Chambre d'hôtel animée dans la campagne de Buzet

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Buzet, le 11 avril 2009. Il est désormais clair que Hangar Flying ne se consacre pas uniquement aux gros porteurs ou aux avions de chasse ultra-rapides. Notre quête du cœur battant de l'aviation nous a conduits à Buzet (EBBZ), nichée au cœur des champs du Hainaut.

Vue d'ensemble de l'« ulmodroom » de Buzet. Il est prévu d'allonger la piste 16/34 à 550 m.

L'aérodrome, doté d'une piste en herbe 16/34 de 280 mètres, est situé le long de l'autoroute E420, entre Nivelles et Charleroi. Il est exploité par Confluence, une coopérative fondée par Pierre Saint-Germain, Luc Borreman et Dimitri Caloussis. Luc, notre guide du jour, a commencé à piloter en 1973 et a depuis accumulé plusieurs milliers d'heures de vol sur tous types d'ULM. Il est actuellement instructeur sur Coyote et Polaris. Yves Borreman, notre frère, est impliqué dans la formation au parapente et au paramoteur sur l'aérodrome.www.parapenteconfluence.be).

Luc Borreman, l'un des instigateurs de Confluence, pose dans le cockpit du Fk 14 Polaris. Cet ULM de fabrication allemande fait partie du haut de gamme des ULM.
Vue de l'intérieur de l'un des plus anciens hangars de l'aéroport. Au premier plan, un Polaris et à l'arrière, un Rans Coyote.

Plusieurs villages et zones résidentielles se trouvent à proximité immédiate du site. Luc Borreman : « Grâce au strict respect des accords conclus avec les riverains, nous n'avons aucun problème à voler ici. Nos voisins savent que nous imposons des règles de conduite strictes à nos pilotes. » Les opérateurs n'ouvrent l'aérodrome qu'aux ULM et aux parapentes/paramoteurs. « Un avion léger produit un niveau de décibels plus élevé et les voies d'approche vers la piste sont plus larges. L'aérodrome étant entouré de zones résidentielles, cela gênerait davantage les riverains. Nous voulons absolument éviter cela », explique Luc. Au sud, l'aérodrome est bordé par le CTR de l'aéroport de Charleroi. L'approche n'est donc possible que par un corridor nord-est. Une cinquantaine d'ULM sont basés sur l'aérodrome. Les hangars sont équipés de suffisamment de portes ouvrantes à l'avant et à l'arrière. Vous pouvez ainsi facilement garer votre propre avion à l'extérieur.

Sur la terrasse de la taverne-restaurant « Le P'tit Zinc », vous trouverez toujours un verre et un en-cas. Quoi de mieux qu'une place avec vue sur les avions et une bière rafraîchissante ?

Coyote et Polaris
Outre l'exploitation de l'aérodrome, également appelé « ulmodroom », et la formation des nouveaux pilotes d'ULM, Confluence est également distributeur du Rans Coyote (États-Unis) et du Fk 14 Polaris (Allemagne). Le Rans Coyote, modèle d'entrée de gamme, a déjà largement fait ses preuves. Avec lui, Confluence a réussi à allier excellentes caractéristiques de vol et confort dans un avion facile d'entretien. Si ce Rans ne paraît pas particulièrement élégant au sol, une fois le « vilain petit canard » envolé, il se révèle un avion gracieux et facile à piloter.
Le Fk 14 Polaris, conçu par B&F Technik Vertrieb, représente l'autre extrémité de la gamme ULM. Cet avion aérodynamique peut atteindre une vitesse de pointe de 290 km/h (180 mph), ce qui le place au même niveau que l'aviation légère. Malgré ses vitesses de pointe élevées, il reste exceptionnellement maniable et, selon Luc, il n'est pas plus difficile à piloter que le Coyote. Bien sûr, mieux vaut apprendre à marcher avant de savoir courir.

Le Rans Coyote est entièrement personnalisable pour répondre à tous les besoins. Il est disponible avec une roulette avant ou arrière.
De nombreux propriétaires d'ULM modifient eux-mêmes leur appareil. C'est légalement autorisé ; il leur suffit de prouver les modifications apportées à leur appareil. Il va sans dire que ces modifications ne doivent pas compromettre la sécurité de l'appareil.

L'ULM gagne en popularité en Belgique, notamment par rapport à l'aviation légère. Cependant, même ici, on observe un vieillissement notable de la population de pilotes. Il devient de plus en plus difficile d'attirer des pilotes plus jeunes. Luc y voit trois raisons. Prendre l'avion coûte de plus en plus cher, y compris en ULM. Beaucoup de jeunes ne peuvent ou ne veulent pas dépenser autant. Deuxièmement, il indique que les jeunes ont le sentiment que l'aviation est démodée. Dans les médias contemporains, l'aviation est trop souvent dépeinte négativement (pollution sonore, accidents, etc.), et obtenir un brevet de pilote n'est donc plus considéré comme « cool ». Enfin, les jeunes perçoivent l'aviation comme une activité réservée aux « seniors ».

L'OO-F50 est sans conteste l'un des plus beaux Coyotes des hangars de l'aérodrome. Son cockpit est décoré de boiseries, à la fois simples et élégantes.

Earth Challenge
Les participants d'Earth Challenge prouvent que le vol ULM ne doit pas se limiter aux frontières nationales (www.earthchallenge.beLe 3 avril 2009, une équipe de sept pilotes belges a quitté Sydney, en Australie, à destination de la Belgique. Rien d'extraordinaire en soi, pourrait-on penser, s'ils n'accomplissaient pas ce voyage d'environ 28 000 km à bord de quatre Coyotes. L'itinéraire se déroulera en deux étapes. La première étape les mènera en Thaïlande. En raison des moussons qui peuvent frapper cette région, le voyage sera interrompu et repris en octobre. Nous attendons les sept aventuriers en Belgique fin novembre.
Il ne faut pas chercher immédiatement à l'autre bout du monde. Sur le site de Patrick et Danielle Dupont (www.dreamplanet.tk) Vous trouverez des reportages photo des voyages effectués avec leur Coyote F-JYLR. Cet avion est stationné dans l'un des hangars de Buzet.

Le cockpit de ce Polaris n'a rien à voir avec celui d'un ULM de première génération. Le cockpit en verre fait également ses débuts.
Avec l'introduction de l'arrêté royal du 21 octobre 2008, la masse maximale autorisée au décollage d'un ULM pouvant accueillir deux personnes et équipé d'un parachute de secours est de 472,5 kg.740

 

L'aérodrome de Buzet est un exemple vivant de l'évolution de l'ULM dans notre pays. Les ULM d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux des premiers temps, où les pilotes n'avaient pas le luxe d'un cockpit fermé. Si l'aérodrome illustre cette évolution, ses racines n'ont pas été oubliées. L'ambiance week-end y est toujours présente, sublimée par une terrasse où l'on peut discuter en famille ou avec d'autres pilotes après un vol. Une visite s'impose ! Recommandation de la rédaction !

Kevin Cleynhens
Photos : Paul Van Caesbroeck

Photo de Kevin Cleynhens

Kevin Cleynhens

Il est passionné par l'aviation en général. Il s'intéresse particulièrement à l'aviation civile et d'affaires. Il est également passionné par les avions anciens. Il consacre une grande partie de son temps à la photographie aéronautique. Il collectionne également les fiches de sécurité depuis des années, dont il est fier de posséder 10 000 exemplaires.