vol, sa passion demeure intacte et l'aventure continue dans les airs…

Jean-Pierre Decock